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En arrêt maladie pour le pouce, il court 6 trails… et la justice lui donne raison face à son patron

Publié par Cassandre le 26 Mai 2026 à 7:43
Chaussures de trail sur un sentier avec attelle de pouce

Un employé d’entrepôt espagnol, en arrêt pour une rupture du tendon au pouce, enchaîne six courses de trail et des séances de spinning pendant sa convalescence. Son patron le fait surveiller par un détective privé, puis le licencie pour fraude. Sauf que la justice — en première instance comme en appel — vient de lui donner tort. Et l’indemnité prononcée dépasse les 41 000 euros.

Un détective privé, 6 trails et un licenciement après 20 ans de maison

Marteau de juge posé sur des documents juridiques

Les faits démarrent le 16 juin 2023, dans la région de Murcie. Salarié d’une coopérative depuis plus de vingt ans, l’homme chute accidentellement et se rompt le tendon du pouce droit. Opération chirurgicale, rééducation, arrêt de travail prescrit par son médecin. Jusque-là, rien d’inhabituel. Mais l’entreprise ne l’entend pas de cette oreille.

Elle mandate un détective privé pour documenter ses activités quotidiennes. Le rapport est accablant en apparence : entre juillet et décembre 2023, le salarié a participé à six courses de trail, sur des distances allant de 5 à 17 kilomètres. Il fréquente aussi une salle de sport pour des cours de spinning, conduit régulièrement et participe même à des collectes bénévoles. Le 11 janvier 2024, la coopérative le licencie pour manquement à la bonne foi, abus de confiance et prolongation frauduleuse de son incapacité.

Pourquoi la Haute Cour de Murcie a jugé ce licenciement abusif

Le salarié conteste immédiatement et saisit le tribunal. Sa ligne de défense est limpide : l’arrêt maladie concernait exclusivement son pouce droit, pas ses jambes ni son système cardiovasculaire. Courir un trail ou pédaler sur un vélo de spinning ne mobilise pas du tout la même articulation qu’un travail d’entrepôt impliquant des gestes de préhension répétés.

En première instance, les juges lui donnent raison. Ils constatent que les activités sportives ne compromettaient ni la convalescence ni la guérison du tendon. Surtout, l’employeur ne prouve aucune simulation ni aucun retard volontaire. Le tribunal ordonne alors la réintégration du salarié ou, à défaut, le versement de 41 077,40 euros d’indemnités. L’entreprise fait appel, invoquant le refus du tribunal de visionner une vidéo tournée dans la salle de sport. La Haute Cour de justice de Murcie rejette cet argument : la réalité des activités n’était pas contestée, et la vidéo n’aurait rien changé à l’issue du litige. Filmer un salarié en arrêt ne suffit pas, encore faut-il prouver que ses actes aggravent sa blessure.

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Ce que cette décision change pour les salariés en arrêt maladie

Les contrôles d’arrêts maladie se multiplient des deux côtés des Pyrénées, mais cette affaire rappelle un principe fondamental : un arrêt de travail n’est pas une assignation à résidence. Il interdit les activités incompatibles avec la pathologie diagnostiquée, pas toute forme de vie normale. Un salarié immobilisé pour le pouce peut marcher, courir et même faire du sport — tant que ces gestes n’impliquent pas la zone blessée.

L’erreur de l’employeur a été de confondre activité physique visible et fraude médicale prouvée. Le détective privé a documenté des faits réels, mais la coopérative n’a produit aucun avis médical démontrant que ces courses retardaient la guérison. Sans ce chaînon, tout le dossier s’effondre. La Haute Cour l’a confirmé : 20 ans d’ancienneté ne s’effacent pas sur la base d’une suspicion non étayée médicalement.

Un pouce cassé n’interdit pas de courir, et un rapport de détective ne remplace pas un certificat médical. Cette décision espagnole pourrait bien faire réfléchir certains employeurs français tentés par la même stratégie. D’ailleurs, si votre patron vous surveille pendant un arrêt, savez-vous vraiment jusqu’où la loi l’autorise à aller ?

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