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En arrêt maladie pour diabète, elle est filmée par un détective en train de boire du vin

Publié par Gabrielle Nourry le 03 Avr 2026 à 6:03

Sept mois d’arrêt maladie pour réguler sa glycémie. Un détective privé engagé dans son dos. Et deux verres de vin qui ont tout fait basculer. L’histoire de cette serveuse espagnole pose une question que beaucoup d’entre nous n’ont jamais vraiment envisagée : jusqu’où un employeur peut-il surveiller un salarié malade ?

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La réponse, tranchée par les tribunaux espagnols, va plus loin que ce qu’on aurait pu imaginer.

Une salariée diabétique sous surveillance discrète

Tout commence dans un bar de Murcie, en Espagne. Une serveuse souffre de diabète et obtient un arrêt maladie de sept mois. L’objectif officiel : subir des examens médicaux et réguler son taux de glycémie.

Mais son employeur nourrit des doutes. Il décide alors de faire appel à un détective privé pour observer le comportement de sa salariée pendant son congé. Une démarche légale en Espagne, et dont les conséquences vont s’avérer redoutables pour l’employée.

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Ce type de surveillance pendant un arrêt maladie est loin d’être anecdotique. En France aussi, les contrôles se sont considérablement renforcés ces dernières années.

Serveuse espagnole inquiète avec un verre de tinto de verano

Surprise deux fois en train de consommer de l’alcool

Le détective ne tarde pas à obtenir des résultats. Selon le média espagnol El Periodico, la serveuse est d’abord repérée en soirée en train de consommer de l’alcool. Une première alerte.

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Puis vient la scène décisive. Dans un restaurant, elle est filmée en train de déguster plusieurs verres de tinto de verano : un mélange typiquement espagnol de vin rouge et de limonade. Une boisson sucrée et alcoolisée, deux caractéristiques particulièrement problématiques pour une personne diabétique censée surveiller sa glycémie.

Pour l’employeur, c’en est trop. La décision est prise : licenciement immédiat.

L’argument de l’entreprise : elle aggravait volontairement sa maladie

Le bar de Murcie ne se contente pas de constater une infraction au règlement intérieur. Il développe un argumentaire médical précis pour justifier son choix.

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Selon l’entreprise, la salariée avait « consciemment et volontairement aggravé sa maladie » en consommant un mélange contenant du sucre, « incompatible avec son congé ». La lettre de licenciement est sans équivoque : « Vous n’avez pas pris les mesures nécessaires pour vous soigner. Vous vous êtes même livrée à un comportement qui modifie les tests médicaux effectués pour réguler votre taux de glycémie. »

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En clair : boire du tinto de verano fausserait les analyses permettant de mesurer l’évolution réelle de la maladie. Et par ricochet, cela nuirait directement à l’entreprise en prolongeant artificiellement l’arrêt de travail.

Détective privé photographiant discrètement dans un café
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La justice dit d’abord non… puis change d’avis

La salariée conteste son licenciement devant les tribunaux. Dans un premier temps, la justice lui donne raison. Le licenciement est déclaré « abusif » et l’entreprise est condamnée à réintégrer l’employée ou à lui verser une indemnisation.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. L’employeur fait appel. Et le verdict se retourne complètement.

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En appel, les juges estiment que la serveuse n’avait pas « adopté un comportement compatible avec son rétablissement », comme le rapporte Ouest-France. Ils retiennent également un élément clé : l’employeur lui avait proposé une rupture amiable du contrat, qu’elle avait refusée.

Résultat : le licenciement est finalement validé. La serveuse repart sans indemnités.

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Un cas qui soulève des questions bien au-delà de l’Espagne

Cette affaire met le doigt sur un sujet sensible : que peut-on ou ne peut-on pas faire pendant un arrêt maladie ? Beaucoup de salariés l’ignorent, mais les règles sont souvent plus strictes qu’on ne le croit.

En France, plusieurs comportements sont interdits pendant un arrêt de travail et peuvent entraîner la perte des indemnités journalières, voire un licenciement. Sortir aux heures non autorisées, exercer une activité rémunérée ou adopter un comportement aggravant sa pathologie font partie des motifs retenus par les juges.

Des cas similaires ont déjà défrayé la chronique en France. Un salarié croisé au restaurant par son patron en plein congé maladie et renvoyé, ou encore un employé dénoncé par sa propre femme pour avoir travaillé chez un concurrent pendant son arrêt. La frontière entre vie privée et obligations médicales est de plus en plus étroite.

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Marteau de juge sur un bureau de tribunal

Ce qui interpelle aussi dans cette histoire, c’est le recours assumé à un détective privé. En Espagne comme en France, cette pratique est légale. Et elle est loin d’être rarissime.

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En France, une entreprise peut mandater un détective pour surveiller un salarié en arrêt maladie, à condition de ne pas s’introduire dans sa vie privée de manière disproportionnée. Les preuves récoltées peuvent ensuite être produites devant les prud’hommes.

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Mais attention : cette démarche peut aussi se retourner contre l’employeur. Une entreprise française a déjà été condamnée à verser des indemnités après avoir fait surveiller une employée malade, le juge estimant que la surveillance était disproportionnée.

Tout est donc affaire de mesure et de contexte. Dans le cas de la serveuse espagnole, les preuves vidéo récoltées ont été jugées pertinentes et proportionnées par les juges d’appel.

Ce que cette affaire change concrètement pour les salariés

Au fond, cette histoire rappelle une réalité que beaucoup préfèrent oublier : un arrêt maladie n’est pas des vacances. C’est un contrat implicite entre le salarié, son employeur et la Sécurité sociale. Ce contrat implique de tout mettre en œuvre pour guérir.

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Pour les personnes souffrant de maladies chroniques comme le diabète, les contraintes alimentaires font pleinement partie du traitement. Les ignorer — même pour un verre en soirée — peut avoir des conséquences bien au-delà de la santé.

En France, les règles concernant les arrêts maladie se sont durcies récemment. Le gouvernement a notamment renforcé les mécanismes de contrôle, et les discussions sur la limitation de la durée des arrêts sont toujours d’actualité.

Dans ce contexte, l’affaire espagnole résonne comme un avertissement. Peu importe le pays : ce qu’on fait pendant un arrêt maladie peut avoir des conséquences juridiques très concrètes. Et aujourd’hui, avec les smartphones, les réseaux sociaux et les détectives privés, il est plus facile que jamais d’en apporter la preuve.

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