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Ce boîtier à 20 € que les cambrioleurs utilisent rend votre alarme connectée totalement muette

Publié par Cassandre le 01 Juil 2026 à 14:52
Boîtier brouilleur d'ondes noir posé près d'une caméra

Vous pensez votre maison intouchable grâce à vos caméras dernier cri et vos alertes sur smartphone. Mauvaise nouvelle. En France, des équipes organisées neutralisent désormais ces systèmes sans casser une seule serrure. Et le pire, c’est le prix ridicule de l’outil qui rend votre installation aveugle. On vous explique comment ça marche, et surtout comment ne pas devenir la prochaine cible avant l’été.

Un magasin vidé pendant quatre heures sans qu’une seule sirène ne sonne

L’histoire fait froid dans le dos. À Camon, dans la Somme, une boutique de vélos haut de gamme s’est fait dérober 65 vélos, soit près de 350 000 euros de marchandise. Aucune alarme n’a retenti.

Emmanuel Lecocq, le directeur, avait pourtant investi dans un système qu’il décrit comme « vraiment très poussé ». En revoyant sa vidéosurveillance, il comprend l’ampleur du piège. Les voleurs ont brouillé le GSM, coupé Internet et neutralisé toutes les caméras alentour, y compris celles des entreprises voisines.

« On a été battus par plus fort que nous », admet-il à TF1. Les malfaiteurs ont passé deux heures à préparer le terrain avant d’entrer par le toit, puis sont restés près de quatre heures sur place. Totalement invisibles. Les forces de l’ordre parlent désormais de véritables cyberattaques, une bascule aussi brutale que ces livraisons par drone organisées sur Snapchat.

Les exploitations agricoles paient aussi le prix fort. À la frontière franco-belge, Thibault a vu un drone survoler sa ferme plusieurs fois avant qu’on lui vole GPS et écrans pour 20 000 euros. « Ils se garent à 2 kilomètres, passent avec un drone et ça va vite », raconte-t-il. Une mécanique aussi glaçante que ces tortues équipées de capteurs espions. Mais comment un objet aussi petit fait-il taire tout un système ?

Le brouilleur d’ondes, ce boîtier à 20 euros qui rend les caméras aveugles

La réponse tient dans un boîtier vendu entre 20 et 60 euros. Près de Brest, l’entreprise BZHunt a fait la démonstration édifiante de sa puissance. L’ingénieur cybersécurité Killian Chevrier active l’appareil, se lève, quitte son bureau.

« Sur l’image, je serai encore à mon bureau », explique-t-il. Pour la caméra, il n’a jamais bougé. Le principe est redoutablement simple. Le boîtier envoie un signal radio très puissant qui sature la fréquence utilisée par la caméra ou l’alarme.

Résultat : plus de mise à jour d’image, plus aucune notification, alors que tout semble simplement « bloqué ». Vous ne recevez donc aucune alerte sur votre téléphone. Cette faille discrète rappelle la vulnérabilité de nos objets connectés, tout comme l’évolution constante des services numériques qui multiplient les points d’entrée.

Les systèmes 100 % sans fil sont les plus exposés : caméras Wi-Fi, alarmes radio reliées à une box, routeur mal protégé. C’est précisément ce maillon faible que ciblent les cambrioleurs. En France, ces brouilleurs sont formellement interdits.

En posséder ou les utiliser fait risquer jusqu’à 6 mois de prison et 30 000 euros d’amende, bien plus en cas de cambriolage associé. Pour Jean-Pierre Chloez, du syndicat Alliance, aucun doute : « C’est des équipes structurées, des commandes qui partent souvent à l’étranger.

» Des bandes organisées loin des petits tricheurs high-tech habituels.

Homme choqué regardant une image de caméra figée sur téléphone

Les trois gestes à vérifier de toute urgence avant de partir en vacances

Bonne nouvelle : on peut riposter, et ça commence dès maintenant. La première recommandation de Killian Chevrier est nette : abandonner le tout Wi-Fi pour les équipements critiques. Un geste aussi salutaire que d’adopter les bons réflexes face aux erreurs que des millions de Français commettent sans le savoir.

Concrètement, une caméra filaire en Ethernet ou PoE, dont le câble est dissimulé dans les murs, est bien plus difficile à neutraliser qu’un modèle uniquement connecté par ondes. Le câble ne se brouille pas.

Côté alarmes, visez les modèles certifiés NFA2P avec double transmission, à la fois Internet filaire et réseau mobile, et détection de brouillage. L’astuce est maligne : le brouilleur ne rend plus le système muet, il déclenche au contraire une alerte « sabotage ». Une batterie de secours et une télésurveillance réactive complètent le dispositif, une vigilance qui vaut de l’or comme le rappellent régulièrement les conseils officiels de préparation aux crises.

Pour les drones de repérage, limitez ce qu’ils peuvent observer. Évitez de laisser matériel de valeur, coffres ou routeurs bien visibles depuis le ciel. Soignez l’éclairage extérieur et signalez clairement votre vidéosurveillance. Ces brouilleurs restent réservés à des équipes organisées encore minoritaires, mais leur efficacité impose de vérifier dès aujourd’hui comment vos caméras communiquent.

La sécurité ne se joue plus sur la solidité de vos portes, mais sur la nature invisible de vos ondes. Un simple câble peut faire toute la différence entre une nuit tranquille et un réveil catastrophe. Alors, avant de boucler vos valises : vos caméras passent-elles par le Wi-Fi ou par un vrai câble ? La réponse mérite un vrai coup d’œil.

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