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WhatsApp Plus : Meta lance un abonnement à 2,50 € par mois, voici ce qu’il contient vraiment

Publié par Elsa Fanjul le 24 Avr 2026 à 8:00

Alors que WhatsApp est utilisé par plus de deux milliards de personnes dans le monde, Meta s’apprête à bouleverser les habitudes de ses utilisateurs européens. La firme de Mark Zuckerberg prépare le lancement d’une version premium de sa messagerie, baptisée WhatsApp Plus, facturée 2,50 euros par mois. Mais entre personnalisation cosmétique et vraie valeur ajoutée, la frontière est mince. Et une question brûle les lèvres : la version gratuite a-t-elle encore de beaux jours devant elle ?

Un abonnement qui ne sort pas de nulle part

L’idée d’un WhatsApp payant circule depuis plusieurs mois dans les couloirs de Meta. Comme le révèle TechCrunch, le géant américain teste actuellement une formule d’abonnement réservée aux utilisateurs Android en Europe. Le nom retenu — WhatsApp Plus — rappelle les anciennes versions modifiées non officielles de l’application, mais cette fois c’est bien Meta qui tient les rênes.

Smartphone Android affichant l'application WhatsApp

Ce n’est pas la première tentative de monétisation de la messagerie. Rachetée pour 19 milliards de dollars en 2014, WhatsApp a longtemps été un gouffre financier pour Facebook devenu Meta. L’entreprise a d’abord misé sur WhatsApp Business pour générer des revenus auprès des professionnels. Mais pour le grand public, l’application est restée totalement gratuite — jusqu’à maintenant.

Le tarif affiché — 2,50 euros mensuels, soit 30 euros par an — place cette offre dans la même gamme que les abonnements « sans pub » déjà proposés par Meta sur ses autres plateformes. Sauf que le contenu de l’offre, lui, est bien différent.

18 couleurs, des stickers et des sonneries : le détail des fonctions

Concrètement, que contient cet abonnement WhatsApp Plus ? Selon les informations relayées par Presse-Citron, les fonctionnalités exclusives sont avant tout cosmétiques. L’abonné pourra modifier la couleur dominante de l’interface, en choisissant parmi 18 teintes. Du violet profond à l’orange vif, en passant par un bleu nuit, l’idée est de rompre avec l’éternel vert qui accompagne l’application depuis sa création.

Palette de couleurs personnalisables pour WhatsApp Plus

Des sonneries inédites, des icônes personnalisées et des stickers exclusifs complètent le catalogue. Meta promet aussi de nouveaux thèmes de conversation qui permettront de modifier l’apparence des bulles de discussion. Pour les utilisateurs qui passent des heures sur l’application chaque jour, le changement visuel peut paraître séduisant. Pour les autres, cela ressemblera davantage à un vernis superficiel.

Mais une fonctionnalité se démarque du lot purement esthétique, et c’est sans doute celle qui pourrait convaincre les plus hésitants.

La fonction qui change réellement l’usage quotidien

Au milieu des options de personnalisation, un avantage pratique mérite qu’on s’y attarde : la possibilité d’épingler jusqu’à 20 conversations simultanément. Aujourd’hui, la version standard de WhatsApp limite cette fonction à seulement 3 discussions épinglées. Pour quiconque jongle entre groupes familiaux, conversations professionnelles et échanges avec des amis, cette restriction est un irritant quotidien.

Passer de 3 à 20 conversations épinglées, c’est multiplier par presque sept la capacité d’organisation de sa messagerie. Les utilisateurs qui gèrent plusieurs groupes WhatsApp — entre vie privée et contexte professionnel — y trouveront un intérêt concret. C’est probablement la seule fonctionnalité de WhatsApp Plus qui touche à l’expérience réelle, au-delà de l’apparence.

Reste une interrogation majeure : si Meta commence à verrouiller certaines fonctions derrière un abonnement, où s’arrêtera le mouvement ?

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La vraie question : la pub va-t-elle débarquer sur WhatsApp ?

Ce qui rend cette annonce plus intéressante que prévu, c’est moins le contenu de l’offre que ce qu’elle révèle sur la stratégie de Meta. Car sur Facebook et Instagram, l’entreprise a déjà adopté un modèle bien rodé : les publicités envahissent le fil d’actualité, et pour s’en débarrasser, il faut payer un abonnement mensuel. La logique est simple — soit vous êtes le produit, soit vous êtes le client.

Utilisateur réfléchissant au coût de l'abonnement WhatsApp Plus

Or, Meta assure que WhatsApp — en version gratuite comme en version Plus — continuera de fonctionner sans aucune publicité. C’est un engagement fort, mais qui n’a rien de définitif. L’histoire récente de la publicité en ligne montre que les promesses des géants de la tech ont une durée de vie limitée. Instagram, à ses débuts, jurait aussi de ne jamais diffuser de publicités.

Le lancement de WhatsApp Plus pourrait donc être un ballon d’essai. Si suffisamment d’utilisateurs acceptent de payer 2,50 euros par mois pour des couleurs et des stickers, Meta aura la preuve que sa base est prête à mettre la main au portefeuille. L’étape suivante — intégrer de la publicité dans la version gratuite et réserver la tranquillité aux abonnés — deviendrait alors une possibilité très concrète.

Android uniquement et Europe d’abord : un lancement ciblé

Autre détail notable : WhatsApp Plus ne sera pas disponible partout ni pour tout le monde. Meta a choisi de limiter le déploiement initial à l’Europe et aux appareils Android. Les possesseurs d’iPhone devront patienter, sans qu’aucune date n’ait été communiquée pour une éventuelle extension à iOS.

Ce choix géographique n’est pas anodin. L’Europe est le terrain où Meta a été contraint de proposer des alternatives payantes à la publicité, sous la pression du RGPD et de la réglementation européenne sur les données personnelles. WhatsApp Plus s’inscrit dans cette même logique de conformité : offrir une option payante pour justifier un modèle économique qui, ailleurs dans le monde, repose sur l’exploitation des données et de l’attention.

En parallèle, des alternatives à WhatsApp commencent à émerger, comme la messagerie française Olvid ou encore Treebal, née à Rennes. Des solutions qui misent sur la protection des données personnelles et la gratuité totale, sans abonnement premium à l’horizon.

Faut-il vraiment payer 30 euros par an pour changer la couleur de WhatsApp ?

Soyons lucides : 2,50 euros par mois, ce n’est pas grand-chose. C’est le prix d’un café en terrasse ou la moitié d’un kebab. Mais la question n’est pas tant le montant que le principe. WhatsApp a bâti son empire sur la gratuité et la simplicité. Des milliards de messages échangés chaque jour, sans friction, sans publicité, sans paywall. Ce contrat implicite avec l’utilisateur est la raison pour laquelle des milliards de personnes utilisent l’application plutôt que ses concurrents.

Avec WhatsApp Plus, Meta teste les limites de cette fidélité. L’offre actuelle est clairement cosmétique — 18 couleurs et des stickers ne révolutionnent pas une messagerie. Mais l’épinglage étendu à 20 conversations montre que Meta sait comment glisser une fonctionnalité utile au milieu du superflu, pour rendre l’abonnement un peu plus tentant.

La vraie inconnue, c’est la suite. Si WhatsApp Plus fonctionne commercialement, d’autres fonctions actuellement gratuites pourraient basculer derrière le paywall. La messagerie instantanée, devenue aussi essentielle que le téléphone dans notre quotidien, pourrait bien connaître le même sort que le streaming vidéo : un service de base dégradé, et une version « complète » réservée aux abonnés. Pour l’instant, la version gratuite de WhatsApp reste intacte. Mais en matière de tech, « pour l’instant » n’a jamais voulu dire « pour toujours ».

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