WhatsApp, c’est fini ? En 2026, une messagerie née à Rennes intrigue de plus en plus d’utilisateurs
En ce début janvier 2026, une idée revient dans beaucoup de conversations : et si on arrêtait enfin de dépendre des géants américains pour discuter au quotidien ?
Une application française, développée à Rennes et pensée pour protéger à la fois nos échanges et nos habitudes numériques, commence à attirer l’attention. Mais jusqu’où une nouvelle messagerie peut-elle vraiment bousculer nos réflexes ?

Pourquoi l’envie de quitter WhatsApp revient en force en 2026
Depuis plusieurs années, les messageries instantanées se sont imposées comme des réflexes. On y partage des photos, des documents, des messages vocaux, des infos pratiques, parfois même des éléments très personnels. Sauf que, plus l’usage devient quotidien, plus une inquiétude grandit : qu’advient-il de tout ce que l’on envoie ?
En 2026, la défiance envers les plateformes dominantes continue de monter, notamment à cause de la question des données. Beaucoup d’utilisateurs ne veulent plus avoir l’impression de “payer” un service gratuit avec leur vie numérique. Ce détail que peu de gens connaissent, c’est que même sans “vendre” ouvertement des informations, un écosystème peut reposer sur une logique de captation.
À cette inquiétude s’ajoute désormais une autre préoccupation, plus inattendue mais de plus en plus citée : l’empreinte environnementale du numérique. On pense souvent que les messages “ne coûtent rien”, puisqu’ils ne sont ni imprimés ni transportés physiquement. Pourtant, derrière chaque échange, il y a des serveurs, du stockage, des transferts, et une infrastructure qui tourne en continu.
C’est précisément sur ce double terrain — données et climat — qu’une alternative française veut se faire une place. Pas en promettant une révolution spectaculaire, mais en jouant sur des choix concrets : moins stocker, mieux protéger, et revendiquer une éthique claire.
Une messagerie “moins gourmande” pensée pour ne pas tout stocker
L’approche de cette application rennaise repose sur une idée simple : éviter l’accumulation. Là où certaines messageries conservent des historiques longs, des fichiers, des photos et tout un passé de conversation, elle a été pensée pour limiter ce qui reste sur ses serveurs.
Le principe est assumé : l’architecture cherche à durer “moins”, au sens où elle ne vise pas à conserver indéfiniment. Résultat : les messages sont conçus pour disparaître au bout de sept jours. Ce choix n’est pas présenté comme un simple gadget, mais comme une logique d’éco-conception qui réduit le volume de données conservées.
Ce fonctionnement change aussi la manière d’utiliser l’outil. On écrit, on lit, on répond… en sachant que l’historique n’a pas vocation à devenir une archive. Pour certains, c’est frustrant. Pour d’autres, c’est justement la promesse : garder l’essentiel, éviter le “tout stocker”, et réduire les traces.
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L’application insiste également sur un point clé : les échanges restent chiffrés de bout en bout, ce qui veut dire que le contenu des messages est protégé pendant l’envoi et la réception. L’idée est de rendre la discussion privée par défaut, sans avoir à activer une option cachée.
Et puisque l’application se veut une alternative crédible, elle met en avant un hébergement en Europe, présenté comme un signal fort pour celles et ceux qui cherchent davantage de contrôle et de cohérence sur le plan juridique et éthique.
La promesse la plus sensible : la confidentialité sans compromis
Changer de messagerie n’est jamais juste une histoire d’interface. C’est d’abord un sujet de confiance. Et sur ce terrain, l’application rennaise avance un engagement central : sans publicité et sans revente de données.
Ce choix est présenté comme une rupture avec les modèles dominants, souvent associés à la captation d’informations et à l’exploitation indirecte des usages. Ici, le discours est clair : pas d’exploitation des données des utilisateurs “qui font confiance”.
La question des groupes est aussi abordée de façon très concrète. L’application propose des espaces collectifs — appelés tribus — comparables aux groupes sur d’autres plateformes. Mais un détail change la donne : dans ces tribus, le numéro de téléphone et certaines données personnelles ne sont pas visibles par les autres membres. L’objectif est d’éviter qu’un numéro soit récupéré, utilisé pour du démarchage, ou partagé sans consentement.
Dans un contexte où beaucoup d’internautes ont déjà vécu des tentatives d’arnaque, des sollicitations non désirées, ou des intrusions, cette promesse peut sembler basique. Pourtant, c’est souvent sur ce type de détail que se joue l’adoption : est-ce que l’outil me protège réellement au quotidien, sans effort ?
Autre point mis en avant : le modèle ne reposerait pas sur des systèmes lourds d’optimisation, ni sur des logiques d’algorithmes qui alimentent des machines et des infrastructures toujours plus gourmandes. L’ambition affichée est de proposer un numérique “au service de l’humain”, en limitant l’impact carbone lié à la surenchère technologique.
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Un modèle économique qui veut concilier numérique et climat
L’une des particularités les plus commentées, c’est le lien direct entre messagerie et engagement écologique. L’équipe rennaise a choisi le statut d’entreprise à mission, avec une règle annoncée : 50 % des bénéfices sont fléchés vers la reforestation.
L’argument est double. D’un côté, il s’agit de financer des projets concrets. De l’autre, l’idée est de sensibiliser : rappeler que le numérique pollue “énormément”, contrairement à certaines idées reçues. L’application veut donc faire passer un message presque pédagogique : on peut adopter des usages plus responsables “simplement et sans effort”.
Mais comment concilier une messagerie gratuite et un financement de projets ? La réponse tient au fait que l’application reste gratuite pour le grand public, tout en proposant un modèle payant pour les organisations. Là encore, le discours veut se démarquer : l’argent ne viendrait pas d’une valorisation des données, mais d’une facturation transparente.
Pour les entreprises, le tarif annoncé va “au maximum” à 2 euros par utilisateur et par mois. Et dans ce modèle, 10 % seraient reversés à des projets sociaux et environnementaux qui “font sens” pour l’utilisateur, comme une association locale ou un ESAT. L’idée est de rester sur une logique de choix et de proximité, plutôt qu’un simple pourcentage abstrait.
Ce modèle, forcément, soulève une question : peut-on financer un service solide, sécurisé et fiable, sans publicité, tout en reversant une partie des bénéfices ? Sur le papier, la promesse est séduisante. Dans la réalité, elle dépendra de la croissance et de la capacité à convaincre suffisamment d’organisations.
Peut-on vraiment remplacer WhatsApp : la question que tout le monde se pose
C’est le point qui bloque souvent : même si une alternative est “meilleure” sur le plan éthique, encore faut-il qu’elle devienne un réflexe. Car une messagerie, ce n’est pas seulement une appli : c’est un réseau. On l’utilise parce que tout le monde l’utilise, ou parce que nos proches y sont déjà.
En 2026, l’application rennaise tente donc de créer un mouvement. Elle insiste sur la simplicité, sur le fait de ne pas demander d’effort “supplémentaire”, et sur une expérience proche de ce que les utilisateurs connaissent déjà. Mais saviez-vous que, dans ce type de bataille, la technique ne suffit presque jamais ? Ce qui fait basculer un public, c’est souvent un mélange de confiance, de contexte… et de déclic collectif.
Le discours de l’équipe se place d’ailleurs sur la souveraineté. L’idée n’est pas seulement de proposer une messagerie chiffrée, mais une souveraineté numérique plus cohérente, en limitant l’exposition aux logiques des grandes plateformes. Cela parle à un public qui ne veut plus avoir le sentiment que tout passe par des acteurs lointains, dont les règles et les choix échappent aux utilisateurs.
Reste le nerf de la guerre : l’adoption. Les chiffres sont encore modestes face aux géants, mais l’équipe met en avant une dynamique encourageante. Et c’est ici que se trouve la révélation que beaucoup attendaient, parce qu’elle cristallise le débat sur cette “messagerie bretonne” dont tout le monde parle.
Elle s’appelle Treebal, elle est développée à Rennes par David Godest et Samuel Le Port, elle revendique déjà 100 000 utilisateurs et affirme en gagner environ 200 par jour depuis janvier, tout en restant gratuite pour les particuliers et payante côté entreprises selon un plafond annoncé.