Tué sur un parking, un cadre du New York Times aurait offert à sa fille un livre sur la mort de sa mère

Un parking de terrains de sport en Californie, un samedi en plein jour, et un cadre du New York Times abattu. L’affaire est déjà lourde, mais un détail troublant vient de surgir dans les documents de justice : un livre pour enfants, offert pour un anniversaire. Sa veuve y voit un message qui l’a terrifiée. Reste à savoir ce que raconte ce livre, et ce qu’il pèse dans ce divorce explosif.
Un parking de Dublin, deux septuagénaires arrêtés et un divorce qui tournait au bras de fer
Jonathan McKinsey avait 40 ans. Depuis 2023, il dirigeait l’ingénierie consacrée à l’expérience des joueurs des jeux du New York Times. Il est mort samedi dernier sur un parking des Dublin Sports Grounds, à Dublin, en Californie.
Selon la police, citée par le Daily Mail, ses beaux-parents, Shouyong Zhang et Shili Chen, 77 ans tous les deux, auraient tiré à tour de rôle sur leur gendre en plein jour. Des témoins affirment que le couple s’est éloigné calmement. Il a été arrêté peu après, repéré dans une berline noire à un carrefour voisin.
Les deux septuagénaires sont visés par des accusations de meurtre, de complot criminel, de mise en danger d’enfant et de tir dangereux avec une arme à feu. Ils sont présumés innocents, et leur audience de comparution était fixée à mercredi. Le drame est survenu une semaine avant une audience du divorce de McKinsey et de sa femme, Candice Jang.
Dans le détail, le dossier judiciaire de ce couple est un champ de ruines. Plaintes croisées, ordonnances de protection, accusations de violences des deux côtés : tout est écrit noir sur blanc devant le tribunal du comté d’Alameda. Pour mesurer la violence des échanges, il faut remonter à l’automne 2025, comme dans cette autre affaire de violence qui a marqué les lecteurs, mais ici, c’est la justice civile qui en a gardé la trace.
Et c’est dans ces pages que figure le fameux livre. Avant d’y venir, il faut comprendre ce que chacun reprochait à l’autre.
Deux versions inconciliables, des ordonnances de protection croisées, puis ce cadeau d’anniversaire
En octobre 2025, Candice Jang a obtenu une ordonnance de protection temporaire contre son mari. Elle affirmait qu’il avait menacé de la tuer, elle et ses parents. McKinsey a répliqué en décembre 2025, une semaine avant l’expiration de cette mesure, en demandant sa propre protection.
Dans sa requête, il accusait sa femme de l’avoir maltraité chaque semaine, physiquement et moralement. Il évoquait aussi, selon SFGATE, un coup de poêle sur la tête en 2013 et un animal plongé dans un seau d’eau. Il l’accusait enfin d’avoir tenté de lui arracher des tubes médicaux après une opération liée à sa transition. Ces faits restent des allégations, que rien ne permet ici de vérifier.
Il décrivait également sa belle-mère, Shili Chen, comme hostile à l’identité de genre de l’un de ses enfants. Selon sa requête, elle aurait traité l’enfant et lui-même d’insultes homophobes, après avoir vu l’enfant demander à porter les robes de sa sœur. Il aurait ajouté que son beau-père l’avait frappé à la poitrine pendant sa convalescence après une double mastectomie.
De son côté, Jang l’accusait de violences. Elle évoquait un poignet saisi en 2018 au point de laisser des bleus. Elle rappelait aussi qu’en 2023, une plainte policière l’accusait d’avoir giflé leur jeune fils, laissant la marque d’une main sur son visage.
McKinsey avait plaidé non coupable dans ces dossiers, comme le précise le Daily Mail. On l’a vu déjà, la tension dépasse largement le cadre familial, comme dans ces propos qui font réagir bien au-delà du cercle privé.
Puis arrive le passage que personne n’attendait. Dans un document de justice, Candice Jang écrit qu’à l’occasion de l’anniversaire de leur fille, son mari lui aurait offert un livre pour enfants intitulé The Memory String, selon SFGATE. L’histoire est celle d’une petite fille qui fait le deuil de sa mère. Or la mère, elle, était bien vivante.

« Profondément troublant et effrayant » : ce que Candice Jang lit dans ce livre
Le titre de l’ouvrage, The Memory String, n’a rien d’une menace en soi. C’est un livre pour enfants, destiné à raconter comment une fillette traverse la perte de sa mère. Mais dans le contexte de ce divorce, la mère de la fillette en a fait une tout autre lecture.
C’est un des éléments où l’on mesure à quel point les mots se chargent de sens quand la confiance est rompue, un peu comme dans ces polémiques où une phrase suffit à tout enflammer.
Dans sa déclaration au tribunal, Jang écrit : « Jonathan a déjà menacé de me tuer, moi et mes parents. » Elle poursuit : « Je ne peux pas savoir ce que Jonathan avait en tête en choisissant ce livre précis. » Elle qualifie ce choix de « profondément troublant et effrayant », à la lumière des menaces qu’elle lui prête.
La nuance est essentielle. Jang ne dit pas que son mari a voulu l’annoncer ou la menacer : elle dit qu’elle ne peut pas savoir, et que cette incertitude la terrorise. McKinsey ne peut plus donner sa version, puisqu’il est mort, et rien dans les documents cités ne permet de trancher sur son intention.
Ce cadeau d’anniversaire s’inscrit dans une stratégie de défense plus large. Un avocat de Jang a écrit dans un document ultérieur que McKinsey « est simplement enclin à la violence domestique et à la maltraitance d’enfants ». Jang a elle-même affirmé le mois dernier que les enfants n’étaient pas en sécurité s’ils étaient laissés seuls avec lui.
C’est donc cela, le cœur de l’histoire : un livre banal en apparence, que sa lectrice a rangé dans la colonne des signaux d’alarme. Mais la justice n’a pas encore dit ce qu’elle en pensait, ni de ce que ce divorce cachait vraiment.
Ce que l’enquête doit encore éclaircir avant la fin de l’affaire
La grande question reste en suspens : pourquoi ? La police de Dublin ne tranche pas. Le capitaine Michael Campos a expliqué que les enquêteurs cherchent des mobiles « sous tous les angles », en examinant l’histoire et les relations de toutes les personnes liées à la victime et aux suspects. Il n’est donc pas établi si les accusations de violences ou l’identité de genre de McKinsey ont joué un rôle.
Autre élément du dossier : McKinsey était sorti sous caution, fixée à 50 000 dollars, après des poursuites pour deux délits, dont de la cruauté envers un enfant. Il devait suivre douze cours de parentalité. Selon le Mercury News, il tentait d’intégrer un programme de santé mentale qui aurait entraîné l’abandon des charges à son terme.
Il ne voyait plus ses trois enfants que deux heures par semaine, sous surveillance, depuis l’automne, selon les documents d’Alameda. Il demandait plus de temps. Un voisin a dit au San Francisco Chronicle qu’il avait récemment quitté le domicile familial.
Quant à Candice Jang, approchée par le Daily Mail dans la rue, elle a refusé de commenter la mort de son mari.
Les affaires de ce type reposent souvent sur des détails mal compris, comme dans cette histoire de propos qui ont déclenché un tollé, mais ici, la justice devra démêler des accusations bien plus graves.
Les tribunaux californiens devraient apporter les premières réponses dans les prochaines semaines, comme l’a déjà détaillé SFGATE dans son enquête sur les dossiers du tribunal.
Au fond, tout dépendra de ce qui se dira lors du procès. Une chose est sûre : les mots échangés devant le juge pèsent aujourd’hui autant que les faits.
Un livre, deux lectures, et un drame qui a mis fin à tout débat. Les faits sont encore à établir. Et si vous pensiez que les rumeurs ne se propagent que dans les tribunaux, cette marche de 14 cm accusée d’empêcher de rentrer dans un garage a de quoi vous surprendre. Pour changer d’air, regardez aussi ces maisons de phare et ces moulins vendus au prix d’un studio.