À 5 ans, il « brûle vivant sous les yeux de sa mère » dans une chambre hyperbare : l’employé condamné

Une séance de soins censée l’aider à mieux dormir. C’est ce que devait être ce 31 janvier pour Thomas Cooper, un petit garçon américain de 5 ans traité pour des troubles de l’attention et de l’apnée du sommeil. Sa mère, elle, était juste à côté, impuissante. Ce qui s’est passé ensuite dans ce centre du Michigan a bouleversé tout un pays, et vient tout juste de connaître son premier épilogue judiciaire.
Un caisson d’oxygène pur qui s’embrase en pleine séance
Le drame se déroule à l’Oxford Center, une clinique de Troy, dans le Michigan, spécialisée notamment en oxygénothérapie hyperbare. Thomas y suit un traitement censé accélérer sa guérison grâce à un caisson saturé en oxygène, une technique habituellement réservée aux accidents de décompression. Mais un incendie se déclare brutalement à l’intérieur de la chambre où il est allongé.
Selon les pompiers de Troy, ces caissons contiennent jusqu’à trois fois plus d’oxygène qu’une pièce normale, un environnement qui devient extrêmement inflammable sous pression. La mère du petit garçon, postée tout près, subit elle-même des brûlures aux bras en tentant désespérément de le sortir des flammes, rapporte le New York Times.
La question qui obsède désormais les enquêteurs : comment un tel accident a-t-il pu se produire dans un établissement censé suivre des protocoles stricts, comme le rappelle ce sujet sur les alertes santé mal anticipées ou encore les failles révélées par une experte face aux 40°C ?
L’absence d’un simple dispositif de sécurité au cœur du dossier
La réponse tient à un détail terriblement banal : l’Oxford Center n’utilisait pas de sangles de mise à la terre sur les patients installés dans le caisson. Ce dispositif sert à évacuer l’électricité statique et à éviter toute étincelle dans un environnement saturé d’oxygène pur. Sans lui, le moindre frottement peut suffire à déclencher un feu incontrôlable.
C’est ce qu’a révélé l’audience devant la Oakland County Circuit Court, relayée par WXYZ Detroit. L’avocate de Jeffrey Mosteller, l’ancien directeur sécurité du centre, a reconnu que cette décision précédait l’arrivée de son client, mais qu’il n’avait jamais cherché à la corriger une fois en poste.
Un manquement que le juge Kwamé Rowe a qualifié de manière glaçante, rappelant que Mosteller avait ignoré le code national de prévention incendie, le manuel du fabricant Sechrist, et jusqu’à sa propre formation professionnelle.
Le procureur adjoint Chris Kessel a résumé l’horreur en une phrase : un enfant de 5 ans dont la vie n’avait même pas commencé est mort brûlé vif sous les yeux de sa mère.

19 mois de prison, et trois autres suspects toujours dans l’attente
Ce type de dossier rappelle combien la justice peut mettre du temps à établir les responsabilités exactes. Mosteller, 66 ans, a plaidé no contest pour homicide involontaire. Il encourt jusqu’à 15 ans de prison mais a été condamné, selon le New York Times, à un minimum de 19 mois derrière les barreaux, la peine exacte dépendant de son comportement en détention.
Trois autres personnes restent dans l’attente de leur procès : le propriétaire du centre et son assistante de direction, poursuivis pour meurtre au second degré et homicide involontaire, ainsi que l’opérateur du caisson, également accusé d’homicide involontaire.
La famille de Thomas n’a pas souhaité soumettre de déclaration à la cour, la douleur restant, selon les procureurs, trop vive pour être mise en mots.
Une cagnotte GoFundMe lancée après le drame a permis de réunir près de 72 000 dollars pour financer les obsèques de l’enfant, décrit par ses proches comme un petit garçon curieux, fan de livres audio et impatient de découvrir le karaté cet été.
Un caisson censé soigner s’est transformé en piège mortel, faute d’une simple sangle. L’affaire, elle, est loin d’être terminée : trois procès restent à venir pour établir toutes les responsabilités dans cette tragédie.