Chirurgien accusé de viols au Mans : il voulait exercer en région parisienne, la justice tranche
Il attendait son procès pour « viols » sur au moins trois « patientes endormies ». En attendant, il voulait continuer à consulter, tranquillement, dans un cabinet du Val-d’Oise.
Mauvaise pioche. La justice administrative vient de lui claquer la porte au nez, et l’histoire de ce chirurgien du Mans prend un nouveau tournant.

Un renvoi devant la cour criminelle

Retour en arrière. En décembre 2022, un juge d’instruction du Mans met en examen ce chirurgien orthopédiste pour des faits glaçants : « viols commis sur une personne vulnérable », mais aussi atteinte à l’intimité par enregistrement d’images à caractère sexuel, et leur conservation.
L’affaire n’en reste pas là. Le 4 juin 2026, il est renvoyé devant la cour criminelle départementale de la Sarthe pour y être jugé. Un procès qui aura donc bien lieu dans les prochains mois, malgré l’appel immédiat de son ordonnance de mise en accusation.
Des faits similaires ont déjà secoué d’autres établissements de santé en France, comme dans cette autre affaire de patientes endormies au bloc opératoire.
La médiatisation change tout
Pendant ce temps, le chirurgien continue d’exercer, en cabinet, à Sarcelles. Rien ne bouge, jusqu’à ce que l’affaire soit relayée dans la presse.
Le 16 juin 2026, l’Agence régionale de santé d’Île-de-France réagit. Elle suspend son droit d’exercer la médecine dans son cabinet pour cinq mois, une sanction qui tombe comme un couperet.
La chambre disciplinaire de première instance de l’Ordre des médecins renvoie même le dossier devant l’instance nationale. Un verdict définitif est attendu au plus tard le 7 septembre 2026.
Le chirurgien contre-attaque en urgence
Face à cette suspension, l’ancien orthopédiste ne reste pas les bras croisés. Il saisit la justice administrative en référé le 2 juillet 2026, une procédure d’urgence pour reprendre son activité sous 24 heures, sous peine d’astreinte de 500 euros par jour.
Son avocat, Me Nicolas Calderero, plaide une situation financière fragile : une compagne au chômage, deux enfants à charge, un fils étudiant au Québec. « La décision le prive totalement et immédiatement de son activité professionnelle », martèle-t-il.
L’argument est habile : sa situation pénale est connue depuis 2022, son contrôle judiciaire a été adapté dès février 2023, et aucun incident nouveau n’est reproché dans son exercice actuel. Pour la défense, l’urgence ne peut venir de la seule médiatisation tardive du dossier.
Ce que révèle vraiment le dossier
Les accusations restent lourdes. Il est reproché au chirurgien d’avoir pénétré digitalement au moins trois patientes endormies.
L’instruction aurait également révélé de nombreuses photographies, et plusieurs témoignages viendraient corroborer ces faits. Le chirurgien conteste toutefois l’ensemble des accusations portées contre lui.
De son côté, l’ARS d’Île-de-France balaie l’argument de la continuité des soins. Elle rappelle qu’elle n’est pas tenue de justifier les motifs d’une interruption d’activité, et que la suspension pourrait même être écourtée selon les délais de la procédure disciplinaire.
Un point revient sans cesse dans les échanges : la sécurité des patientes. L’agence souligne que le praticien assurait seul ses consultations à Sarcelles, sans aucun contrôle extérieur possible.
Le verdict du tribunal administratif
Le 23 juillet 2026, le juge des référés de Cergy-Pontoise tranche. Sa décision est sans appel : « aucun des moyens invoqués ne paraît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions ».
Le chirurgien reste donc suspendu. La justice rappelle que cette mesure n’est que temporaire et ne préjuge en rien de sa culpabilité pénale, un rappel essentiel au regard du principe de présomption d’innocence.
L’affaire n’est pas close pour autant. Le tribunal administratif se repenchera sur la légalité de cette décision d’ici dix-huit mois à deux ans, cette fois devant une formation collégiale de trois juges.
Si la suspension venait à être annulée après coup, le médecin pourrait alors réclamer des dédommagements. En attendant, le procès devant la cour criminelle de la Sarthe reste l’échéance la plus attendue de ce dossier.

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