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À 71 ans, jugé pour une 3e conduite en état d’ivresse, il supplie le tribunal de lui retirer son permis

Publié par Cassandre le 05 Oct 2026 à 16:30
Homme âgé au visage grave dans une salle d'audience

Un homme de 71 ans, une barre de tribunal, une troisième affaire d’alcool au volant. Ce lundi 28 septembre 2026, à Nantes, la scène aurait pu rester banale. Jusqu’à ce que le prévenu adresse aux juges une demande que presque personne n’ose formuler en audience, et que le jugement tombe, plus lourd qu’on ne l’imagine.

Un septuagénaire, trois conduites en état d’ivresse et une salle qui retient son souffle

Au tribunal correctionnel de Nantes, l’homme n’est pas là pour un excès de vitesse. Il doit répondre d’une nouvelle conduite en état d’ivresse, la troisième de sa vie d’automobiliste, selon les informations d’Ouest-France.

Ce genre de dossier suit d’habitude un scénario connu. Le prévenu minimise, invoque un coup de fatigue, un verre de trop, la malchance. Ici, rien de tout cela.

Face aux juges, le septuagénaire parle franchement de son alcoolisme, de ses rechutes, de sa difficulté à rester loin de la bouteille. Pas de grande plaidoirie, pas de larmes mises en scène. Juste un homme qui décrit sa dépendance avec des mots simples.

Le sujet des conducteurs âgés et de leur permis fait beaucoup parler en ce moment. Sur la question de la validité du permis après 70 ans, les débats se multiplient. Mais l’audience de Nantes touche à autre chose : non pas l’âge, mais l’addiction.

Et c’est précisément là que le récit bascule. Car cet homme ne s’est pas contenté de reconnaître les faits.

« C’est trop facile de replonger » : l’aveu qui a changé le ton de l’audience

À la barre, il raconte ce que l’alcool lui fait. « Quand je remets le nez dedans, je peux aller jusqu’à tomber par terre », confie-t-il, rapporte Ouest-France. Des mots dits calmement, qui en disent long sur la place prise par la boisson dans son quotidien.

Il va plus loin. « C’est un manque de volonté de ma part, c’est trop facile de replonger », ajoute-t-il. Pas d’excuse extérieure, pas de coupable désigné.

Ce n’est pas un homme qui n’a rien tenté. Il explique avoir cherché de l’aide : « J’ai vu un psy à Ancenis, il y a eu un bénéfice mais ça n’allait pas assez dans le fond ». Un suivi qui l’a soutenu un temps, sans enrayer durablement les rechutes.

La justice est habituée aux prévenus qui plaident la clémence. Elle l’est beaucoup moins à ceux qui s’avouent un danger pour les autres. Les juges se souviennent d’ailleurs que le volant ne pardonne pas, comme dans cette affaire où les juges ont refusé toute indulgence malgré des circonstances touchantes.

Conscient du risque qu’il représente dès qu’il reprend la route après avoir bu, l’homme va alors jusqu’à implorer qu’on lui retire son permis. Il réclame lui-même une interdiction de conduire, pour ne plus se retrouver dans cette situation. Reste à savoir ce que le tribunal a décidé.

Clés de voiture et permis posés sur un banc de tribunal

Cinq ans sans volant : ce que le tribunal de Nantes a fini par trancher

Avant la sentence, un détail sur ce qui attend les conducteurs : le contrôle médical du permis est justement au cœur d’une réforme discutée, et cette affaire en rappelle l’enjeu.

À l’issue de l’audience, le tribunal de Nantes a condamné le septuagénaire à 600 € d’amende. Il lui a aussi infligé cinq années d’interdiction de conduire tout véhicule terrestre à moteur.

Concrètement, pendant cinq ans, il ne pourra légalement prendre le volant d’aucun véhicule nécessitant un permis. Sa demande a donc été entendue, au moins dans les faits. Pour un homme de 71 ans, c’est une décision lourde dans le quotidien.

Elle s’inscrit dans l’arsenal prévu par le Code de la route et la justice pénale contre la récidive d’alcool au volant. Selon le droit français, ce type de conduite peut entraîner une amende, un retrait de points, une suspension ou une annulation judiciaire du permis, parfois accompagnée d’une peine de prison.

La justice peut aussi assortir la condamnation d’une injonction de soins lorsqu’une addiction est clairement identifiée. Dans ce dossier, la source ne précise pas si une telle mesure a été prononcée.

Le plus frappant reste ailleurs : la frontière entre sanction et protection. Et si cette peine était, pour lui, autant un garde-fou qu’une punition ?

Reprendre le volant un jour : le parcours qui l’attendrait après la peine

Que se passera-t-il dans cinq ans ? Après une annulation ou une longue interdiction, le conducteur doit remettre son permis et respecter à la lettre la durée fixée par le jugement. S’il souhaite ensuite reprendre le volant, il doit repasser par un parcours de contrôle médical et d’examens.

Autrement dit, le droit de conduire ne revient pas automatiquement. Il se mérite à nouveau, avec un avis médical à la clé. Pour une personne dépendante à l’alcool, l’étape n’a rien d’une formalité.

Cette logique du contrôle médical nourrit un débat plus large en Europe. Le sujet de la fin du permis à vie montre à quel point la question du maintien du droit de conduire préoccupe les autorités.

L’histoire de Nantes n’a pourtant rien d’un cas d’école sur l’âge. Elle pose une question plus intime : que faire face à un conducteur qui sait qu’il ne se contrôle plus ? Ici, c’est lui-même qui a tendu la solution aux juges.

Reste la dimension de prévention. Les évaluations de capacités au volant, comme les tests visuels envisagés pour les seniors, ciblent d’autres risques que l’alcool. Aucun dispositif de ce genre ne détecte une rechute entre deux contrôles.

Ce que retient la salle de Nantes, c’est surtout la lucidité d’un prévenu. Une lucidité rare, qui n’efface ni les faits ni la sanction, mais qui donne à l’affaire sa couleur singulière.

Une chose est sûre : demander lui-même la fin de son permis n’a rien d’un geste anodin. Et si le plus dur commençait maintenant pour lui, loin de la route, face à l’addiction ?

Pour savoir comment une femme de 80 ans a été traitée comme une criminelle lors d’un simple contrôle, c’est une tout autre histoire de route. Et si vous vous êtes déjà demandé ce que cache vraiment la rumeur du macaron S, la réponse risque de vous étonner.

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