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Crans-Montana : après l’incendie qui a fait 41 morts, les propriétaires du bar veulent déjà rouvrir

Publié par Cassandre le 02 Juil 2026 à 17:39
Jessica et Jacques Moretti
© Nice Matin

Un incendie a ravagé un bar de la station valaisanne dans la nuit du 31 décembre 2025 au 1er janvier 2026, faisant 41 morts et plus de 100 blessés. Depuis, l’enquête s’est concentrée sur les propriétaires du établissement, Jacques et Jessica Moretti, poursuivis pour négligence. Mais une nouvelle démarche du couple vient de raviver une colère que beaucoup pensaient impossible à réveiller davantage.

Un drame encore à vif dans la station valaisanne

Le bilan de l’incendie de Crans-Montana reste l’un des plus lourds jamais enregistrés dans un établissement de nuit en Suisse. Selon l’Office fédéral de la santé publique, de nombreuses victimes ont souffert de brûlures si graves qu’elles ont dû être transférées vers des centres spécialisés, non seulement en Suisse mais aussi en Allemagne, en Belgique, en France et en Italie.

Parmi elles, une jeune femme brûlée à 70% attend toujours d’être rapatriée, des mois après les faits. L’origine du sinistre, elle, semble désormais bien établie : des cierges étincelants fixés sur des bouteilles de champagne auraient enflammé de la mousse acoustique installée au plafond du sous-sol.

La propagation aurait été fulgurante. De quoi expliquer, en partie, l’ampleur de la tragédie et la colère qui n’a jamais vraiment retombé depuis. Une jeune rescapée a même reçu le Prix du Courage en Suisse pour son comportement pendant l’évacuation.

Une demande de réouverture qui passe très mal

C’est dans ce contexte que le couple Moretti a déposé une demande officielle pour rouvrir ses établissements. La requête aurait été adressée aux municipalités concernées, qui l’auraient refusée dans un premier temps.

Les propriétaires n’en seraient toutefois pas restés là. Ils auraient contesté ce refus en saisissant le Conseil d’État valaisan, la plus haute autorité administrative du canton, où le recours serait actuellement pendant.

En parallèle, le couple réclamerait aussi le déblocage partiel de ses comptes, gelés depuis le drame. Dans un courrier adressé au ministère public, l’avocate de Jessica Moretti, Me Yaël Hayat, justifierait cette demande par la nécessité de subvenir aux besoins quotidiens du couple et de leurs deux jeunes enfants.

Une pétition destinée à bloquer toute réouverture a déjà rassemblé plus de 25 000 signatures. Un avocat de victimes, cité par nos confrères du Figaro, ne cache pas son scepticisme sur la viabilité même du projet : « Je ne vois pas quelle clientèle pourrait fréquenter ces lieux, ils seront certainement désertés. »

Femme anonyme au regard indigné devant un chalet

Ce que révèle l’enquête sur les responsabilités

Au-delà de la question de la réouverture, c’est bien l’enquête judiciaire qui pèse le plus lourd sur le couple. Jacques et Jessica Moretti sont poursuivis pour des infractions liées à la négligence dans la gestion de l’établissement.

En juin, les avocats de plusieurs familles de victimes ont demandé un durcissement des qualifications pénales. Ils évoquent désormais la piste d’un possible meurtre par dol éventuel, après la découverte de messages anciens dans lesquels les risques liés aux cierges et à la mousse inflammable auraient déjà été évoqués en interne.

Les avocats des propriétaires contestent fermement cette interprétation. Mais le simple fait que cette hypothèse soit étudiée en dit long sur la gravité perçue du dossier par la justice suisse.

D’autres éléments troublants ont émergé au fil des mois, comme des images de vidéosurveillance montrant Jessica Moretti bousculant des jeunes pour s’enfuir, ou encore le témoignage d’un ancien employé évoquant vente d’alcool aux mineurs et produits périmés. Autant de faits qui alimentent le sentiment d’un établissement où les règles de sécurité élémentaires, comme la largeur des issues de secours ou la résistance au feu des matériaux, auraient été durablement ignorées.

Le dossier reste entre les mains du Conseil d’État valaisan et du ministère public, deux instances qui devront trancher dans les prochains mois. D’un côté, la survie économique d’une famille avec deux enfants en bas âge. De l’autre, la mémoire de 41 personnes disparues et la colère intacte de leurs proches. Cette affaire est-elle en train de devenir un test pour la justice suisse tout entière ?

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