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Crash d’avion qui a fait 11 morts à Nancy : Laurent Nuñez révèle que des familles de victimes ont assisté à l’accident 

Publié par Cassandre le 29 Juin 2026 à 13:24

Un dimanche matin ensoleillé, un baptême de parachutisme entre collègues infirmiers, un petit avion qui décolle sous les yeux des proches venus encourager les stagiaires. Puis la chute, brutale, verticale, à 300 mètres du bout de la piste. Ce qui devait être une fête s’est transformé en tragédie absolue — et certaines familles ont tout vu.

11 vies fauchées en quelques secondes à l’aérodrome de Nancy-Essey

Femme de dos agrippée à une clôture d'aérodrome en état de choc

Ce dimanche vers 11 heures, un Pilatus PC-6 d’immatriculation allemande décolle de l’aérodrome de Nancy-Essey. À son bord : un pilote chevronné, cinq moniteurs de parachutisme et cinq stagiaires venus effectuer des sauts en tandem. Les stagiaires sont des infirmiers libéraux de Nancy, selon Thierry Pechey, président du Conseil de l’ordre des infirmiers libéraux du département.

L’appareil ne prend jamais véritablement son envol. Il s’écrase « subitement », selon les mots du préfet de Meurthe-et-Moselle Yves Séguy, sur une zone herbeuse jouxtant des lotissements de Tomblaine, rue Salvador-Allende. Le bilan est immédiat et sans appel : les onze occupants sont déjà morts à l’arrivée des secours.

De nouveaux témoignages confirment que l’avion avait déjà effectué deux vols réussis ce même dimanche matin avant le drame. Une image amateur de l’appareil, immatriculé D-FIPS, circule sur les réseaux sociaux — elle aurait été prise sur le tarmac quelques heures avant le crash. Le préfet précise que l’avion est « tombé quasiment à la verticale » et qu’une « avarie » a provoqué l’accident, sans pouvoir en déterminer la nature exacte à ce stade.

Le substitut du procureur Amaury Lacote annonce la saisie du service d’identité judiciaire, en lien avec la brigade de gendarmerie de transport aérien de Nancy-Metz. Sur BFMTV, Pierre-Yves Eugène, président du syndicat national des parachutistes, rappelle que le Pilatus est « une machine très exigeante pour laquelle on doit passer un examen tous les deux ans ». L’enquête ne fait que commencer.

« Le traumatisme est immense » : quand les familles assistent au crash

C’est sans doute le détail le plus glaçant de cette tragédie. Une partie des proches des victimes se trouvait sur l’aérodrome ce matin-là. Ils étaient venus assister aux baptêmes de parachutisme, encourager un conjoint, un frère, une collègue. Ils ont vu l’avion chuter.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, arrivé sur place à 16h30, a confirmé cette réalité devant les caméras. « Certaines familles, venues assister aux baptêmes de parachutisme, ont été témoins du crash », a-t-il déclaré. « Cela ajoute au traumatisme psychologique qui en résulte. » Il a également souligné qu’il n’y avait « pas de victimes collatérales », tout en rappelant que l’avion s’était écrasé aux abords immédiats d’un lotissement habité.

Une cellule d’urgence médico-psychologique a été déployée immédiatement. Les familles et les témoins oculaires ont été pris en charge au sein de l’espace Jean-Jaurès, place des Arts à Tomblaine. En parallèle, la Métropole du Grand Nancy a ouvert un espace de recueillement au stade Marcel Picot, accessible au grand public.

« On ressent beaucoup d’émotion et une grande solidarité entre tous pour prendre en charge les familles de la meilleure façon possible », a ajouté le ministre. Le préfet Séguy a conclu avec une phrase qui résume l’horreur de la situation : « Dans ce malheur, il est chanceux de ne pas avoir des victimes complémentaires. » Mais pour ceux qui ont assisté à la scène, les images resteront.

Une panne mystérieuse, un avion exigeant : ce que l’on sait des causes du drame

Le crash de Tomblaine soulève déjà de nombreuses questions. Le préfet a employé le mot « avarie » pour désigner la cause probable, sans plus de précision. L’appareil, un Pilatus PC-6, est un monomoteur à turbopropulseur largement utilisé dans le parachutisme sportif. Robuste, mais exigeant.

Jean-Paul Troadec, ancien président du Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA), a indiqué sur BFMTV que l’avion « est tombé peu de temps après le décollage ». Trois personnes auraient été éjectées lors de l’impact. La violence de la chute a par ailleurs provoqué une panne d’électricité générale dans la zone du crash.

La police nationale a demandé à la population d’éviter « impérativement » le secteur de la rue Salvador-Allende afin de laisser l’accès libre aux secours et aux forces de l’ordre. Un périmètre de sécurité a été installé, le risque d’explosion ayant été jugé important dans les premières heures. Le ministre Nuñez a confirmé l’ouverture d’une enquête judiciaire confiée à la gendarmerie des transports aériens.

Les deux vols réussis du matin rendent la défaillance encore plus difficile à comprendre. L’avion fonctionnait. Puis il ne fonctionnait plus. C’est désormais aux enquêteurs de déterminer ce qui s’est passé entre le décollage et ces 300 mètres fatals.

Onze personnes sont mortes un dimanche matin, à quelques centaines de mètres d’un lotissement paisible, sous les yeux de ceux qui les aimaient. Ce crash de Tomblaine est déjà l’un des drames aériens les plus marquants de l’année en France. Reste une question lancinante : qu’est-ce qui a pu faire chuter un avion qui volait normalement quelques minutes plus tôt ?

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