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Le Pen, Macron, Praud brûlés en effigie place de la Nation : la scène qui sidère et qui divise

Publié par Elodie le 06 Nov 2026 à 9:44
Le Pen, Macron, Praud brûlés en effigie place de la Nation : la scène qui sidère et qui divise

Une grande place parisienne, la nuit qui tombe, une foule rassemblée. Un peu après 18 h, un immense brasier a englouti les effigies de Marine Le Pen, d’Emmanuel Macron et du présentateur Pascal Praud, d’après les images relayées en ligne. La scène a provoqué sidération, colère et même des rires. Reste à comprendre ce qu’on a vraiment vu ce soir-là, et pourquoi les réactions sont aussi tranchées.

Place de la Nation, 18 h : un brasier, trois effigies et une foule

Le décor, d’abord. Ce jeudi 5 novembre, une journée de mobilisation nationale contre la vie chère, associée à un appel à la grève générale d’après les messages qui circulent sur les réseaux, a rythmé le pays. À Paris, la place de la Nation s’est retrouvée au centre de l’attention.

Un peu après 18 h, un très gros incendie y a été déclenché. Dedans, selon la source, trois effigies : celles de la cheffe de file du Rassemblement national, du président de la République et du journaliste de CNews. Les flammes ont dominé la place, sous le regard des manifestants présents.

Ce n’était pourtant pas la première image forte de la journée. Un peu plus tôt, un mannequin de CRS avait lui aussi été brûlé, sous les applaudissements de la foule, toujours selon la même source. Une scène similaire a circulé depuis Strasbourg, où une gigantesque effigie de CRS a pris feu en pleine manifestation.

Le climat est déjà électrique dans la capitale. Les rassemblements qui s’annoncent de nouveau ont même poussé les organisateurs à décaler un match de Ligue 1, ce qui donne la mesure de la tension. Dans un tel contexte, chaque image qui sort de la rue pèse deux fois plus lourd.

Mais avant le bûcher, il y avait autre chose sur cette pelouse : une installation bien plus travaillée qu’un simple tas de bois.

Un char, un lycée en ruine, un hôpital en feu : ce que racontait l’installation

Les images publiées dans la journée montrent une pièce montée avec soin. Un char reprenant les figures d’Emmanuel Macron, de Marine Le Pen et de Pascal Praud a été installé sur une pelouse de la place de la Nation. Le trio y est représenté en position dominante.

Sous leurs pieds, le décor est sans ambiguïté. On y distingue l’Élysée, un lycée en ruine et un hôpital en feu, d’après la description qu’en fait le compte d’actualité parisienne qui a diffusé les images. Autrement dit : trois personnalités juchées sur un pays qui s’effondre, dans le regard de ceux qui ont construit la scène.

Le message se lit presque comme un tract en trois dimensions. Des responsables politiques, un journaliste très exposé, et les services publics comme victimes. Que Pascal Praud figure à côté de deux responsables politiques n’a rien d’anodin : l’animateur de CNews cristallise régulièrement les polémiques, et il avait encore été au centre du débat en s’emportant contre une proviseure parisienne qui avait refusé de parler à sa chaîne.

Reste la question qui fâche, celle que la source pose sans détour : cette mise en scène relève-t-elle de la satire de rue, une vieille tradition des cortèges, ou de l’appel à la violence ? C’est là que tout se joue. Car selon la source, certains y voient la « haine » franchir un nouveau pas, d’autres un simple feu de joie. Et les réactions, elles, ne se sont pas fait attendre.

Char de manifestation avec figures géantes en papier mâché sur une pelouse

Haine ou simple défoulement : la société coupée en deux devant le feu

Premier constat : à l’image de ce qu’on a vu à Paris, la scène a aussi mobilisé en d’autres villes comme à Lille, où des véhicules militaires ont été aperçus à l’approche des rassemblements. Les nerfs sont à vif des deux côtés, ce qui rend les débats d’autant plus explosifs.

Du côté des indignés, le texte source parle d’« une haine insupportable », bien loin des valeurs démocratiques et de la tolérance. Il affirme que ces images pourraient même être lues comme des appels à commettre de la violence contre ces personnalités. À Strasbourg, un internaute juge de même que voir une effigie de CRS brûlée sous les applaudissements est « profondément choquant », rappelant que derrière l’uniforme se trouvent des femmes et des hommes.

De l’autre côté, la lecture est radicalement différente. Plusieurs commentateurs jugent ces feux de joie « complètement inoffensifs », encouragent les jeunes à continuer, ou trouvent l’effigie de Praud « inventive » et « marrante ». Certains, plus ironiques, estiment qu’il n’y a vraiment pas de quoi s’exciter.

Et puis le débat dérape, comme souvent. Dans les échanges, les mots volent bas : insultes, procès en légitimité des uns et des autres, et même une dispute historique sur la Vendée de 1793 et la Révolution française. Le fond du sujet disparaît derrière la bagarre de commentaires.

Voilà le vrai payoff : cette scène n’a pas un sens unique. Pour les uns, c’est le symptôme d’une société qui banalise la haine ; pour les autres, un exutoire théâtral bien dans la tradition des cortèges. Aucune version ne fait l’unanimité, et c’est précisément ce qui la rend aussi inflammable.

Pourquoi cette image n’a pas fini de faire parler

À ce stade, la source ne fait état d’aucune plainte, d’aucune enquête ni d’aucune réaction officielle. Ces éléments, s’ils existent, restent à confirmer. C’est donc surtout sur les réseaux que la querelle se joue, et c’est là qu’elle risque de grossir.

Le sujet touche à une question que la classe politique connaît bien : qui attise les tensions ? Sur LCI, Raquel Garrido avait désigné l’extrême droite et les accélérationnistes derrière les émeutes, dans une séquence qualifiée de « lunaire ». Chaque camp rejette la responsabilité sur l’autre, et chaque nouvelle image nourrit le procès.

Autre point de friction : la relation entre manifestants et forces de l’ordre. Le mannequin de CRS brûlé et les réactions de soutien aux forces de l’ordre l’illustrent. Les tensions avec la police ont aussi des conséquences judiciaires : Sébastien Delogu a été placé en garde à vue après une altercation avec des policiers à Marseille.

Pour la suite, il faudra surveiller trois choses : d’éventuelles réactions des personnes visées, la suite donnée aux rassemblements annoncés dans Paris, et la façon dont ces images seront reprises dans le débat public. Les effigies ont brûlé en quelques minutes, mais les images, elles, tournent en boucle. Et on sait qu’elles ne s’éteignent jamais vraiment.

Un bûcher de carton, trois visages, et un pays qui n’arrive plus à se mettre d’accord sur ce que cela signifie : voilà ce qui reste de cette soirée place de la Nation.

Pendant que la rue chauffe, le pouvoir, lui, joue sa survie : Emmanuel Macron serait-il vraiment sur le point de dissoudre l’Assemblée cet automne ?

Et quand une simple pétition peut faire plier une chaîne, on comprend mieux la puissance de la mobilisation : comment Zemmour a été déprogrammé par BFMTV quelques heures avant l’antenne mérite d’être raconté.

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