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Zemmour déprogrammé par BFMTV à quelques heures de l’antenne : la pétition qui a fait plier la chaîne

Publié par Elodie le 24 Oct 2026 à 19:49

Samedi soir, 21 heures : Éric Zemmour devait être l’invité de BFMTV. L’interview n’aura finalement pas lieu. La chaîne a retiré l’invité du programme à la dernière minute, au lendemain de l’attentat raciste de Trappes et de La Verrière. Qui a obtenu ce renversement, et au nom de quel argument ? La réponse tient en une pétition, un député et un message de rédaction.

Eric Zemmour

Une interview calée à 21 heures, annulée dans la foulée de Trappes

Le rendez-vous était prévu de longue date. Selon les informations disponibles, l’entretien avait été programmé avant l’attaque de Trappes, ce qui change la lecture de la séquence. Il devait permettre au président de Reconquête de commenter l’actualité politique et les manifestations du week-end.

Puis l’actualité a basculé. L’attentat raciste qui a frappé Trappes et La Verrière, avec un mort et quatre blessés, a bouleversé le climat politique du pays. Du jour au lendemain, inviter une figure aussi clivante n’avait plus le même sens pour une partie de l’opinion.

Entre la commande de l’interview et sa diffusion, le contexte avait donc changé du tout au tout. Et la chaîne s’est retrouvée dans une situation inconfortable : maintenir, c’était assumer. Annuler, c’était céder, aux yeux de ses détracteurs comme de ses soutiens.

Ce n’était pas la première apparition d’Éric Zemmour sur ce plateau. Il y était déjà venu le 17 septembre, et il y avait alors confirmé son intention de se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Un invité de poids, donc, pour une chaîne d’information en continu.

Mais un autre épisode, plus récent, pesait lourd dans la balance. Il s’est joué sur une autre antenne, une semaine plus tôt.

Une semaine plus tôt sur LCI, une phrase qui n’était pas passée

Pour comprendre la suite, il faut remonter d’une semaine. Éric Zemmour était alors l’invité de Darius Rochebin sur LCI, pour une prestation décrite comme controversée. Parlant des auteurs présumés des violences commises en marge des manifestations du 17 octobre, il avait évoqué une « horde de barbares maghrébins et africains ».

La formule a fait réagir. Elle a suscité plusieurs signalements auprès de l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel. Le député insoumis Antoine Léaument a de son côté annoncé qu’il saisissait la justice.

Dans ce climat déjà tendu, l’attentat de Trappes est arrivé comme un détonateur. La polémique a vite pris une autre dimension, nourrie par la bataille des mots qui a suivi l’attaque, jusqu’à la phrase de Macron rectifiée dans la nuit. Chaque prise de parole publique était désormais scrutée.

C’est dans ce contexte qu’une pétition a commencé à circuler. Son objet était simple : réclamer que BFMTV retire Éric Zemmour de son programme du soir. Elle dénonçait l’invitation d’une personnalité condamnée à plusieurs reprises pour des propos racistes.

Elle n’est pas restée dans l’ombre. Un élu l’a portée sur la scène nationale, et c’est ce relais qui a fait la différence. Quelques heures plus tard, la décision tombait, annoncée par ceux qui travaillent à l’antenne.

Le député, la pétition et le message de la rédaction

Le relais, c’est le député Benjamin Lucas. Il a partagé l’initiative en estimant que recevoir Éric Zemmour au lendemain d’un attentat raciste constituait une provocation. Son message appelait à signer la pétition pour exiger la déprogrammation, en affirmant que l’intéressé « n’a pas sa place à la télévision ce soir ».

Quelques heures plus tard, c’est la Société des journalistes de BFMTV qui a tranché publiquement. Sur les réseaux sociaux, elle a annoncé que le président de Reconquête ne serait finalement pas présent à l’antenne. Pas de long communiqué : une confirmation brève, qui a suffi à enflammer les commentaires.

Voilà donc la réponse. La déprogrammation intervient après une pétition relayée par un député de gauche, dans les heures qui ont suivi l’attentat. Rien, dans les éléments disponibles, ne précise comment la direction de la chaîne a arbitré en interne.

Plateau de télévision vide avec deux fauteuils éclairés

Entre « parole raciste » et « censure » : deux camps, deux lectures

La suite s’est jouée sur les réseaux, et les positions se sont figées en quelques minutes. Côté soutiens de la décision, un message résume la ligne : « La parole raciste n’a pas sa place dans le débat public ». Dans ce camp, on salue une chaîne qui aurait refusé de dérouler le tapis rouge au lendemain d’un drame.

Côté critiques, le ton est tout autre. Des internautes dénoncent une chaîne qui « cède aux pressions de l’extrême gauche » et rappellent que le président de Reconquête avait réuni près de 2,5 millions d’électeurs en 2022. Le mot de « censure » revient en boucle, tout comme celui de liberté d’expression.

D’autres messages visent directement le député, accusé de profiter du drame pour obtenir l’annulation. Certains vont jusqu’à l’insulte, ce que l’on ne reprendra pas ici. Ces réactions disent surtout une chose : ce sujet ne laisse personne tiède.

Ce type de polémique n’est pas nouveau pour la figure de Reconquête, souvent au cœur de séquences électriques, comme l’auteur du jet d’œuf contre Jordan Bardella, qui s’en était déjà pris à lui. Mais ici, l’enjeu dépasse la personne : c’est la place accordée aux discours polémiques dans les médias.

Ce que cette déprogrammation change pour la route vers 2027

Le contexte est celui de fortes tensions autour du traitement médiatique des discours politiques et du racisme. Et la déprogrammation n’éteint rien : les signalements auprès de l’Arcom sont là, tout comme la saisine annoncée de la justice par Antoine Léaument. Les suites éventuelles restent à confirmer.

Sur le plan politique, l’épisode tombe en pleine pré-campagne. Éric Zemmour s’est dit candidat pour 2027, et chaque passage à l’antenne compte. Un rendez-vous manqué, c’est un auditoire en moins, mais aussi, pour ses partisans, un argument de plus pour dénoncer un système qui le tiendrait à l’écart.

Reste à voir comment l’équation s’inscrira dans le paysage électoral, que décrivent déjà les sondages de 2027, où Marine Le Pen recule pour la première fois. Chaque camp scrute ces courbes avec attention, et chaque polémique médiatique peut en infléchir le récit.

Dernière question, et non la moindre : la droite et l’exécutif suivent aussi cette séquence de près. Certains, comme dans le choix de candidat favori d’Emmanuel Macron pour 2027, ont déjà commencé à se positionner. La déprogrammation de BFMTV pourrait devenir l’un des premiers marqueurs de cette bataille d’image.

Une pétition, un député, une annulation : en quelques heures, un plateau télé est devenu un champ de bataille politique. Et la question de savoir qui a le droit de parler, et où, ne fait que commencer.

Si vous pensiez que les passes d’armes médiatiques s’arrêtaient là, la réponse cinglante de Sarah Knafo à Jean-Michel Aphatie vous prouvera le contraire.

Et du côté des librairies, cette scène de parents venus faire dédicacer un livre d’Éric Zemmour pour leur fils qui vote LFI raconte un tout autre visage du personnage.

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