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Sondage 2027 : Marine Le Pen recule pour la première fois, Mélenchon se stabilise aux portes du second tour

Publié par Elodie le 15 Sep 2026 à 15:54

À sept mois de la présidentielle, un chiffre a fait tiquer les observateurs politiques. Marine Le Pen, jusqu’ici intouchable dans tous les sondages, vient d’accuser un recul. Un premier signal, minime en apparence, mais qui pourrait bien rebattre les cartes d’une élection que tout le monde pensait déjà écrite.

marine le pen salon de l'agriculture - copie

Un sondage qui bouscule les certitudes

Le dernier baromètre Toluna Harris Interactive pour M6 et RTL, publié ce lundi 14 septembre, a été réalisé entre le 8 et le 10 septembre auprès de 2 052 électeurs représentatifs de la population française majeure. Cette enquête intervient dans un climat politique déjà tendu, où le chemin vers 2027 se dessine à coups de ralliements et de trahisons.

Sur le papier, rien ne semble avoir bougé : Marine Le Pen reste largement en tête du premier tour, avec un score oscillant entre 33% et 36% selon les cinq scénarios testés. Mais les sondeurs pointent un fait inédit depuis le début de la campagne : la députée du Pas-de-Calais perd deux points par rapport à la précédente vague du 24 août.

Une première qui n’a rien d’anodin, surtout à un moment où les débats sur les retraites, l’Ukraine ou encore la politique intérieure agitent le pays, comme en témoignent les récentes tensions autour du traitement médiatique de certains sujets sensibles par les chaînes publiques.

Pourquoi Le Pen recule enfin

Selon Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de Toluna interrogé par RTL, ce tassement s’explique par deux facteurs bien identifiés. D’abord, des dissensions internes au sein du Rassemblement national, notamment sur les retraites, l’Ukraine ou le port du voile, qui commencent visiblement à peser dans l’opinion.

Ensuite, la percée de Sarah Knafo, figure de Reconquête, qui aurait réussi à imposer des positions marquées, profitant directement à Éric Zemmour. Ce dernier, qui n’a pourtant pas encore officiellement déclaré sa candidature, est déjà crédité de 5% des intentions de vote dans ce sondage.

De l’autre côté de l’échiquier, Jean-Luc Mélenchon confirme sa position de favori à gauche. Le leader de La France insoumise se stabilise entre 16% et 17%, et s’impose dans trois des cinq scénarios testés pour la qualification au second tour, un peu comme certains équilibres politiques peuvent basculer subitement, à l’image de ce qui s’est joué récemment au sein de la majorité gouvernementale.

Son principal rival pour cette deuxième place reste Édouard Philippe, l’ancien Premier ministre, mais sa dynamique dépend entièrement d’un facteur qu’il ne maîtrise pas : le nombre de candidats issus du camp centriste.

Main glissant une enveloppe dans une urne électorale

Le vrai piège caché dans les scénarios

C’est là que le sondage révèle son enseignement le plus stratégique, celui que peu ont vu venir. Une multiplication des candidatures au centre, entre Édouard Philippe, Gabriel Attal et Raphaël Glucksmann, favoriserait mécaniquement les extrêmes. Dans ce cas de figure, Le Pen grimperait à 33%, Mélenchon à 16%, loin devant un centre éclaté entre 14%, 9% et 8%.

Le second enseignement est presque paradoxal : Édouard Philippe reste le mieux placé pour briser le duel Le Pen-Mélenchon et accéder au second tour, mais uniquement s’il reste seul candidat du bloc central, sans Gabriel Attal face à lui. Une condition que rien ne garantit à ce stade de la campagne.

« Édouard Philippe n’apparaît pas de nature à tuer le match », résume sobrement Jean-Daniel Lévy. Coincé entre ce centre-droit et l’extrême droite de Le Pen, Bruno Retailleau, candidat Les Républicains, plafonne entre 7% et 10%, sans réussir à décoller malgré une actualité politique dense, comme le rappelle le récent débat budgétaire qui agite déjà les états-majors.

À gauche, hormis Mélenchon, aucune vraie dynamique ne se dessine. Raphaël Glucksmann plafonne entre 9% et 12% malgré sa candidature officielle fin août, tandis que François Hollande, toujours indécis, recueille 7% quel que soit son adversaire centriste. Enfin, le sondage révèle un fait qui tranche tous les débats : au second tour, Marine Le Pen l’emporterait dans les trois duels testés, avec 67% face à Mélenchon, 56% face à Attal et 55% face à Philippe.

Deux points de moins ne font pas une défaite, mais ils suffisent à rappeler que même les certitudes politiques les mieux ancrées peuvent vaciller. À sept mois du scrutin, la vraie bataille ne se joue peut-être pas au premier tour, mais dans le nombre de candidats que le centre acceptera d’aligner.

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