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Radiée de son école en CE1, ses parents l’y déposaient quand même : le juge a tranché

Publié par Cassandre Jolivet le 31 Oct 2026 à 19:20
Femme soucieuse devant le portail d'une école

Une élève de CE1, une dispute d’amitié, et une école qui ne veut plus l’accueillir. Dans les Côtes-d’Armor, une fillette a été radiée des effectifs, mais ses parents ont continué de la présenter à la porte de l’établissement, comme si de rien n’était. Le tribunal administratif de Rennes vient de rendre sa réponse, et un détail du dossier, plutôt inattendu, a pesé lourd dans la balance.

Une dispute de cour de récré qui finit devant un juge

Tout commence en fin d’année scolaire. Selon Actu, la fillette fait l’objet d’un signalement dans le cadre de pHARe, le plan de lutte contre le harcèlement à l’école. En cause : des « faits supposés de harcèlement » envers une camarade, « sur fond de dispute pour l’amitié d’une troisième enfant ».

Un premier juge évoque déjà l’affaire dans une décision rendue le 18 août 2026. Entre-temps, la situation ne s’est pas apaisée. Malgré plusieurs entretiens avec les parents et l’intervention de plusieurs professionnels de l’Éducation nationale, la scolarisation de l’enfant a été suspendue pour les trois derniers jours de l’année.

Puis vient la rentrée. Le 29 août 2026, la nouvelle maire de la commune, élue en mars, décide de radier l’élève de CE1. Elle évoque des « intimidations », des « insultes », des « menaces » et des « comportements agressifs ».

Du côté des parents, c’est la stupeur. Leur fille fréquente cette école, la seule de la commune, depuis l’âge de 3 ans « sans aucune difficulté », disent-ils. Elle n’est inscrite nulle part ailleurs, et perd d’un coup une école « où elle a ses repères et ses amis ».

Les tensions entre enfants à l’école font parfois dérailler des adultes, jusque dans la salle de classe, comme ce grand-père qui a giflé un enfant devant la maîtresse en Italie. Ici, la famille a choisi une autre voie, plus surprenante encore.

Radiée sur le papier, toujours devant le portail : la bataille des parents

Dans les registres, l’élève n’existe plus. Dans les faits, ses parents continuent de la présenter chaque jour à l’école, à « leur initiative » selon l’académie. Eux affirment qu’elle reste « toujours accueillie », avec l’accord de l’inspecteur académique, dans l’attente de la décision du juge des référés.

Leur avocate défend un dossier sans violence. Des « séances avec une psychologue » ont été mises en place, aucun « comportement violent » ne serait reproché à l’enfant, et l’ancien maire comme les services périscolaires n’auraient signalé aucune difficulté. Les seuls propos menaçants relèveraient d’« une situation contextuelle ponctuelle », suivie d’un rappel à l’ordre des parents.

La famille donne aussi une autre version des faits. Selon elle, c’est la mère de l’autre enfant qui « se montrait agressive » et aurait « refusé » leur demande de médiation. Elle dénonce enfin des « pressions » de l’Éducation nationale pour l’« inciter fortement » à changer sa fille d’école, au risque de la « déraciner ».

Ces conflits d’enfants, quand ils s’enveniment, laissent des traces, et l’on mesure à quel point la haine peut s’abattre sur une adolescente dès qu’un conflit prend de l’ampleur. L’avocate de la famille met d’ailleurs en garde : la fillette « pourrait conserver des marques, notamment psychologiques ».

L’académie de Bretagne, elle, avance un argument : la commune voisine a « donné son accord » pour accueillir l’enfant dans son école. Le juge confirme : « La continuité de sa scolarisation est ainsi assurée ». La mairie ajoute que le père venait chercher sa fille « à 16h30 » presque chaque jour.

Reste LA question : que dit l’ordonnance du 28 septembre 2026 ? Le juge des référés du tribunal administratif de Rennes a tranché : la radiation est entérinée à ce stade. Mais l’affaire est loin d’être terminée.

Maillet de juge posé sur un dossier fermé

Le quart d’heure qui n’a pas convaincu le juge

Entre le rythme des enfants et celui des parents, le temps scolaire est un sujet sensible, jusqu’au sommet de l’État. Ici, ce sont les horaires du soir qui ont joué un rôle décisif.

Les parents expliquaient que leurs contraintes professionnelles les obligeaient à faire garder leur fille à l’accueil périscolaire jusqu’à 18h45. L’amplitude horaire de la commune serait « plus large que dans les autres communes ». Mais le juge note une « seule différence d’un quart d’heure » avec l’accueil de la commune voisine, et estime que cela n’y change rien.

Il va plus loin. La mère « ne justifie pas être dans l’impossibilité absolue » de récupérer sa fille en fin de journée. Mieux : son lieu de travail est « moins éloigné de l’école » de la commune voisine que de l’école d’origine.

Sur le fond, le magistrat rappelle que la décision est née de « difficultés relationnelles récurrentes » entre l’enfant et d’autres élèves, en particulier une camarade « qui s’est retrouvée en difficulté ». Selon lui, la situation « nécessite une attention continue et particulière de la part de l’enseignante », notamment pour « surveiller et limiter toutes interactions entre les deux élèves ».

Le juge reconnaît que ce changement va « nécessairement » modifier le cadre quotidien de la fillette. Mais il répond à trois nécessités : assurer la sérénité de l’école, résoudre durablement les problèmes relationnels et prévenir de nouveaux incidents. C’est cet équilibre, entre le confort d’une enfant et la tranquillité d’un établissement, qui a fait pencher la balance.

Dix-huit mois à deux ans d’attente : ce qui se joue maintenant

La décision est provisoire. Une formation collégiale de trois juges du même tribunal administratif de Rennes réexaminera la légalité de la radiation d’ici dix-huit mois à deux ans. Autrement dit, la fillette changera d’école bien avant de connaître le verdict définitif.

Si les parents obtenaient gain de cause, ils seraient en droit de solliciter des dédommagements pour les préjudices subis par la famille. Un scénario lointain, qui laisse pour l’instant l’enfant dans une situation inconfortable : le jugement de fond viendra longtemps après la rentrée.

D’autres dossiers, bien plus lourds, ont placé des établissements scolaires sous les projecteurs judiciaires, comme les deux plaintes visant un directeur d’école de Bordeaux, où la présomption d’innocence s’applique.

Et quand l’inquiétude porte sur un éventuel passage à l’acte, c’est une tout autre mécanique qui s’enclenche, comme dans l’enquête sur ce lycéen de Lyon soupçonné d’avoir préparé une tuerie. La différence d’échelle rappelle combien l’école reste un lieu où chaque alerte est prise au sérieux.

Une radiation entérinée, une scolarité qui change de lieu, un jugement de fond dans près de deux ans : la cour de récré a rarement eu des suites aussi longues. Reste à savoir ce que vivra l’enfant d’ici là.

Une affaire où chaque détail compte, c’est aussi ce qui fait les grands feuilletons judiciaires. Et si cette preuve de vie récente liée à Dupont de Ligonnès vous a échappé, elle relance l’une des plus grandes énigmes françaises. Quant à savoir si l’on a toujours tout compris, ce que l’enquête a vraiment établi sur la dernière course de Coluche pourrait bien vous surprendre.

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