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« C’est le bras de ma maman » : à 12 ans, il déterre le corps de sa mère dans le jardin

Publié par Elsa Fanjul le 20 Avr 2026 à 9:17

Un garçon de 12 ans cherchait sa mère. Il a emprunté une pelle à un voisin et s’est mis à creuser dans le patio de leur maison, à Claypole, en banlieue de Buenos Aires. Ce qu’il a trouvé sous la terre a fait basculer sa vie : d’abord un morceau de tissu, puis un bras humain qu’il a immédiatement reconnu. Le compagnon de la victime, identifié par les enquêteurs, reste introuvable depuis deux semaines.

Un enfant qui refuse d’attendre

Samedi dernier, dans une rue tranquille du quartier de Claypole, rattaché au partido d’Almirante Brown dans la province de Buenos Aires, un garçon de 12 ans s’inquiète. Sa mère n’est plus là. Personne ne sait exactement depuis combien de temps elle a disparu, mais l’enfant, lui, a un pressentiment. Quelque chose ne va pas dans cette maison de la calle Nardo.

Au lieu d’attendre que les adultes agissent, il prend une décision que peu d’enfants de son âge auraient le courage de prendre. Il va frapper chez un voisin et lui demande une pelle. Le voisin accepte, mais décide de ne pas le laisser seul. Les deux se rendent ensemble dans le patio de la propriété familiale. Ce qui allait suivre allait marquer à jamais ce quartier résidentiel de la banlieue sud de Buenos Aires.

Un morceau de tissu, puis l’horreur

Les premières pelletées de terre ne révèlent rien de particulier. Puis, à mesure que le trou s’approfondit, un bout de tissu apparaît. Le voisin et l’enfant continuent de creuser, peut-être en espérant encore se tromper. Quelques minutes plus tard, ce qui ressemble à un bras humain émerge de la terre retournée.

C’est à cet instant que le garçon prononce une phrase qui résume toute l’horreur de la scène : « C’est ma maman, c’est le bras de ma maman. » L’enfant hurle, désespéré. Puis il lâche tout et court se réfugier chez sa grand-mère, qui appelle immédiatement le 911. Ce récit rappelle d’autres affaires où des femmes ont été retrouvées enterrées dans leur propre jardin par des proches.

Un dispositif policier d’envergure

Les patrouilles arrivent rapidement sur place. Les agents du Comando de Patrullas confirment la présence de restes humains dans une fosse creusée à même le patio. Un périmètre de sécurité est établi autour de la maison, et un vaste dispositif est déployé dans le quartier.

Patio d'une maison à Claypole avec un trou creusé dans la terre

Au fil des heures, la police scientifique, des médecins légistes et des pompiers se relaient sur les lieux. L’excavation est minutieuse, encadrée par les instructions directes du parquet. Après plusieurs heures de travail, le corps est finalement extrait dans son intégralité. Une médecin du SAME — le service d’urgences médicales de Buenos Aires — constate officiellement le décès sur place. La dépouille est ensuite transférée à la morgue judiciaire de Lomas de Zamora, où une autopsie doit déterminer les causes et les circonstances exactes de la mort.

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Un suspect identifié mais introuvable

Pendant les opérations sur le terrain, les enquêteurs font une découverte significative. Parmi les éléments retrouvés dans la maison figure la carte d’identité d’un homme : Brian Leandro Lesta. Les membres de la famille de la victime le désignent comme son compagnon actuel. Et il y a un détail qui alourdit considérablement les soupçons : l’homme a quitté le domicile il y a environ deux semaines et personne ne l’a revu depuis.

Les autorités ont lancé un avis de recherche intensif à son encontre. Dans de nombreuses affaires similaires de violences conjugales ayant conduit à la mort, le compagnon ou l’ex-compagnon est le premier suspect. L’Argentine n’échappe pas à cette réalité : selon les statistiques locales, un féminicide est commis en moyenne toutes les 35 heures dans le pays.

Un enfant face à l’impensable

L’affaire a été qualifiée d’homicide aggravé — une qualification juridique qui, en droit argentin, s’applique notamment aux meurtres commis dans un contexte de violence intrafamiliale ou de genre. Le dossier est désormais entre les mains de l’UFI N°17 de Lomas de Zamora, l’unité fiscale spécialisée, qui tente de reconstituer précisément la chronologie des événements dans cette maison.

La question centrale reste pour l’instant sans réponse : quand exactement le crime a-t-il été commis ? L’absence du suspect depuis environ quinze jours fournit une piste temporelle, mais seule l’autopsie pourra apporter des certitudes. Les enquêteurs cherchent aussi à comprendre pourquoi personne dans l’entourage n’avait donné l’alerte plus tôt. Dans d’autres affaires, comme celle d’un maire retrouvé enterré dans son jardin, c’est aussi un proche qui avait fini par découvrir la vérité.

Dispositif policier nocturne devant la maison du drame en Argentine

Ce qui frappe dans ce drame, c’est l’instinct d’un garçon de 12 ans qui, face au silence des adultes, a décidé de chercher lui-même. Un enfant qui emprunte une pelle, qui creuse dans son propre jardin, et qui reconnaît le bras de sa mère dans la terre. Le traumatisme qu’il porte désormais dépasse tout ce qu’un enfant devrait avoir à affronter. Des associations argentines de protection de l’enfance ont d’ores et déjà demandé qu’un suivi psychologique lui soit garanti.

L’affaire rappelle douloureusement que les violences conjugales ne sont pas seulement un fléau pour les victimes directes. Les enfants qui vivent dans ces foyers en portent les cicatrices, parfois de la manière la plus brutale qui soit. La traque de Brian Leandro Lesta se poursuit, tandis que tout un quartier de Claypole tente de comprendre comment un tel drame a pu se produire à quelques mètres de chez eux, dans le silence le plus total.

Carte d'identité saisie comme pièce à conviction par la police

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