Il est mort après 9 ans dans le coma pour avoir mangé un fromage : le combat glaçant de son père

C’était en 2017. Un simple morceau de fromage, mangé par un petit garçon de 4 ans en Italie, comme des millions d’enfants le font chaque jour. Personne n’imaginait alors que ce goûter allait plonger toute une famille dans un cauchemar de neuf ans.
Mattia Maestri est mort après avoir passé la quasi-totalité de son enfance dans un état végétatif irréversible. Son père s’est battu pendant près d’une décennie pour comprendre ce qui s’était vraiment passé, et surtout pour éviter que ça n’arrive à d’autres familles.
Un goûter d’enfant qui a tout changé
Le 5 juin 2017, dans le Trentin, région montagneuse du nord de l’Italie, le petit Mattia Maestri déguste un morceau de « Due Laghi », un fromage de montagne au lait cru très populaire dans la région. Il a alors 4 ans. Rien ne laisse présager le drame qui va suivre dans les heures qui viennent.
Très vite, l’enfant tombe gravement malade. Ses parents l’emmènent aux urgences, où ils se heurtent d’abord à un pédiatre qui refuse de l’examiner. Un retard qui va s’avérer terrible, un peu à l’image de ces situations où un système censé protéger laisse passer l’urgence. L’état de Mattia se dégrade en quelques heures seulement.
Le petit garçon devient paralysé, aveugle, puis épileptique. Il finit par tomber dans un état végétatif dont il ne sortira jamais. Les médecins découvrent alors qu’il a développé un syndrome hémolytique et urémique (SHU), une complication rare mais redoutable causée par certaines souches de la bactérie E. coli. Ce genre de récit rappelle à quel point la vigilance médicale reste un enjeu de santé publique majeur en 2026.
La bataille judiciaire de son père contre le producteur
Giovanni Battista Maestri, le père de Mattia, refuse d’accepter le silence. Il engage une bataille judiciaire longue et éprouvante contre le producteur du fromage responsable de la contamination.
Les enquêteurs finissent par établir formellement le lien : une contamination à E. coli est bel et bien relevée dans l’usine où le « Due Laghi » était fabriqué. La preuve scientifique est là, implacable, mais la sanction judiciaire, elle, va laisser un goût amer.
Le fromager est condamné à une amende de seulement 2 478 euros, la peine maximale prévue par le Code pénal italien pour ce type d’infraction. Une sentence dérisoire au regard du drame vécu par la famille, qui provoque un véritable scandale dans tout le pays, un peu comme certains constats officiels glaçants qui choquent l’opinion publique.
Face à cette injustice, Giovanni Battista Maestri refuse toute compensation financière. Il choisit une autre voie : fonder une association pour sensibiliser le grand public aux dangers du lait cru, notamment chez les jeunes enfants dont le système immunitaire est plus fragile face à des risques invisibles trop souvent sous-estimés.

Neuf ans de combat, une annonce qui bouleverse l’Italie
« Nous n’avons plus de vie. Je n’ai pas connu le bonheur depuis sept ans », confiait le père en 2024 dans une interview accordée à TGCOM24. Une phrase glaçante qui résumait à elle seule l’ampleur de son sacrifice quotidien.
« Je mène ce combat pour sauver d’autres enfants. Mon fils en a déjà sauvé et en sauvera d’autres », ajoutait-il, refusant de céder au désespoir malgré l’épuisement.
C’est finalement Giovanni Battista Maestri lui-même qui a annoncé la mort de son fils au Corriere della Sera. « Notre Mattia nous a quittés, et en son nom, je vous remercie de nous avoir aidés à apaiser sa douleur », a-t-il écrit, mettant fin à neuf années de lutte acharnée.
Son message va bien au-delà du deuil personnel. « Le fromage au lait cru ne devrait pas être donné aux enfants et son étiquetage devrait être clair. Aucune famille ne devrait avoir à vivre ce que nous vivons », insistait-il encore récemment, réclamant une véritable prise de conscience collective sur ces produits vendus partout, souvent sans aucune mise en garde suffisante.
L’histoire de Mattia Maestri restera comme celle d’un enfant devenu, sans l’avoir choisi, le visage d’un combat pour la sécurité alimentaire des plus petits. Son père continue son association, convaincu que la mémoire de son fils peut encore sauver des vies. Reste une question qui dépasse les frontières italiennes : nos étiquettes préviennent-elles vraiment assez clairement des risques liés au lait cru ?