Une corde à sauter pour ligoter un élève de 9 ans sur sa chaise : cette enseignante d’Avignon visée par une plainte

Un enfant de 9 ans ligoté sur sa chaise en pleine classe, avec une corde à sauter. Ce n’est pas un récit d’un autre siècle : c’est ce dont est accusée une enseignante d’Avignon, en mai 2026. Une plainte a été déposée, une enquête est ouverte, et les familles du quartier Courtine sont sous le choc.
École Courtine à Avignon : ce qu’il se serait passé le 18 mai
Les faits remonteraient au dimanche 18 mai 2026, juste après la pause déjeuner. Selon les informations révélées par ICI Vaucluse, l’institutrice de cette école du quartier Courtine aurait estimé qu’un de ses élèves de CE2, âgé de 9 ans, était trop agité pour rester en place.
Sa réponse présumée dépasse l’entendement. Elle aurait attrapé une corde à sauter et l’aurait utilisée pour attacher l’enfant à sa chaise, devant toute la classe. Un geste que rien ne peut justifier dans le cadre scolaire, et qui pose la question des droits fondamentaux des élèves face à l’autorité d’un adulte.
Dès le lendemain, le 19 mai, la mère de l’enfant a déposé plainte. Elle dénonce des violences, des humiliations, mais aussi des propos racistes qui auraient été tenus par l’enseignante. Ces accusations alourdissent considérablement le dossier, dans un contexte où les signalements de maltraitance en milieu scolaire restent encore trop souvent minimisés ou traités tardivement.
Depuis, une enquête de police a été ouverte. Des auditions de témoins — vraisemblablement d’autres élèves et membres du personnel — sont en cours. Mais ce qui s’est joué dans cette salle de classe résonne bien au-delà des murs de l’école.
Enquête ouverte, enseignante écartée : la direction académique réagit
La direction académique du Vaucluse a confirmé avoir reçu un signalement. L’enseignante a été auditionnée par les services académiques. Elle n’a pas réintégré sa classe depuis les faits. Cette mise à l’écart, même si elle ne constitue pas une sanction définitive, envoie un signal clair.
Du côté de la famille, les conséquences sont immédiates et lourdes. L’élève concerné ainsi que ses trois sœurs ont été retirés de l’établissement. Ils sont désormais scolarisés dans une autre école. Un déracinement brutal pour des enfants qui n’ont rien demandé, et qui rappelle d’autres affaires où les victimes paient le prix fort d’une situation qu’elles n’ont pas provoquée.
Le mot « violences » est central dans la plainte. Attacher physiquement un enfant à du mobilier scolaire, c’est une atteinte à son intégrité physique. Le qualifier de « turbulent » ne change rien à la gravité du geste. On parle d’un élève de CE2, pas d’un adulte en pleine crise.
Et puis il y a l’humiliation. Être ligoté devant ses camarades à 9 ans, c’est une scène qui peut marquer une vie entière. On sait aujourd’hui, et les chercheurs le confirment, que les traumatismes de l’enfance ont des répercussions durables sur le développement émotionnel.

Un rassemblement prévu à Avignon : « Nous exigeons des réponses »
Face à l’indignation, l’association Les Résiliantes a décidé de ne pas laisser cette affaire retomber dans le silence. Le collectif appelle à un rassemblement de soutien ce jeudi à 19 heures, devant la direction académique, rue Thiers à Avignon.
Leur message est sans ambiguïté. Les Résiliantes exigent « des réponses » de la part de l’institution scolaire. Mais aussi « des mesures de protection immédiates pour les enfants concernés ». Pas dans trois mois. Pas après un énième rapport interne. Maintenant.
Car ce qui inquiète, au-delà du geste lui-même, c’est la question systémique. Comment un tel acte a-t-il pu se produire sans que personne n’intervienne sur le moment ? Les autres adultes présents dans l’école étaient-ils au courant ? L’enfant avait-il déjà été signalé comme victime de traitements inappropriés ?
L’enquête de police devra répondre à toutes ces questions. Les auditions en cours permettront de croiser les témoignages et d’établir précisément ce qui s’est passé dans cette salle de classe du quartier Courtine.
Un enfant de 9 ans, une corde à sauter, une chaise. Trois objets du quotidien scolaire qui, assemblés de cette manière, dessinent un récit glaçant. Et si cette affaire d’Avignon révélait un angle mort bien plus large dans la manière dont certains établissements gèrent les élèves dits « difficiles » ?