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« Je me suis dit qu’on mourrait ensemble » : l’épouse du passager aspiré du Ryanair raconte

Publié par Cassandre le 18 Juil 2026 à 9:32

Elle était assise à quelques rangs de lui. Elle a tout vu, tout entendu, tout vécu depuis son siège, impuissante, pendant que son mari se retrouvait à moitié aspiré hors de l’avion par un hublot soufflé en plein vol.

Ce jour-là, sur ce vol Ryanair, elle a cru perdre l’homme avec qui elle partage sa vie. Aujourd’hui, elle raconte. Pas les faits techniques, pas l’enquête, pas les explications de la compagnie. Juste ce qu’elle a ressenti, seconde par seconde, dans ce siège d’où elle ne pouvait rien faire.

Le bruit qui a tout changé

« On était en train de discuter tranquillement, et puis il y a eu ce bruit. Comme une explosion sourde », se souvient-elle. En une fraction de seconde, la cabine a basculé dans le chaos.

Le hublot venait de céder. L’air s’est engouffré avec une violence qu’elle n’avait jamais imaginée possible, même après des années à prendre l’avion sans y penser deux fois.

« J’ai vu les objets voler, les masques à oxygène tomber, et puis j’ai compris que quelque chose de grave se passait près de lui. » Son mari, lui, se trouvait juste à côté de la brèche.

Cabine d'avion en pleine panique après l'incident du hublot

« J’ai vu son corps à moitié dehors »

C’est l’image qui la hante encore. Son mari, âgé de 61 ans, aspiré par la dépression soudaine, à moitié hors de l’appareil, retenu seulement par sa ceinture et les mains d’autres passagers accourus.

« J’ai vu son corps à moitié dehors, ses jambes qui battaient dans le vide. Je n’arrivais même pas à crier, j’étais tétanisée. » Le temps, dit-elle, s’est comme figé.

Autour d’elle, des cris, des prières, des mains tendues vers lui pour le retenir. Elle, à quelques mètres, ne pouvait qu’assister à la scène, prisonnière de sa propre ceinture de sécurité.

« Je me suis dit qu’on mourrait ensemble »

C’est la phrase qui résume tout. Dans cet instant suspendu, elle n’a pas pensé à l’atterrissage, ni aux secours, ni à la suite. Elle a pensé à la fin.

« Je me suis dit qu’on mourrait ensemble, là, dans cet avion. Je me disais que si lui partait, je ne pourrais pas continuer sans lui. » Une pensée brute, sans filtre, celle d’une femme qui voit son couple menacé de disparaître d’un coup.

Elle décrit une sidération totale, un corps qui ne répond plus, une tête qui tourne en boucle sur les mêmes images. « Je n’arrivais plus à respirer normalement moi-même. »

Femme tenant la main de son mari dans l'avion, visage marqué par la peur

Les minutes qui n’en finissaient pas

Une fois son mari ramené à l’intérieur par d’autres passagers, rien n’était réglé. L’avion devait encore rejoindre le sol, dans une cabine dépressurisée et des visages marqués par la peur.

« Ces minutes-là ont duré une éternité. Je le regardais, je lui parlais, je voulais juste qu’il reste conscient, qu’il reste avec moi. » Elle raconte avoir tenu sa main jusqu’à l’atterrissage, sans lâcher un instant.

Le personnel de bord, elle le reconnaît, a tenté de rassurer les passagers du mieux possible. Mais dans ce genre de situation, aucune annonce au micro ne peut vraiment apaiser une épouse qui vient de croire perdre son mari.

L’après, plus difficile qu’elle ne l’imaginait

Depuis, le couple tente de reprendre une vie normale. Mais les images reviennent, la nuit surtout, quand le silence laisse remonter le souvenir du bruit et des cris.

« On a survécu, tous les deux, mais quelque chose a changé. Je regarde les avions différemment maintenant. » Elle évoque une vigilance nouvelle, presque instinctive, à chaque vol.

Son témoignage rejoint d’autres récits similaires, comme celui de cet homme aspiré par un réacteur dans un aéroport, rappel glaçant que ces incidents, bien que rares, laissent des traces profondes chez ceux qui les vivent de près.

Voler autrement, après ça

Elle ne dit pas qu’elle ne reprendra plus l’avion. Elle dit qu’elle le fera différemment, en observant tout, en écoutant les consignes avec une attention qu’elle n’avait jamais eue avant.

Certains experts recommandent d’ailleurs de bien choisir le siège le plus sûr pour limiter les risques en cas d’incident. Une information qu’elle regrette de ne pas avoir eue avant ce vol-là.

Pour elle, l’essentiel reste ailleurs. Pas dans les statistiques rassurantes de l’aviation, mais dans ce moment où elle a cru que tout s’arrêtait, main dans la main avec l’homme qu’elle aime, à des milliers de mètres d’altitude.

Ryanair a depuis pris plusieurs mesures pour rassurer ses passagers, comme la suppression de certains frais ou la gestion d’autres incidents en vol, à l’image de cette passagère incommodée par une odeur suspecte. Mais pour cette épouse, aucune mesure ne pourra jamais effacer ce qu’elle a ressenti ce jour-là, assise à quelques rangs de l’homme qu’elle a failli perdre.

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