« À contrecœur » : Ryanair supprime le frais que des millions de parents payaient pour s’asseoir à côté de leurs enfants
Voyager en famille avec Ryanair, c’était accepter de payer un supplément rien que pour être assis à côté de ses propres enfants. La compagnie irlandaise vient d’annoncer la fin de cette pratique controversée. Mais la déclaration de son patron laisse un arrière-goût assez savoureux.
9,28 € par trajet : le prix pour s’asseoir à côté de son enfant
Jusqu’à cette semaine, Ryanair imposait aux parents de réserver un siège familial payant pour s’asseoir à côté de leurs enfants âgés de 2 à 11 ans. Le tarif : 9,28 euros par trajet et par personne. Pour une famille de quatre sur un aller-retour, le calcul monte vite.

La compagnie justifiait cette règle par des raisons de sécurité. Les enfants de 2 à 11 ans devaient obligatoirement être placés à côté d’un adulte accompagnant. Les bébés de 8 jours à 23 mois, eux, voyageaient sur les genoux d’un adulte.
Sauf que cette exigence de sécurité avait un prix. Et ce prix, seule Ryanair l’imposait. Aucune autre compagnie au Royaume-Uni ne facturait ce type de frais supplémentaires aux familles. Un détail qui n’a pas échappé aux régulateurs européens.
Michael O’Leary cède, mais pas sans faire savoir ce qu’il en pense
Ce jeudi 25 juin, Ryanair a officiellement annoncé la suppression de ce supplément. Les parents pourront désormais réserver des sièges côte à côte gratuitement. Fin de l’histoire ? Pas tout à fait.

C’est la déclaration de Michael O’Leary, le directeur général de Ryanair, qui vaut le détour. Dans son communiqué, il lâche : « Nous nous plierons à contrecœur à cette norme sectorielle, car nous ne voulons pas perdre de temps à expliquer à des régulateurs mal informés à quel point ils se méprennent. »
Autrement dit : on cède, mais on vous fait bien comprendre qu’on n’est pas d’accord. Du pur O’Leary, fidèle à sa réputation de patron provocateur qui ne mâche jamais ses mots. L’homme avait déjà fait parler de lui en suggérant d’interdire l’alcool dans les aéroports le matin.
Cette décision s’inscrit dans un mouvement plus large. L’Europe a récemment voté de nouvelles règles pour les compagnies aériennes, notamment sur la question du bagage cabine gratuit en low cost. Ryanair n’avait plus vraiment le choix.
La condition cachée derrière la gratuité
Gratuit, oui. Mais il y a un « mais » que beaucoup de parents risquent de découvrir au moment de l’embarquement. Les familles qui bénéficieront de sièges gratuits n’auront aucun choix sur leur emplacement dans l’avion.
Concrètement, les sièges seront attribués de manière aléatoire après l’enregistrement. Ryanair précise que les familles seront « informées de l’attribution de leur siège gratuit après leur enregistrement ». Traduction : vous saurez où vous êtes assis quand ce sera fait.
Et dans la pratique, cela signifie souvent un placement à l’arrière de l’appareil. Les premières rangées sont généralement réservées aux passagers qui paient un supplément pour choisir leur siège. Les familles avec enfants se retrouveront donc probablement dans les dernières allées.
Pour ceux qui veulent absolument s’installer à l’avant ou choisir un emplacement précis, l’option existe toujours. Mais elle reste payante. La suppression du frais ne concerne que l’attribution aléatoire de sièges côte à côte. Si vous voulez contrôler où vous êtes, il faudra encore sortir la carte bleue.
Ce que ça change vraiment pour les familles cet été
Pour les parents qui réservent un vol Ryanair cet été, l’économie est réelle. Sur un aller-retour pour deux adultes et deux enfants, ce sont environ 37 euros de moins sur la note finale. Pas une fortune, mais sur un billet low cost à 30 euros, ça représente un pourcentage non négligeable.
Le timing n’est pas anodin non plus. La compagnie fait cette annonce en pleine période de réservation estivale, alors que le secteur aérien traverse une crise liée au prix du kérosène. Plusieurs compagnies suppriment des vols et augmentent leurs tarifs. Ryanair, en supprimant un frais impopulaire, s’offre une communication positive à peu de frais.
Pour les voyageurs réguliers, le conseil reste le même : bien vérifier les droits des passagers avant chaque réservation. Et penser à investir dans un sac à dos aux dimensions cabine pour éviter d’autres suppléments. Parce que chez Ryanair, quand un frais disparaît, il y en a toujours d’autres qui veillent au grain.
Quant à savoir si Michael O’Leary trouvera un nouveau moyen de facturer les familles, connaissant le personnage, la question n’est pas « si » mais « quand ». En attendant, profitez-en.