Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Faits divers

Cette femme de 37 ans s’est fait adopter en se faisant passer pour une enfant autiste de 12 ans pendant 14 mois

Publié par Elsa Fanjul le 08 Juin 2026 à 6:21
Cette femme de 37 ans s'est fait adopter en se faisant passer pour une enfant autiste de 12 ans pendant 14 mois

Imaginez découvrir que l’enfant que vous avez accueilli, nourri, aimé pendant plus d’un an… est en réalité une femme de 37 ans. C’est le cauchemar qu’a vécu une famille brésilienne, victime d’une supercherie aussi invraisemblable que terrifiante. L’arnaqueuse avait poussé le vice jusqu’à boire au biberon, utiliser une tétine et simuler des terreurs nocturnes.

Une « fillette » apparaît dans une église du Brésil et bouleverse toute une communauté

Tout commence dans une église de Joinville, dans l’État de Santa Catarina, au sud du Brésil. Une jeune femme se présente au pasteur sous le prénom de Gabriela. Elle raconte être une enfant de 12 ans en fuite, échappée d’un foyer violent dans l’État du Pará, à des milliers de kilomètres de là.

La congrégation ne doute pas une seconde. Les fidèles commencent à la soutenir financièrement et la mettent en contact avec une famille locale. Cette famille, touchée par son histoire, décide de l’accueillir chez elle. L’attachement grandit, jour après jour.

Amanda Maria Souza de Oliveira — c’est son vrai nom — joue son rôle avec une précision chirurgicale. Elle dort avec un doudou, parle comme une petite fille, simule des crises nocturnes. La famille lance même une procédure d’adoption officielle.

Pendant 14 mois, personne ne soupçonne rien. La famille paie ses médicaments, organise sa vie quotidienne, et prépare même une fête pour son douzième anniversaire. Un anniversaire totalement fictif, bien sûr. Car la « petite Gabriela » avait en réalité 37 ans bien tassés.

Biberon, tétine et plus de 200 aiguilles dans le corps : l’arsenal glaçant de l’arnaqueuse

Comment une femme approchant la quarantaine peut-elle se faire passer pour une enfant ? Oliveira avait une explication toute prête. Elle affirmait que les violences subies et des traitements hormonaux forcés durant son enfance avaient accéléré son vieillissement. Et les familles la croyaient.

Ce n’était pas sa première arnaque. Bien avant Joinville, elle avait contacté une bénévole à Rio de Janeiro en 2023 via les réseaux sociaux, prétendant que son père l’avait forcée à se prostituer. Quand elle s’était présentée en personne, la bénévole avait vu une adolescente en surpoids, apparemment autiste, au comportement infantile.

Mais l’épisode le plus sidérant s’est produit lors d’un examen médical. Des aiguilles dépassaient de sous sa peau. Les bénévoles, horrifiés, ont organisé une imagerie. Le résultat a stupéfié les médecins : plus de 200 aiguilles étaient enfoncées dans son corps.

À lire aussi

Elle se les était plantées elle-même pour rendre ses récits d’abus plus crédibles. Le médecin qui l’a examinée a déclaré n’avoir jamais rien vu de comparable en des années de carrière. Après cette découverte, Oliveira a pris la fuite et a recommencé ailleurs, dans d’autres États.

Objets saisis par la police : biberon, tétine et doudou sur une table

Sept États, des dizaines de victimes : la chute d’une escroc en série qui dupait églises et familles

La supercherie a finalement volé en éclats grâce à un proche de la famille d’accueil. Pris d’un doute, ce membre de la famille a cherché sur Internet des cas similaires. En quelques clics, il a découvert qu’Oliveira était fichée pour des arnaques quasi identiques dans au moins sept États brésiliens.

La police a été appelée et a arrêté Oliveira au domicile familial le 3 juin. En garde à vue, elle a tout avoué. Chaque fois, le schéma était le même : elle se présentait comme une enfant ayant fui la maltraitance, le trafic sexuel ou même des sectes religieuses.

Elle changeait de prénom, inventait de nouvelles histoires, imitait un comportement enfantin pour attendrir familles, églises et travailleurs sociaux. Son objectif : obtenir un hébergement et un soutien financier. Elle avait d’ailleurs déjà été condamnée pour usurpation d’identité dans l’État de Goiás, une peine qu’elle n’avait jamais purgée.

Inculpée pour fraude et usurpation d’identité, Amanda Oliveira est actuellement détenue à la prison pour femmes de Joinville en attente de son procès. Un juge a ordonné une expertise psychiatrique, sa défense estimant qu’elle pourrait ne pas être pleinement responsable de ses actes en raison de son état mental.

« Je lui ai donné de l’affection, de l’amour, de la nourriture. Il m’était impossible de soupçonner quoi que ce soit », a confié un membre de la famille piégée. Une phrase qui résume toute la cruauté de cette affaire : Oliveira n’a pas volé de l’argent. Elle a volé de l’amour.

Et ça, c’est peut-être le pire de tout. Jusqu’où peut aller la manipulation quand elle exploite ce qu’il y a de meilleur chez les gens ?

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *