Emportées par le courant, 3 ados frôlent la noyade… une fillette de 12 ans refuse de lâcher prise

Trois adolescentes emportées par le courant, une crise d’épilepsie en pleine mer, et une gamine de 12 ans qui refuse de lâcher son amie. Le 28 mai dernier, sur une plage du nord du pays de Galles, Tamika Hezzell a accompli un geste que des adultes n’auraient peut-être pas osé. Sa mère, elle, n’arrive toujours pas à y croire.
Trois ados happées par les vagues à Abergele : ce qui s’est passé le 28 mai
Ce jour-là, Tamika Hezzell, sa camarade Sofia-Ann McKenna, 14 ans, et leur amie Ruby Wilkins décident de se baigner sur la plage de Pensarn, à Abergele. La côte nord du pays de Galles est connue pour ses courants imprévisibles. En quelques minutes, les trois filles sont entraînées vers le large.
La situation bascule quand Sofia-Ann, épileptique, est saisie par une violente crise en pleine eau. Son corps se raidit, elle disparaît sous la surface. L’eau est froide, les vagues fortes, et il n’y a aucun adulte à proximité capable d’intervenir immédiatement.
À 12 ans, la plupart des enfants paniquent. Tamika, elle, agit. Elle repère son amie, fend les vagues, et l’attrape par les cheveux — le seul point de prise possible. Elle la hisse sur son épaule et commence à nager vers le rivage, mètre après mètre, contre le courant. On parle d’une enfant qui n’a même pas encore l’âge d’entrer au lycée.
La scène dure de longues minutes. Tamika se cogne les jambes contre des rochers sous-marins, avale de l’eau salée, mais ne lâche pas. Sa mère Shantika racontera plus tard que sa fille avait été « entraînée sous l’eau elle aussi », sans jamais perdre de vue Sofia-Ann.
« Si Tamika n’avait pas été là, elle ne serait plus là » : un sauvetage à mains nues
Une fois en eau peu profonde, un passant prend le relais et pratique un massage cardiaque sur Sofia-Ann. Les garde-côtes, la police et les ambulanciers débarquent dans la foulée. Les trois adolescentes sont transportées à l’hôpital. Mais le cauchemar ne s’arrête pas là.
Dans l’ambulance, Sofia-Ann subit de nouvelles crises d’épilepsie. La cause exacte de cet enchaînement reste en cours d’investigation médicale. L’adolescente finira par rentrer chez elle, épuisée mais vivante. Sa mère, bouleversée par ce qu’elle a appris, ne mâche pas ses mots.
Elle qualifie Tamika de « petite héroïne » et confie à la presse locale : « Si Tamika n’avait pas sorti Sofia de l’eau en la mettant sur le dos, elle ne serait plus là aujourd’hui. » Un constat glaçant, confirmé par les secouristes arrivés sur place.
De son côté, Tamika garde des séquelles physiques de l’épisode. Ses jambes portent les marques des rochers, et un violent mal de gorge causé par l’eau de mer avalée l’a handicapée pendant plusieurs jours. Rien de comparable avec ce qui aurait pu arriver à son amie.

Le choc d’après : entre fierté et traumatisme, une famille qui digère l’impossible
Quand un enfant traverse l’impensable, ce sont souvent les parents qui s’effondrent après coup. Shantika, la mère de Tamika, parle d’un « véritable choc ». Elle confie repenser sans cesse à cette journée, incapable de chasser les images de sa fille luttant contre les vagues.
« Ma plus grande peur, c’est la noyade », avoue-t-elle. Elle ajoute, lucide, que Tamika ne voudra probablement pas retourner à la plage « avant longtemps ». L’héroïsme a un prix, et à 12 ans, on n’a pas forcément les outils pour digérer un tel traumatisme.
Mais la fierté l’emporte. Shantika trouve sa fille « très courageuse ». La mère de Sofia-Ann lui a confié directement que sans Tamika, elle pensait que sa fille serait morte ce jour-là. Quand on a 12 ans et qu’on entend ces mots, ça change une vie entière.
Le récit, rapporté par la BBC et North Wales Live, a ému des milliers de personnes au Royaume-Uni. Tamika n’a reçu aucune formation de secourisme. Juste un instinct, un refus de lâcher, et un courage que beaucoup d’adultes aimeraient avoir.
À 12 ans, Tamika Hezzell a fait ce que personne n’aurait osé lui demander : plonger dans le chaos pour en ramener son amie. Parfois, les vrais héros n’ont même pas l’âge de voter. Et vous, sauriez-vous quoi faire si un proche faisait une crise en pleine eau ?