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Il lèche une paille et la remet dans un distributeur à Singapour : ce Français de 18 ans risque deux ans de prison

Publié par Cassandre le 27 Avr 2026 à 17:40
Il lèche une paille et la remet dans un distributeur à Singapour : ce Français de 18 ans risque deux ans de prison

Un geste de quelques secondes, filmé et posté sur Instagram. Une paille léchée, remise dans un distributeur de jus de fruits. À Paris, ça vaudrait peut-être un haussement de sourcils. À Singapour, ça vaut une inculpation, deux chefs d’accusation et une audience prévue le 22 mai. Didier Gaspard Owen Maximilien, Français de 18 ans titulaire d’un visa étudiant, est en train de découvrir à ses dépens que la cité-État ne plaisante pas avec l’ordre public.

Distributeur automatique de jus de fruits à Singapour

Un « prank » Instagram qui tourne au cauchemar judiciaire

Rue propre et immeubles modernes à Singapour

Les faits remontent au 12 mars 2026. Ce jour-là, le jeune homme se filme en train de lécher une paille, puis de la replacer tranquillement dans un distributeur automatique de la marque iJooz, très populaire à Singapour. Le genre de vidéo qu’on voit passer sur les réseaux sans trop y réfléchir. Sauf qu’il la publie sur Instagram, visiblement convaincu que ça ferait rire ses abonnés.

Les documents judiciaires publiés le 27 avril 2026 sont sans ambiguïté : les autorités estiment qu’il savait que son geste « causerait ou risquerait de causer un désagrément au public ». Premier chef d’accusation : atteinte à l’ordre public. Peine encourue : trois mois de prison et une amende. Ce n’est pas la première fois qu’un ressortissant français découvre la sévérité de la justice à l’étranger — on se souvient de ce Français exécuté en Chine après 21 ans dans le couloir de la mort.

Mais ce qui semblait n’être qu’une bêtise d’ado s’est vite transformé en affaire sérieuse. Et le deuxième chef d’accusation est nettement plus lourd.

Remplacement de pailles dans un distributeur automatique

500 pailles remplacées et une entreprise qui porte plainte

iJooz, l’entreprise qui exploite le distributeur, n’a pas du tout pris la chose à la légère. Après la diffusion de la vidéo, l’exploitant a dû remplacer les 500 pailles contenues dans la machine concernée. Une mesure de précaution sanitaire, certes, mais aussi un préjudice concret que la justice singapourienne a pris en compte.

Résultat : un second chef d’accusation pour « trouble ayant causé une perte ou des dégâts injustifiés » à l’entreprise. Cette fois, la peine maximale grimpe à deux ans de prison, en plus d’une amende. On est très loin du simple rappel à l’ordre. À Singapour, même mâcher un chewing-gum peut coûter très cher — le pays est connu pour appliquer des sanctions parmi les plus strictes au monde en matière de comportement en public.

Le jeune Français n’a sans doute pas mesuré l’écart entre ce qu’on tolère en France et ce qui relève du délit dans cette cité-État de six millions d’habitants. Mais la viralité de sa vidéo a rendu tout retour en arrière impossible.

Une vidéo virale qui a « choqué » Singapour

Selon le quotidien singapourien The Straits Times, la vidéo « est rapidement devenue virale, choquant et inquiétant les internautes ». Dans un pays où la propreté et l’hygiène publique sont quasiment érigées en valeurs nationales, le geste a été perçu comme une provocation.

Il faut comprendre le contexte. Singapour interdit la vente de chewing-gums depuis 1992. Jeter un mégot par terre peut entraîner une amende de 1 000 dollars singapouriens (environ 680 euros). Cracher dans la rue, même sanction. Le pays applique encore la peine du bâton pour certains actes de vandalisme. En 1994, un adolescent américain, Michael Fay, avait été condamné à quatre coups de bâton pour avoir vandalisé des voitures — malgré l’intervention diplomatique de Bill Clinton.

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Dans ce contexte, un étranger qui contamine volontairement un distributeur alimentaire et s’en vante sur les réseaux sociaux touche un point ultrasensible. D’autant que les Français arrêtés à l’étranger pour des vidéos imprudentes ne sont plus des cas isolés.

Un visa étudiant qui pourrait ne pas survivre à l’affaire

Didier Gaspard Owen Maximilien dispose d’un visa étudiant à Singapour. On ignore encore dans quel établissement il est inscrit, mais une condamnation pénale pourrait logiquement entraîner la révocation de ce visa et une expulsion du territoire. Ce serait la conséquence administrative, en plus de la sanction judiciaire.

L’audience est fixée au 22 mai 2026. D’ici là, le jeune homme devra préparer sa défense dans un système judiciaire qui n’a rien à voir avec celui qu’il connaît en France. À Singapour, le taux de condamnation dans les affaires pénales dépasse les 95 %. Les juges y sont réputés pour leur sévérité, et les circonstances atténuantes liées à l’âge ou à la naïveté ne pèsent pas lourd face à la loi.

Son cas rappelle celui de ce touriste bloqué au Sri Lanka après un accident : à l’étranger, les ennuis peuvent surgir en quelques heures et devenir inextricables. La différence ici, c’est que le geste était parfaitement volontaire — et documenté.

Le « prank » alimentaire, un phénomène qui coûte de plus en plus cher

Ce type de vidéo n’est pas nouveau. Aux États-Unis, une femme avait été condamnée en 2019 après avoir léché un pot de glace Blue Bell et l’avoir remis en rayon. En France, des vidéos similaires circulent régulièrement sur TikTok, souvent sans conséquences judiciaires. Mais Singapour applique une logique simple : si vous contaminez un produit destiné au public et que vous le filmez pour le diffuser, c’est un acte délibéré qui met en danger la santé publique.

La cité-État a d’ailleurs renforcé son arsenal législatif ces dernières années contre les « nuisances numériques » — ces comportements antisociaux amplifiés par les réseaux. Poster une vidéo de soi en train de commettre une infraction y est considéré comme une circonstance aggravante, pas atténuante. L’intention de « buzzer » prouve la conscience du caractère nuisible de l’acte.

Pour le jeune Français, la leçon est brutale. Un geste de trois secondes, une story Instagram, et potentiellement deux ans derrière les barreaux dans l’un des pays les plus stricts de la planète. Comme quoi, les mésaventures à l’étranger ne nécessitent pas toujours un passeport falsifié ou un faux pas diplomatique. Parfois, une paille suffit.

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