Mexique : un tireur ouvre le feu depuis une pyramide vieille de 2000 ans sur des dizaines de touristes
Ce lundi 20 avril, en pleine matinée, le site archéologique de Teotihuacan au Mexique a été le théâtre d’une scène de cauchemar. Un homme de 27 ans a escaladé la Pyramide de la Lune, l’un des monuments les plus visités du pays, avant d’ouvrir le feu sur la foule de touristes en contrebas. Le bilan est lourd : une morte et treize blessés, dont la plus jeune victime n’a que 6 ans.
11h30, un monument millénaire transformé en piège
Teotihuacan, à une cinquantaine de kilomètres de Mexico, attire chaque année des millions de visiteurs venus admirer ses pyramides édifiées il y a plus de 2000 ans. Ce lundi, vers 11h30 heure locale, des centaines de touristes se trouvaient au pied de la Pyramide de la Lune quand un jeune homme a commencé à gravir l’édifice. Personne n’a compris immédiatement ce qui se passait.

L’homme, portant un masque noir, s’est positionné à mi-hauteur de la structure. Depuis ce point surélevé, il disposait d’une vue dégagée sur la foule en contrebas. Les premiers coups de feu ont déclenché une panique immédiate. Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux montrent le tireur, arme à la main, arpentant les marches du monument pendant que des visiteurs tentent de fuir dans toutes les directions.
Plusieurs touristes ont sauté depuis la pyramide pour échapper aux balles. Des familles entières ont couru à travers le site archéologique, cherchant un abri derrière les vestiges de cette cité précolombienne. Un site historique devenu en quelques secondes un terrain de terreur.
« Il prenait des gens en otages »
Laura Torres, une témoin directe du drame, a livré un récit glaçant au média mexicain N+ Noticias. « J’ai vu l’homme qui tirait en haut de la pyramide et oui, il y avait beaucoup de monde, il prenait des gens en otages », a-t-elle confié. Son témoignage confirme ce que les images montrent : le tireur ne se contentait pas de faire feu au hasard, il retenait également des personnes près de lui sur les marches du monument.
La position surélevée du tireur rendait toute intervention extrêmement complexe. Perché sur un édifice de pierre à ciel ouvert, il dominait la foule et pouvait viser dans toutes les directions. Les forces de l’ordre, alertées immédiatement, ont dû composer avec un terrain sans équivalent : une pyramide millénaire bondée de civils paniqués.

Ce type de configuration — un tireur en position haute dans un espace ouvert et bondé — est le scénario redouté par tous les spécialistes de la sécurité. Mais personne ne l’avait anticipé sur un monument archéologique. Et le bilan allait s’avérer particulièrement lourd.
Une touriste canadienne tuée, treize personnes blessées
Parmi les victimes, une jeune touriste canadienne a été tuée par les tirs. Treize autres personnes ont été blessées, selon les autorités mexicaines. Sept d’entre elles ont été touchées par balle, les autres ayant été blessées dans la panique générale — chutes depuis la pyramide, bousculades, piétinements.
Le profil des victimes donne la mesure de la violence aveugle de l’attaque : la plus jeune a 6 ans, la plus âgée 61 ans. Des familles venues découvrir l’un des joyaux archéologiques du continent américain se sont retrouvées prises au piège, sans aucun moyen de se mettre à couvert sur ce site à ciel ouvert. Ce drame survenu en plein jour dans un lieu aussi fréquenté constitue un événement sans précédent au Mexique.
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Les blessés ont été évacués vers plusieurs hôpitaux de la région. Aucune information n’a filtré sur la nationalité des autres victimes ni sur leur état de santé précis. Ce que l’on sait, en revanche, c’est comment l’attaque s’est terminée.
Le tireur identifié, retrouvé mort sur le monument
Les autorités mexicaines ont rapidement identifié l’auteur des coups de feu : Julio Cesar Jasso, un Mexicain de 27 ans. Après avoir tiré sur la foule et retenu des personnes en otage, il a retourné l’arme contre lui. Son corps a été retrouvé sur la pyramide, accompagné d’une arme à feu, d’un couteau et de munitions.

La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a réagi rapidement sur le réseau social X. Elle a indiqué avoir demandé au cabinet de sécurité du pays d’« enquêter minutieusement » sur cet incident. À ce stade, le mobile du tireur reste totalement inconnu. Aucune revendication n’a été publiée, aucun lien avec le crime organisé n’a été établi par les enquêteurs.
Cette absence de motif apparent rend l’événement d’autant plus déstabilisant. Le Mexique, bien que régulièrement touché par des violences liées aux cartels, n’avait jamais connu d’attaque de ce type dans un lieu touristique majeur. Les actes de violence spectaculaires y frappent généralement d’autres contextes.
Un précédent inédit pour le tourisme mexicain
Teotihuacan est le site archéologique le plus visité du Mexique après Chichén Itzá. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, il accueille entre 3 et 4 millions de visiteurs par an. La Pyramide de la Lune, avec ses 43 mètres de hauteur, est l’un des monuments les plus photographiés d’Amérique latine. Jusqu’à ce lundi, aucun incident sécuritaire majeur n’y avait été signalé.
C’est précisément ce qui rend cet événement si marquant. Le Mexique a consacré des efforts considérables pour sanctuariser ses sites archéologiques, les présentant comme des espaces préservés de la violence qui touche certaines régions du pays. Cette fusillade vient briser cette image et pose la question des contrôles d’accès sur des monuments ouverts, souvent dépourvus de dispositifs de sécurité comparables à ceux des aéroports ou des stades.
Reste à savoir ce que l’enquête révélera sur les motivations de Julio Cesar Jasso. Un homme de 27 ans, un masque noir, une arme, un couteau, des munitions — et un choix délibéré de frapper depuis le sommet d’une pyramide vieille de vingt siècles. Pour les touristes qui voyagent en Amérique du Nord, ce drame résonne comme un signal d’alerte brutal. Pour le Mexique, c’est un événement qui marquera durablement la mémoire de Teotihuacan.