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Afrique du Sud : deux fusillades font 27 morts en une nuit, la police traque les tireurs

Publié par Cassandre le 29 Sep 2026 à 7:48
Rue sud-africaine de nuit avec gyrophares de police au loin

Un bar, une petite épicerie, et deux nuits qui basculent dans l’horreur. En quelques heures à peine, l’Afrique du Sud a été frappée par deux fusillades distinctes qui ont fait au total 27 morts et 26 blessés. Des hommes armés, des vols au passage, des victimes prises au piège. La police cherche encore à identifier les tireurs, et ce que révèle l’enquête sur leurs méthodes glace le sang.

Un samedi soir ordinaire à Wedela, jusqu’à ce que tout dérape

Il est environ 21h30 ce samedi, à Wedela, une petite ville au sud-ouest de Johannesburg. Des clients discutent devant un bar, comme n’importe quel soir de week-end. Rien ne laisse présager ce qui va suivre.

Huit hommes armés de fusils AK-47 et de pistolets surgissent et ouvrent le feu sur les personnes présentes à l’extérieur de l’établissement. Puis ils entrent dans le bar et poursuivent leur attaque à l’intérieur, sans distinction.

Le bilan est lourd : 17 morts, treize hommes et quatre femmes, et 15 blessés par balles. Avant de fuir dans deux véhicules, les assaillants prennent le temps de fouiller certaines victimes et de leur voler leurs téléphones portables. Un détail glaçant, presque plus dérangeant que la violence elle-même : ces hommes n’étaient pas pressés.

Ce sang-froid n’est malheureusement pas isolé, comme le montre un autre fait divers survenu récemment en Afrique du Sud, où la ligne entre danger et fatalité s’était déjà brouillée.

Mais l’histoire de cette nuit tragique ne s’arrête pas à Wedela. À quelques centaines de kilomètres de là, un second scénario, presque identique, allait se répéter.

Quatre heures plus tard, un deuxième carnage près du Cap

Vers 1 heure du matin, dimanche, le drame se rejoue à Lwandle, près du Cap. Cette fois, la cible n’est pas un bar mais une petite épicerie de quartier, un commerce de proximité fréquenté par les habitants du coin.

Plusieurs hommes armés font irruption et tirent sur les personnes présentes. Le bilan s’élève à 10 morts et 11 blessés. La police sud-africaine n’a pour l’instant pas précisé combien d’assaillants étaient impliqués dans cette seconde attaque.

Aucune interpellation n’a été annoncée à ce stade, dans aucun des deux dossiers. Un groupe d’hommes a toutefois été identifié par les enquêteurs, qui cherchent désormais à établir son lien avec les fusillades. Deux attaques, deux villes différentes, la même nuit : coïncidence ou signe d’un mode opératoire qui se répète ?

C’est justement ce que l’enquête doit désormais déterminer, en remontant le fil d’une semaine déjà marquée par un autre drame similaire, cinq jours plus tôt.

Une semaine noire qui inquiète même un pays habitué à la violence

Car ces deux fusillades ne surgissent pas de nulle part. Cinq jours avant, le mardi soir, une fête organisée dans une maison de KwaMakhutha, près de Durban, avait déjà été le théâtre d’un carnage : plusieurs hommes armés y avaient tué 11 personnes, dont une femme enceinte. Là non plus, aucune interpellation n’a été communiquée.

Les enquêtes de ce type prennent souvent du temps à aboutir, mais la succession de ces trois attaques en une seule semaine a de quoi surprendre, même dans un pays qui affiche l’un des taux de criminalité violente les plus élevés au monde.

Selon la police sud-africaine, une partie de ces homicides serait liée à des bandes criminelles organisées. Les victimes appartiennent le plus souvent aux communautés les plus pauvres du pays. Et les experts locaux constatent une tendance nouvelle et préoccupante : les fusillades massives, impliquant plusieurs tireurs armés simultanément, deviendraient de plus en plus fréquentes. Reste à savoir ce que cela signifie pour la suite, et surtout comment l’État compte y répondre.

Policier sud-africain au regard grave lors d'une enquête

Pourquoi l’armée patrouille déjà dans les rues sud-africaines

Ces trois attaques ne sont pas des cas isolés dans l’histoire récente du pays. En juin déjà, une fusillade dans un quartier pauvre de Johannesburg avait fait 12 morts. En décembre, deux autres attaques survenues à seulement deux semaines d’écart avaient causé 21 décès supplémentaires.

Face à cette accumulation, le président Cyril Ramaphosa avait pris une décision radicale dès le mois de mars : le déploiement de militaires dans les rues, pour une durée d’un an, dans les zones les plus touchées par le crime organisé, notamment certains secteurs de Johannesburg et du Cap.

En annonçant cette mesure, le chef de l’État avait qualifié le crime organisé de plus grande menace pesant sur la démocratie et le développement économique du pays. Une déclaration forte, mais qui n’a pas convaincu tout le monde : certains observateurs y ont vu, au contraire, l’aveu implicite que la police peine à contenir seule la violence.

La police annonce désormais chercher à identifier les auteurs des deux dernières fusillades. Un groupe d’hommes est dans le viseur des enquêteurs, mais aucune interpellation officielle n’a encore été confirmée. Reste à voir si ce dispositif militaire, censé rassurer, suffira à enrayer une spirale qui semble s’accélérer semaine après semaine.

Vingt-sept morts en une seule nuit, une semaine noire, et des enquêtes qui ne font que commencer : l’Afrique du Sud traverse une période particulièrement sombre.

D’autres affaires criminelles à travers le monde interrogent aussi sur ce qui pousse certains hommes à basculer dans une violence extrême, comme ce sauvetage in extremis face à un prédateur bien réel le rappelle sous un autre angle.

Et si la traque des suspects vous a tenu en haleine, cette autre enquête glaçante menée sur un projet de tuerie déjoué en France mérite tout autant votre attention.

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