Un spectateur gaze au poivre un voisin qui fixait son portable pendant le film : deux autres personnes hospitalisées

Au cinéma, on sait tous ce qui agace : le pop-corn bruyant, le siège qu’on cogne, l’écran qui s’allume dans le noir. Mais en Californie, un spectateur a décidé de régler le problème à sa manière. Résultat : une salle plongée dans le chaos, trois personnes touchées, un homme en prison. Et un débat énorme en ligne.
Une séance banale à Burbank, jusqu’au bruit d’un aérosol
Tout commence le 15 septembre 2026, dans un cinéma AMC de Burbank, en Californie. Le film est lancé depuis environ quarante minutes, selon un témoin. Rien d’anormal dans la salle, rien qui laisse présager la suite.
Les salles obscures ont leurs règles tacites. Manger son pop-corn discrètement, ne pas taper dans le fauteuil de devant, et surtout garder son téléphone dans sa poche. Un spectateur aurait justement oublié cette dernière consigne.
Ça n’a pas plu à Matthew Ware, 34 ans. Selon NBC News, il n’aurait pas supporté de voir l’écran briller en pleine séance. Il aurait alors sorti une bombe lacrymogène.
Le témoin, Joe Rodriguez, raconte avoir entendu un bruit très reconnaissable derrière lui. Pour voir à quel point les règles de vie en public ont changé, il suffit de se rappeler qu’on parle ici d’un simple écran de smartphone. Mais que s’est-il passé juste après ?
« On vient de me pulvériser du gaz poivré » : la salle bascule
« Tout était normal et tout à coup, derrière moi, j’ai entendu le bruit d’une bombe aérosol, comme un jet de spray », explique Joe Rodriguez. Quelques secondes plus tard, un cri retentit dans le noir.
« On vient de me pulvériser du gaz poivré. Ce type vient de me pulvériser du gaz poivré. » La victime, celle qui regardait son téléphone, venait d’être visée en plein visage.
Dans une salle fermée, un tel produit ne reste pas sur sa cible. Deux autres spectateurs ont subi des irritations à cause du gaz. Ils ont été pris en charge dans un hôpital local.
Le suspect, lui, n’aurait pas traîné. Il aurait quitté précipitamment la salle, mais trois spectateurs l’auraient rattrapé un peu plus loin dans le cinéma. Comme dans les histoires de fuite qui tourne court, la cavale a été brève.
Les policiers de Burbank sont arrivés vers 17h30 après un signalement. Et c’est là que l’homme a donné sa propre version.
Ce que l’homme a dit aux policiers, et ce qui lui arrive
Selon le témoin, comme parfois quand quelqu’un s’explique après coup, l’auteur présumé aurait discuté avec les agents pour justifier son geste. Le détail qui a le plus marqué Joe Rodriguez : il aurait affirmé que l’homme au téléphone lui avait manqué de respect.
« C’était juste un homme frustré qui a perdu son sang-froid parce qu’un autre spectateur se comportait mal au cinéma », résume le témoin. Il ne cherche pas à excuser, il décrit ce qu’il a vu.
Le suspect a été arrêté peu après l’arrivée de la police. Il a été placé en détention à la prison de Burbank. Il est soupçonné de violences volontaires, ce qui reste à ce stade un soupçon : aucune condamnation n’est mentionnée.
Le bilan humain est donc précis : un spectateur visé directement, deux autres à l’hôpital, un homme de 34 ans derrière les barreaux. Tout ça pour un écran allumé. Reste la question qui a enflammé les réseaux : qui a vraiment pris son parti ?
Sur la toile, certains applaudissent le geste

Comme souvent, l’histoire a fait réagir. Si certains internautes ne cautionnent pas du tout son comportement, d’autres saluent carrément son geste. Le clivage est net.
Parmi les commentaires relevés : « Le seul moyen d’arrêter un malfaiteur muni d’un téléphone portable, c’est qu’une personne bienveillante utilise une bombe lacrymogène. » Ironie ou second degré, difficile à dire.
Autre message : « Tous les héros ne portent pas de cape. » Et un troisième réclame carrément : « Il faut une récompense citoyenne, pas une arrestation. » De quoi alimenter les discussions.
Reste que, factuellement, la façon dont on regarde des images a bien changé, et que le téléphone en salle irrite beaucoup de monde. Mais irriter n’autorise pas à agresser, et trois personnes en ont fait les frais.
Ce que cette affaire rappelle sur les règles du cinéma
Cette scène relayée par NBC News rappelle une évidence : les règles tacites d’une salle n’ont aucune valeur légale. Ne pas ranger son téléphone est impoli, pas dangereux.
Utiliser un aérosol dans un lieu clos, en revanche, touche tout le monde autour. C’est ce qui explique que deux spectateurs sans rapport avec la dispute se soient retrouvés à l’hôpital.
À suivre : la suite de la procédure visant Matthew Ware, soupçonné de violences volontaires. Pour l’instant, la présomption d’innocence s’applique. Et si l’on cherche des histoires où une rancune explose, la colère de Lino Ventura contre Claude François montre que ce n’est pas nouveau.
Une chose est sûre : la prochaine fois que votre voisin de rang sort son smartphone, un regard appuyé suffira largement.
Un film, un téléphone, une bombe lacrymogène : c’est le résumé d’une séance où tout le monde a perdu. Et si les histoires où un petit agacement vire au drame vous fascinent, ce que l’on raconte sur la fameuse gifle a de quoi vous tenir en haleine. Pour changer complètement d’ambiance, ce que Guillaume, libraire, fait de ses 1 690 € par mois risque de vous surprendre.