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Mort de Guillaume Pierrel au Pakistan : l’alpiniste qui avait préparé Inoxtag pour l’Everest emporté par une avalanche à 40 ans

Publié par Cassandre le 26 Juin 2026 à 11:17

Il avait gravi les 82 sommets alpins de plus de 4 000 mètres, accompagné Inoxtag dans sa préparation pour l’Everest et repoussé les limites du ski de pente raide. Ce mercredi 25 juin, Guillaume Pierrel est mort à 40 ans sur les pentes du K6, au Pakistan, emporté par une avalanche de neige et de rochers. Le monde de la montagne perd l’un de ses guides les plus respectés.

Un drame à 7 000 mètres d’altitude

L’accident s’est produit sur le K6, un sommet culminant à 7 282 mètres dans le massif du Karakoram, au Pakistan. Guillaume Pierrel se trouvait en expédition avec l’alpiniste canadienne Christina Lustenberger et le guide français Boris Langenstein. Une avalanche mêlant neige et blocs rocheux a frappé le groupe.

Le K6 dans le massif du Karakoram au Pakistan

Ses deux compagnons de cordée ont survécu. Mais pour Guillaume Pierrel, originaire de La Bresse dans les Vosges, le choc a été fatal. Il avait 40 ans. La nouvelle a été confirmée dans la journée et relayée sur les réseaux sociaux par plusieurs médias spécialisés en alpinisme.

Le K6, aussi appelé Baltistan Peak, n’est pas un sommet anodin. Rarement tenté, il fait partie de ces montagnes isolées du Karakoram où les conditions météo peuvent basculer en quelques minutes. Même pour un alpiniste aussi aguerri à la haute altitude, le risque zéro n’existe pas.

Et Guillaume Pierrel connaissait mieux que quiconque la réalité de ce risque. Son palmarès en disait long sur son niveau.

82 sommets à plus de 4 000 mètres, les trois grandes faces nord

Né dans les Vosges, Guillaume Pierrel avait quitté sa région natale pour s’installer dans les Alpes. C’est là qu’il avait construit, exploit après exploit, une réputation solide dans le milieu de la haute montagne. Selon sa biographie publiée par le Fonds d’aide au cinéma de montagne, il avait gravi les 82 sommets alpins dépassant les 4 000 mètres.

Mais ce n’est pas tout. Il avait aussi réalisé les trois grandes faces nord des Alpes — l’Eiger, le Cervin et les Grandes Jorasses — un triptyque que seuls les alpinistes les plus complets peuvent prétendre enchaîner. Ses expéditions himalayennes s’étaient multipliées au fil des ans.

Le guide était également reconnu comme l’un des meilleurs spécialistes français du ski de pente raide. Plusieurs de ses descentes, réalisées sur des faces réputées inskiables, avaient été saluées dans le monde entier. Un profil rare, complet, aussi à l’aise en alpinisme technique qu’en ski extrême.

C’est justement cette polyvalence qui l’avait amené à croiser la route d’un certain youtubeur français.

Le guide discret du documentaire « Kaïzen »

Le grand public avait découvert Guillaume Pierrel en 2024, dans le documentaire « Kaïzen ». Ce film, devenu un phénomène avec des dizaines de millions de vues, racontait la folle ascension de l’Everest par le youtubeur Inoxtag. Derrière les images spectaculaires, il y avait un travail de préparation colossal.

Guillaume Pierrel avait joué un rôle clé dans cette préparation. Son expertise de la haute altitude, sa pédagogie et son expérience des sommets himalayens avaient permis d’accompagner le créateur de contenu dans un projet que beaucoup jugeaient impossible. Loin des caméras et du buzz, c’était le travail d’un guide au sens le plus noble du terme.

Sa présence à l’écran avait d’ailleurs permis à des millions de spectateurs de découvrir la réalité du métier de guide de haute montagne. Un métier où l’on transmet, où l’on protège, mais où l’on s’expose aussi. Les dangers de la haute altitude ne font pas de distinction entre les novices et les légendes.

Inoxtag, qui a depuis multiplié les nouveaux projets, n’a pas encore réagi publiquement à l’annonce du décès. Mais l’émotion est immense dans la communauté qui avait suivi l’aventure Kaïzen.

L’hommage unanime du monde de la montagne

Depuis l’annonce de sa disparition, les témoignages affluent sur les réseaux sociaux. Des alpinistes du monde entier, des guides, des skieurs de pente raide : tous saluent un homme discret, généreux et d’une compétence exceptionnelle. Le mot qui revient le plus souvent est « humble ».

Équipement d'alpinisme posé au sol en hommage

Car Guillaume Pierrel n’avait rien d’une star médiatique. Son terrain, c’était la montagne, pas les plateaux télé. Il faisait partie de ces hommes que l’on ne connaît vraiment que lorsqu’on les perd. Et le vide qu’il laisse dans le milieu de l’alpinisme français est considérable.

Sa mort rappelle aussi une réalité brutale. Chaque année, les sommets de l’Himalaya et du Karakoram emportent des alpinistes expérimentés. Le K6, moins médiatisé que l’Everest ou le K2, n’en est pas moins redoutable. Les avalanches de sérac, mêlant glace et roche, sont parmi les événements les plus imprévisibles en haute montagne.

Guillaume Pierrel laisse derrière lui un héritage immense : celui d’un homme qui a vécu sa passion jusqu’au bout, en transmettant son savoir à tous ceux qu’il croisait. Du sommet de l’Everest avec un youtubeur aux faces nord les plus engagées des Alpes, il incarnait ce que l’alpinisme a de plus pur. Il avait 40 ans.

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