« Il est gentil, il rigole avec les gens » : le père de Hamza La Douane sort du silence alors que tout Paris parle de son fils

Depuis un mois, un ado de 14 ans surnommé « La Douane » terrorise les berges du canal Saint-Martin à Paris. Pistolet à eau, vols, courses-poursuites avec la police : ses vidéos Snapchat affolent les réseaux. Et pendant que la France entière s’interroge, son père prend sa défense avec une phrase qui résume tout le malaise.
Hamza, 14 ans : comment un collégien est devenu la terreur du canal Saint-Martin
Tout a commencé à la mi-juin. Un gamin potelé, muni d’un pistolet à eau, s’est mis à écumer les quais entre les 10e et 11e arrondissements parisiens. Arrosage de passants, de cyclistes, de policiers municipaux. Rien ne l’arrête.
Le principe est simple, et il l’explique lui-même au micro de CNews : « Tu me passes 2 euros, tu passes, je te mouille pas. Tu me passes pas 2 euros, je t’allume. On t’arrose jusqu’à ce que tu pleures. » D’où son surnom, La Douane. Comme les douaniers qui laissent passer en échange d’argent.
Mais les incivilités vont bien au-delà du simple arrosage. Les débordements impliquant des mineurs inquiètent de plus en plus. Le 17 juin, enroulé dans un drapeau algérien, Hamza est filmé en train de voler une bouteille dans une épicerie pendant qu’un complice distrait le commerçant à vélo.
Ailleurs, il pousse des jeunes femmes à l’eau depuis les berges, agrippe le pied d’un baigneur, pourchasse des cyclistes avec un bâton. Il improvise même un barrage routier avec ses acolytes pour rançonner les automobilistes. Et chaque scène finit sur Snapchat, où les réseaux sociaux amplifient tout.
Le 25 juin, la police tente de l’interpeller au bord du canal. Hamza consent à sortir de l’eau après avoir fait patienter les fonctionnaires. Puis, installé dans le véhicule de patrouille, il ouvre la portière arrière et replonge dans le canal sous les yeux des agents. La scène, filmée par des riverains, devient virale en quelques heures.
Un père qui défend, un quartier qui s’agace : le grand écart autour de La Douane
Du côté des commerçants du quai de Valmy, la patience a ses limites. « La première fois qu’on l’a vu, c’était il y a un mois. Je l’ai déjà chassé, il embête tout le monde, se sert sur les tables », témoigne le responsable d’un bistrot. Un serveur du même bar raconte avoir été arrosé en plein service : « C’est dérangeant de devoir désarmer un mineur. »
Pourtant, tout le monde ne voit pas Hamza de la même façon. Jean, habitant du quartier République et habitué des étés agités à Paris, nuance : « C’est un gamin qui cherche à exister, qui fait rigoler la galerie. Il n’a pas l’air malheureux. Ce n’est pas le plus méchant du canal, certains sont agressifs, lui est cool. »
Et puis il y a le père. Rencontré au bord du canal par Le Parisien, il défend son fils sans hésiter : « Il est gentil, ne fait de mal à personne, il rigole avec les gens, ne reste pas enfermé. » Une phrase qui a fait bondir une partie des internautes.
Hamza, lui, complète le tableau avec une candeur désarmante : « Mes parents ? Ils voient des vidéos où j’arrose des gens, c’est tout. » Quant à sa mère, elle « n’est pas encore au courant », selon ses propres mots.

Garde à vue, dizaine de faits signalés… et un ado qui revient toujours
Les dysfonctionnements dans le suivi des mineurs ne datent pas d’hier. Hamza, né en 2012 en Espagne d’après une source policière, serait déjà connu des services pour une dizaine de faits commis depuis juin 2025. Le 27 juin, il est placé en garde à vue au commissariat du 11e arrondissement pour « violences en réunion et dégradations ».
Sa réaction ? Dès le lendemain, il est de retour sur les berges. Sourire aux lèvres, il confie dans une vidéo que la garde à vue avait au moins un avantage : « Il y avait la clim. » On est bien au-delà de la simple provocation d’un gamin en vacances scolaires.
Sur les réseaux, une question lancinante revient sous chaque publication : « Cet enfant, qui le surveille ? Qui l’attend le soir ? » La question de la responsabilité parentale est au cœur du débat. Hamza, lui, balaie les critiques d’un revers de main : « On dit que je suis une racaille. La plupart des gens, ils sont racistes. »
Le collégien a même croisé Emmanuel Grégoire, maire de Paris, venu au canal le 16 juin annoncer l’autorisation de baignade. L’occasion pour le jeune garçon de lui demander… l’annulation d’une amende pour baignade interdite. Quant à son avenir, Hamza a déjà une idée : il veut devenir « investisseur ».
À 14 ans, Hamza La Douane incarne à lui seul le feuilleton de cet été parisien : drôle pour certains, inquiétant pour d’autres, et profondément révélateur pour tout le monde. La vraie question n’est peut-être pas ce que fait ce gamin au bord du canal — mais pourquoi personne n’arrive à l’en empêcher.