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Ils reviennent du Portugal malades : ce couple d’octogénaires se fait voler 103 780 € par ses aides à domicile

Publié par Cassandre le 16 Août 2026 à 19:32
Homme âgé tenant une carte bancaire avec inquiétude

Un couple de retraités de 84 et 85 ans, tous deux atteints de la maladie d’Alzheimer, revient s’installer dans l’Hérault après plusieurs années passées au Portugal. Ils espèrent se soigner et se rapprocher de leurs enfants. Ce qu’ils ne savent pas encore, c’est que les personnes chargées de veiller sur eux vont profiter de leur vulnérabilité. En quelques mois, plus de 100 000 euros de leurs économies vont disparaître.

Un retour en France qui tourne au cauchemar

Tout commence au printemps 2025. Le couple d’octogénaires, installé au Portugal depuis plusieurs années, doit rentrer en France : leur état de santé ne leur permet plus de rester sur place. À leur arrivée en juin, ils n’ont pas de logement et louent un appartement via Airbnb, en attendant une solution plus stable.

Leurs enfants tentent alors d’organiser une aide à domicile par l’intermédiaire de l’ADMR (Aide à domicile en milieu rural). Mais le manque de personnel disponible complique tout. Faute de mieux, la famille se tourne vers une salariée de son entreprise pour s’occuper du couple, rémunérée sans être déclarée. Cette décision, prise dans l’urgence, va s’avérer lourde de conséquences.

Quelques semaines plus tard, à l’approche de l’été, les deux retraités doivent quitter leur location. Ils s’installent alors directement chez cette employée. C’est à ce moment précis que la situation bascule, loin du regard de leurs enfants, dans un huis clos où la confiance va être trahie.

Cette affaire rappelle d’autres situations où des retraités fragilisés se retrouvent démunis face à des tiers qui gèrent leur quotidien, un phénomène que la maladie d’Alzheimer rend malheureusement plus fréquent.

Cartes bancaires, virements, retraits : le pillage méthodique

Selon les éléments recueillis par le Service local de police judiciaire de Sète, l’employée aurait profité de la fragilité extrême du couple pour s’emparer de leur carte bancaire. Des achats sont effectués, des espèces retirées, et surtout des virements réalisés vers les comptes de ses propres enfants et de son compagnon.

Une seconde employée, venue prêter main-forte à sa collègue pour s’occuper des deux retraités, est également mise en cause. Elle est suspectée d’avoir effectué plusieurs virements directement à son profit. Les trois suspects se seraient principalement servis sur le compte du mari, titulaire d’une retraite confortable et d’un solde dépassant les 140 000 euros.

Pendant ce temps, l’état de santé des époux continue de se dégrader. Ils sont finalement placés en Ehpad — mais les opérations frauduleuses, elles, ne s’arrêtent pas. L’argent continue de filer, malgré leur nouvel encadrement médicalisé, une situation qui interroge sur la vigilance nécessaire autour des seniors isolés et sur les failles qui permettent à ce type d’abus financier de perdurer aussi longtemps sans être détecté.

Relevé bancaire et billets sur une table

Le préjudice grimpe à plus de 103 000 euros

C’est finalement en novembre 2025 que les enfants du couple, en consultant les relevés bancaires de leurs parents, repèrent des mouvements suspects. Alertés, ils déposent immédiatement plainte. Les investigations menées par le SLPJ de Sète permettent alors d’évaluer le préjudice total : 103 780 euros, envolés en quelques mois.

Le 29 juillet dernier, l’employée principale, son compagnon et sa collègue sont placés en garde à vue. Les trois suspects devront répondre de faits qualifiés d’« abus de faiblesse » devant la justice. Leur procès est fixé au 4 mars 2027, devant le tribunal judiciaire de Montpellier.

Ce dossier illustre une réalité glaçante : les personnes censées veiller sur des proches vulnérables sont parfois celles qui en profitent le plus. Un phénomène que l’on retrouve dans d’autres affaires impliquant des retraités isolés, où l’absence de contrôle extérieur laisse le champ libre à ce genre de dérive pendant des mois, parfois des années, avant que la famille ne s’en rende compte.

Cent trois mille euros, deux vies fragilisées par la maladie, et trois personnes qui devront s’expliquer devant un tribunal en 2027. L’histoire de ce couple d’octogénaires rappelle une évidence trop souvent oubliée : la vigilance des proches reste, encore aujourd’hui, le meilleur rempart contre ce type d’abus. Avez-vous déjà pensé à vérifier les relevés bancaires d’un parent âgé ?

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