« Je reconnais les faits » : il tue une femme rencontrée sur les réseaux et cache son corps sous un arbre

Une rencontre banale sur les réseaux sociaux. Un rendez-vous comme des milliers d’autres chaque jour. Sauf que celui-ci s’est terminé par un meurtre et un corps dissimulé sous les racines d’un arbre, en bordure de route, en Argentine.
Une disparition qui déclenche une traque numérique
Susana Altamirano, 47 ans, vivait à Bajada Grande, dans la province d’Entre Ríos. Le 8 juin 2024, elle quitte son domicile pour retrouver un homme rencontré sur les réseaux sociaux, Miguel Eugenio Pellegrini, 37 ans.
Elle ne rentrera jamais. Deux jours plus tard, sa fille signale sa disparition, inquiète de ne plus pouvoir la joindre. Comme dans d’autres affaires criminelles complexes, ce sont les indices numériques qui vont tout faire basculer.
La division Traite des personnes de la police locale éplucherait ses conversations en ligne et repère les échanges avec Pellegrini. À partir de là, les enquêteurs croisent les antennes-relais des deux téléphones pour reconstituer un trajet : de Paraná vers Diamante.
Les caméras du système de vidéosurveillance 911 confirment le passage d’une Fiat Palio blanche sur cet itinéraire. Une femme disparue peut parfois se transformer en drame familial silencieux avant que la vérité n’éclate.
Le corps retrouvé sous un arbre, quatre jours après
Le 12 juin 2024, quatre jours après sa disparition, le corps de Susana Altamirano est retrouvé près d’un ruisseau, dans une zone accidentée et broussailleuse au niveau du kilomètre 31 de la route nationale 131.
Selon la reconstitution des enquêteurs, Pellegrini aurait transporté le corps jusqu’à cet endroit et l’aurait caché sous les racines d’un arbre, en bordure de route. Le crime aurait eu lieu entre 18h50 et 21h30, le soir même du rendez-vous.
Le même jour, la justice ordonne une perquisition au domicile de Pellegrini et la saisie de son véhicule. L’homme est interpellé sans résistance. Ce genre de piège digital rappelle à quel point une prise de contact en ligne peut virer au cauchemar.
Pendant son transfert vers les autorités, il aurait spontanément indiqué avoir tué Altamirano et désigné l’endroit où il avait laissé le corps. Une déclaration qui correspond exactement à la zone où la victime a été retrouvée. Les experts en sécurité numérique rappellent régulièrement les risques de ces rencontres virtuelles.

Un accord judiciaire qui doit encore être validé
Comme dans d’autres dossiers judiciaires sensibles, l’affaire s’est accélérée devant le tribunal. « Yo reconozco los hechos », a répondu Pellegrini lorsque le magistrat lui a demandé s’il admettait avoir tué Susana Altamirano.
L’accusé a accepté un jugement abrégé, une procédure qui lui évite un procès devant jury en échange de la reconnaissance des faits. La proposition a été signée par le procureur Gilberto Robledo, avec la collaboration de Leandro Dato, la défense de José Barbagelata Xavier et la partie civile représentée par Cynthia Rau.
Les parties se sont accordées sur une condamnation pour homicide doublement aggravé, à la fois par les moyens employés et par le contexte de violence de genre. Cette qualification prévoit la prison à perpétuité, la peine la plus lourde du droit argentin.
Mais rien n’est encore définitif. Le juge Rafael Cotorruelo doit désormais homologuer cet accord pour qu’il devienne une condamnation formelle. Pellegrini, détenu depuis juin 2024, a renoncé à un procès oral classique et a reconnu à la fois les faits, leur qualification légale et la peine proposée. Comme le rappelle un autre drame qui a marqué l’actualité, ces affaires laissent souvent des familles brisées bien après le verdict.
Un aveu, une carte téléphonique, quelques images de vidéosurveillance : voilà comment une rencontre sur les réseaux sociaux a fini par livrer un meurtrier à la justice. Reste à savoir si le juge validera cette peine à perpétuité dans les prochaines semaines.