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« On ne s’est plus jamais reparlé » : la coureuse Ida Robsahm meurt en pleine course à 30 ans

Publié par Cassandre le 22 Sep 2026 à 15:38

Une simple photo prise sur un sentier de montagne. Quelques minutes plus tard, tout basculait. En Norvège, la mort de la trailrunneuse Ida Amelie Robsahm, 30 ans, a bouleversé toute une communauté sportive samedi dernier. Elle courait sur une crête escarpée quand elle a chuté, sans que rien ne laisse présager le drame. Le témoignage de l’ami qui l’accompagnait ce jour-là, publié quelques heures après, a depuis fait le tour des réseaux.

Une crête réputée, une météo qui a piégé les coureurs

Ida Amelie Robsahm s’entraînait sur la crête de Romsdalseggen, un itinéraire de haute montagne culminant à 1 329 mètres, à une dizaine de kilomètres de la ville d’Andalsnes. Ce parcours, très couru par les trailrunneurs scandinaves, exige une concentration constante, tant les à-pics succèdent aux passages techniques.

Selon le magazine norvégien Kondis, les conditions ce jour-là n’avaient rien d’idéal : brouillard dense, pluie fine, rochers glissants. Une photo publiée par le coureur qui l’accompagnait, Miguel Benitez, montre justement cette visibilité réduite quelques instants avant le drame.

Ida n’était pas une simple pratiquante du dimanche. Enseignante en chimie à Oslo, elle menait une double vie exigeante, entre salle de classe et sentiers de crête, à l’image de nombreux athlètes qui concilient une carrière sportive intense et un quotidien professionnel classique. Une discipline qui, sur le long terme, forge des capacités physiques hors normes, mais qui n’immunise jamais contre l’accident.

La photo prise juste avant, puis plus rien

C’est cette proximité, justement, qui rend le récit de Miguel Benitez si difficile à lire. Les deux coureurs progressaient ensemble sur la crête lorsqu’il a pris ce cliché d’Ida, en pleine foulée, dans la brume. Quelques instants plus tard, elle chutait de plusieurs dizaines de mètres.

Malgré l’intervention rapide d’un hélicoptère médicalisé, la jeune femme n’a pas survécu à ses blessures. Un dénouement d’autant plus tragique que la zone était familière à Ida, comme le rappellera plus tard son entourage.

Sur les réseaux sociaux, Miguel Benitez a publié un message bouleversant, accompagné de la photo : « Hey Ida, après avoir pris cette photo de toi, on ne s’est plus jamais reparlé. Tout a changé en moins d’une seconde. La montagne t’a pris la vie, et avec elle tous nos rêves.

» Il ajoute avoir donné « n’importe quoi » pour que ce soit lui, et non elle, qui ait chuté. Un texte qui rejoint, dans sa sobriété douloureuse, d’autres hommages publics rendus à des proches disparus brutalement dans un accident sportif.

Ce genre de récit rappelle aussi combien la montagne peut se montrer imprévisible, comme dans d’autres histoires de survie extrême en terrain hostile.

Sentier rocheux et humide en montagne sous la brume

Une athlète promise à un grand avenir

Derrière la coureuse anonyme aux yeux du grand public se cachait une véritable espoir du trail mondial. En 2025, Ida Amelie Robsahm avait décroché la quatrième place des Championnats du monde de trail court, un résultat qui la plaçait parmi les meilleures spécialistes de la discipline.

Son entraîneur, Sindre Buraas, a confié son sidération : « C’est venu comme un choc. On ne peut pas encaisser ça tout de suite. Elle était dans un terrain et un environnement où elle avait tellement l’habitude d’évoluer, où elle se sentait tellement à l’aise.

» Il salue « une athlète fantastique », dotée d’un « grand cœur », avec qui il échangeait quotidiennement dans le cadre de leur projet commun : courir toujours plus vite.

La famille d’Ida a elle aussi tenu à remercier publiquement la communauté du trail : « Au milieu du chagrin immense provoqué par la perte d’Ida, nous voulons adresser un grand merci à la communauté de course à pied.

Ida en faisait pleinement partie, et toute cette attention, dans cette situation cruelle, compte énormément pour nous. » Un soutien qui rappelle, comme parfois dans d’autres milieux sportifs confrontés à l’épreuve, la force des liens tissés sur les sentiers et les pistes.

Une photo, une foulée, puis plus rien : c’est tout ce qu’il reste de ces derniers instants sur la crête de Romsdalseggen. Ida Amelie Robsahm laisse derrière elle une communauté de coureurs en deuil et un ami qui portera toute sa vie le poids d’avoir été le dernier témoin de son sourire.

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