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Inconscient dans les toilettes, il s’injectait l’anesthésiant des chiens : cet infirmier vétérinaire est radié

Publié par Cassandre Jolivet le 15 Oct 2026 à 22:15
Soignant en blouse assis par terre dans un couloir de clinique

Il était décrit comme un professionnel particulièrement compétent. Pourtant, un infirmier vétérinaire écossais ne pourra plus exercer : il vient d’être radié. Retrouvé inconscient dans les toilettes de sa clinique, une seringue sous le corps, il avait fini par reconnaître un geste aux lourdes conséquences. Ce qu’il s’injectait exactement, et ce qui a pesé dans la balance, tout est là.

Un parking, deux témoins et un état qui inquiète

Tout commence sur le parking d’une clinique vétérinaire. Deux témoins aperçoivent un homme au volant de sa voiture, dans un état qu’ils jugent inquiétant, d’après La Dépêche. Ce détail pourrait passer pour anodin. Il va pourtant compter.

L’homme, c’est Robert D., infirmier vétérinaire écossais. Il est inscrit au registre professionnel depuis 2017 et travaille à Irvine, en Écosse, jusqu’en septembre 2023. Un métier de confiance, où l’on manipule chaque jour des produits puissants, sous le regard des collègues.

Quelques semaines plus tard, la scène change de décor. Cette fois, ce n’est plus un parking, mais les toilettes de son lieu de travail. Et ce n’est plus un simple état « inquiétant » : l’infirmier est retrouvé inconscient.

Dans ce type de dossier, l’affaire ne s’arrête pas aux murs de la clinique. Les professionnels du secteur dépendent d’un ordre professionnel, ici l’Ordre royal des chirurgiens vétérinaires britanniques, le RCVS. C’est lui qui décide, au terme d’une audience disciplinaire, si un praticien peut continuer à exercer.

Le monde animalier réserve parfois des histoires sombres, comme ces 30 chats retrouvés morts dans un congélateur à Meudon. Mais ici, le drame se joue côté soignant. Que s’est-il passé ce jour-là, derrière la porte des toilettes ?

Un bruit sourd, un corps recroquevillé et une seringue ensanglantée

Le jour des faits, des collègues entendent un bruit important près des toilettes. Ils s’y précipitent. Ils découvrent l’infirmier au sol, inconscient, recroquevillé en position fœtale.

Son pantalon de travail et ses sous-vêtements sont baissés jusqu’aux chevilles. Il respire, mais reste rigide et ne réagit pas lorsqu’on lui parle, rapporte le média britannique UK Independent. Une scène brute, que les collègues ont dû gérer en pleine journée de service.

Quand il commence à reprendre connaissance, un collègue remarque une seringue ensanglantée sous son corps. Les éléments s’assemblent. L’infirmier est mis à pied.

Sa version est précise : il affirme qu’il ne cherchait pas à ressentir les effets euphorisants du produit. Une défense que le comité disciplinaire n’a visiblement pas jugée suffisante pour effacer les faits. La responsabilité professionnelle se paie cher, comme le montre l’histoire de ce policier américain qui risque gros après la mort de ses deux chiens.

Reste la question qui compte : quelle sanction pour un soignant qui détourne un médicament de la clinique ? L’audience tranche. Le comité retient les faits liés aux deux prélèvements de médicaments, selon la source. Et le verdict tombe : Robert D. est radié du registre professionnel des vétérinaires par le RCVS.

Autrement dit, il ne peut plus exercer en Écosse. Mais pourquoi une telle sévérité, alors que ses collègues parlaient de lui en termes élogieux ? La réponse tient en une phrase du comité.

Seringue et flacon vide près de la patte d'un chien endormi

L’Alfaxan, la malhonnêteté et le « K-hole » en toile de fond

Ce genre de produit détourné fait des ravages bien au-delà des cliniques, comme dans le témoignage de cette jeune accro à la kétamine qui urine des morceaux de sa propre vessie. Ici, le produit s’appelle l’Alfaxan. L’ex-salarié reconnaît l’avoir prélevé, puis se l’être injecté alors qu’il était en service.

Il s’agit d’un agent anesthésique général intraveineux, utilisé en médecine vétérinaire pour les chiens, les chats et les lapins. Il agit en stimulant des récepteurs dans le cerveau. Résultat : une sédation rapide et une perte de conscience.

Voilà qui explique l’état dans lequel les collègues retrouvent l’infirmier. Un produit conçu pour endormir un animal en quelques instants n’a rien d’anodin pour un humain. Et c’est tout le problème d’un geste commis sur son lieu de travail.

Le comité a choisi ses mots. « Agir de manière malhonnête va à l’encontre de l’un des principes les plus fondamentaux de la profession », a-t-il conclu. C’est ce principe, et non la qualité du travail de l’infirmier, qui a fait basculer la décision.

Car les témoignages positifs ne manquaient pas. Des collègues louaient son professionnalisme. Cela n’a pas suffi : la radiation a été prononcée quand même.

La source évoque aussi le contexte plus large. Il est possible que des anesthésiants destinés aux animaux soient détournés comme drogue, malgré les dangers. Le plus connu est la kétamine, qui provoque des effets dissociatifs : détachement du corps, distorsion des sens, hallucinations. À forte dose, elle peut mener au « K-hole », un état de dissociation totale où l’on ne peut plus bouger ni parler.

Ce que cette radiation change, et ce qu’elle rappelle

Pour Robert D., la conséquence est immédiate : il n’exerce plus en Écosse. Une carrière commencée en 2017 s’arrête net, alors qu’il était réputé compétent. Le message de l’ordre est clair : l’honnêteté passe avant tout.

Dans les cliniques, les médicaments sont sous la responsabilité des équipes. Un prélèvement non justifié, même pour soi, n’est pas qu’une faute de gestion : c’est une atteinte à la confiance. Et ce lien de confiance est celui que les propriétaires d’animaux accordent chaque jour à leur vétérinaire.

Autre enseignement : l’audience ne s’est pas arrêtée à l’incident des toilettes. Le comité a retenu les faits liés à deux prélèvements de médicaments. Cela montre que ces dossiers se jugent sur l’ensemble des faits, pas sur une seule scène.

D’autres affaires mettent en cause des substances dans l’entourage de mineurs, comme à Villejuif, où un sachet de kétamine a exposé cinq enfants à l’école. Le sujet dépasse donc largement une clinique écossaise.

Reste enfin un point : la source ne dit rien d’éventuelles poursuites pénales ni d’un possible retour au métier. Il faudra donc surveiller si d’autres décisions suivent. En attendant, la profession dispose d’un précédent net.

Les animaux, eux, restent au cœur de ces métiers, parfois dans des situations extrêmes, comme celle de ce chien de sécurité effondré au pied de la tour Eiffel en pleine canicule. Là aussi, la responsabilité humaine est au centre du débat.

Un infirmier compétent, un anesthésiant pour animaux, une radiation : la compétence ne protège pas d’une faute de probité. Et si vous pensiez tout savoir sur ce que votre animal ressent, le détail de votre comportement que votre chat repère chaque jour pourrait vous faire changer d’avis. Une autre histoire d’animaux a pris un tour judiciaire inattendu : pourquoi Anthony Delon s’est retrouvé en garde à vue après l’exécution d’un chien reste à découvrir.

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