Elle pesait 137 kg et prônait le body positive : à 36 ans, elle claque 17 500 £ pour tout changer

Elle avait bâti toute sa communauté sur un message simple : s’aimer telle qu’on est, peu importe le chiffre sur la balance. Pendant des années, Emily Jones a incarné le body positive auprès de ses 485 000 abonnés Instagram. Mais derrière les photos assumées, une bataille intérieure durait depuis l’enfance. Ce qu’elle a fini par faire pour y mettre un terme a divisé sa communauté.
Une influenceuse body positive rattrapée par son propre combat
À Londres, Emily Jones, 36 ans, a longtemps porté haut le message de l’acceptation de soi. Pourtant, son poids la hantait depuis qu’elle avait neuf ans, âge auquel elle avait déjà entamé son premier régime en se comparant aux autres filles de sa classe.
Ce schéma de prise et de perte de poids allait rythmer toute sa vie adulte, un peu à la manière de ce que raconte ce jeune homme qui a perdu 124 kilos après des années de souffrance silencieuse.
Le diagnostic de polyarthrite rhumatoïde, posé en mars 2014, a compliqué encore la donne : mobilité réduite, traitements lourds, douleurs constantes. Puis un drame a tout précipité. En l’espace de six semaines, ses deux parents sont décédés. Emily s’est réfugiée dans la malbouffe, au pic d’une détresse que la psychologie associe souvent à des mécanismes de survie face au stress, comme le montrent certaines études sur les liens entre comportements du quotidien et état mental.
À son poids le plus élevé, elle affichait 137 kilos. Elle devait s’appuyer sur une canne dans la vingtaine, subissait des insultes en ligne — traitée d’« éléphant » ou de « baleine » — et se souvient d’un inconnu l’ayant qualifiée de « cuisses tonnerre » en soirée. Malgré tout, elle assure n’avoir jamais laissé son poids l’empêcher de vivre.
17 500 livres de chirurgies : le virage radical d’Emily Jones
Emily a d’abord tout tenté par les voies classiques : Weight Watchers, Slimming World, la fameuse soupe au chou, le comptage de calories. Rien n’a fonctionné durablement. Face à cet échec répété, elle s’est tournée vers une solution plus radicale, décision qui rappelle celle de nombreuses personnes cherchant, comme dans certains grands changements de vie assumés malgré le regard des autres, à reprendre le contrôle de leur quotidien.
En janvier 2024, elle a déboursé 5 000 £ pour un bypass gastrique réalisé à Malte, présenté non pas comme une solution miracle mais comme un outil pour recadrer ses habitudes alimentaires. Elle s’est ensuite entourée d’un coach sportif, s’entraîne désormais jusqu’à trois fois par semaine, complétés par deux séances de Pilates.
Son alimentation a aussi changé : pudding de graines de chia le matin, poulet, poisson ou steak accompagnés de légumes et de riz le midi et le soir.
En juillet 2026, direction la clinique Nordesthetics en Lituanie pour un lifting des aisselles et de la poitrine, facturé 7 200 £. Un excès de peau, conséquence directe de la perte de poids massive, la gênait au quotidien. Au total, la facture de sa transformation atteint 17 500 livres sterling, soit environ 20 000 euros, pour passer d’un poids de 137 kg à 59 kg.

« Il y a forcément des gens déçus » : la face cachée du succès
Malgré les bénéfices santé souvent associés à une perte de poids importante, Emily a dû encaisser des réactions mitigées de sa communauté. Certains abonnés, séduits par son discours d’acceptation, ont mal vécu ce virage vers la chirurgie esthétique. « Il y a définitivement des gens qui auraient préféré que je reste plus grande », reconnaît-elle sans détour.
Mais selon elle, l’accueil général autour de son parcours de « plastie » a été « massivement positif ». Elle craignait d’être jugée pour avoir choisi cette voie, après avoir documenté publiquement son cheminement pendant des années. Elle affirme aujourd’hui vouloir transmettre un message plus nuancé que le simple culte de la minceur, à contre-courant d’un certain fatalisme parfois observé chez ceux qui pensent que la capacité à rebondir face aux épreuves se perd avec le temps.
« La vie est souvent plus facile dans un corps plus petit », admet-elle, non sans une pointe d’ironie sur son propre discours passé. Elle insiste toutefois : le changement ne doit jamais venir de la haine de soi, mais peut au contraire être « le plus grand acte d’amour-propre ». Il reste encore du travail sur le relâchement cutané au niveau du ventre, mais Emily se dit désormais « une femme toute neuve ».
Entre message d’acceptation et bistouri assumé, Emily Jones a prouvé qu’on pouvait changer d’avis sur son propre corps sans se renier. Et vous, où placeriez-vous la limite entre s’accepter et vouloir changer ?