Crans-Montana : Jacques Moretti, gérant du bar touché par le terrible incendie du 1er janvier dernier, placé en détention provisoire pour violences physiques sur son épouse, Jessica Moretti
Il n’avait déjà pas fini de répondre de la justice suisse. Huit mois après le drame qui a coûté la vie à 41 personnes, Jacques Moretti se retrouve à nouveau derrière les barreaux, pour une raison totalement différente cette fois. Une affaire de violences conjugales vient s’ajouter à un dossier judiciaire déjà lourd, et implique directement son épouse, Jessica Moretti.

Un nom déjà connu de la justice valaisanne
Le nom de Jacques Moretti résonne encore douloureusement en Suisse romande. Gérant du bar Le Constellation à Crans-Montana, il fait partie des seize prévenus visés dans l’enquête sur l’incendie du 1er janvier dernier, un drame qui avait fait 41 morts et 115 blessés selon le dernier bilan communiqué par les autorités.
Dans ce dossier, Jacques et Jessica Moretti doivent répondre d’homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence. Des accusations d’une gravité rare, qui pèsent sur le couple depuis des mois.
Ce n’était d’ailleurs pas la première fois que Jacques Moretti connaissait la détention provisoire cette année. En janvier, le parquet l’avait déjà placé sous les verrous, invoquant un risque concret de fuite, avant que sa situation judiciaire n’évolue par la suite.
Mais cette fois, l’affaire n’a rien à voir avec l’incendie. Elle se joue dans l’intimité du foyer conjugal, et révèle une toute autre facette de ce dossier déjà explosif, à mille lieues des enjeux juridiques habituels.
Une nuit de violences révélée par la chaîne Léman Bleu
C’est la chaîne suisse Léman Bleu qui a révélé l’affaire ce dimanche 23 août. Selon ses informations, des violences physiques auraient eu lieu dans la nuit du 11 au 12 août, au domicile du couple, situé dans le canton du Valais.
Jessica Moretti aurait été blessée au cours de cet épisode. La chaîne précise que les violences auraient été suffisamment importantes pour nécessiter son hospitalisation. Un détail qui donne la mesure de la gravité des faits reprochés.
Les circonstances exactes de cette altercation ne sont pour l’instant pas connues. La qualification pénale précise n’a pas non plus été communiquée par les autorités valaisannes, qui restent discrètes sur ce nouveau volet de l’affaire.
Ce que l’on sait, en revanche, c’est que Jacques Moretti a été interpellé dans la foulée. Sa détention provisoire a été prononcée peu après, comme l’a confirmé la chaîne suisse. Un rebondissement qui vient s’ajouter à un été déjà chargé pour le couple, entre auditions programmées et procédure judiciaire lourde.
Les avocats confirment, sans donner de détails
Interrogés sur cette nouvelle affaire, les avocats de Jacques Moretti ont confirmé que des événements étaient récemment survenus au domicile du couple. Ils n’ont toutefois pas souhaité détailler publiquement leur version des faits, laissant planer le flou sur les circonstances exactes.
Cette réserve judiciaire est classique dans ce type de procédure. Mais elle n’empêche pas l’affaire de prendre une ampleur particulière, compte tenu du profil déjà exposé de Jacques Moretti dans le dossier de l’incendie.
Cette nouvelle procédure reste totalement indépendante de l’enquête sur le sinistre du Constellation. Les deux dossiers suivent des calendriers distincts, avec leurs propres échéances et leurs propres juges d’instruction en Valais.
D’ailleurs, l’enquête sur l’incendie continue de son côté. De nouvelles auditions de Jacques et Jessica Moretti sont déjà programmées les 26 octobre et le 2 décembre, dans le cadre de cette instruction distincte. Deux calendriers qui vont désormais se percuter, alourdissant considérablement la situation judiciaire du gérant du bar.
Jacques Moretti reste, comme tout prévenu, présumé innocent tant qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée à son encontre. Mais le cumul des procédures dessine un été particulièrement sombre pour ce couple déjà sous le feu des projecteurs.
Deux affaires, un même nom, et une présomption d’innocence qui tient encore, malgré tout. Reste à savoir comment ces deux dossiers judiciaires, celui du drame collectif et celui, intime, du couple, vont désormais évoluer en parallèle dans les mois à venir.