« Nah, I’m straight » : il avait tué son codétenu pour être exécuté, ses 4 derniers mots en Floride

Il n’a pas pleuré, il n’a pas supplié. Face aux témoins, James Robertson a souri. Ce détenu de 63 ans avait étranglé son codétenu en 2008 avec un seul but : se faire condamner à mort. Selon Unilad, sa dernière phrase tient en quatre mots seulement. Et elle n’est même pas le détail le plus troublant du dossier.
Un meurtre commis pour obtenir le couloir de la mort
Pour comprendre cette histoire, il faut remonter à décembre 2008, à la Charlotte Correctional Institution, en Floride. James Robertson y purge déjà une longue peine. Il n’est donc pas un homme libre qui bascule, mais un détenu qui ne supporte plus sa vie derrière les barreaux.
Son plan est glaçant de simplicité. Plutôt que de finir ses jours en détention classique, il veut être transféré dans le quartier des condamnés à mort. Pour y arriver, il choisit de tuer.
Selon Unilad, il a étranglé son codétenu, Frank Richard Hart, dans leur cellule commune. La victime dormait. L’arme : une paire de chaussettes fournies par la prison.
L’affaire a ensuite pris une dimension internationale. Robertson est apparu dans la série documentaire Netflix I Am a Killer, où il aurait reconnu sans détour avoir commis l’attaque pour être envoyé dans le couloir de la mort. Aucun déni, aucune défense alambiquée : un aveu face caméra.
D’autres condamnés ont fait basculer le débat sur la peine capitale aux États-Unis, comme Christa Pike, première femme exécutée au Tennessee en 200 ans. Mais ici, le cas est à part : l’homme réclamait lui-même la sentence. Et un détail, rapporté par la famille de la victime, rend l’histoire encore plus pénible.
Huit jours avant de rentrer chez lui : le drame de Frank Hart
Frank Richard Hart n’était pas une cible choisie pour ce qu’il était. Il était simplement là, dans la mauvaise cellule. Sa fille, Rebecca Hart, a rappelé un fait qui serre la gorge : son père devait sortir de prison huit jours plus tard.
Huit jours. Une valise à préparer, une famille qui l’attendait. À la place, un meurtre décidé froidement par un codétenu qui voulait un billet pour la chambre d’exécution.
Après les faits, Robertson n’a rien cherché à cacher. Pas de plaidoirie d’innocence, pas de version arrangée. Il a reconnu ses motivations et a même prévenu qu’il pouvait recommencer si on ne lui donnait pas ce qu’il demandait.
Pendant plus de dix ans, il a attendu dans le quartier des condamnés. Les recours juridiques, d’ordinaire interminables aux États-Unis, ne l’intéressaient pas. Nous y reviendrons, car cette absence de combat explique beaucoup de choses sur la rapidité de la suite.
D’autres histoires de couloir de la mort racontent l’inverse, des vies entières passées à attendre, comme celle de cet homme qui a passé 37 ans dans le couloir de la mort avant de mourir de causes naturelles. Robertson, lui, voulait que cela aille vite.
Le mardi 13 octobre, à la prison d’État de Floride, le moment est arrivé. Le directeur lui demande s’il souhaite faire une dernière déclaration. Robertson sourit en direction des témoins, derrière la vitre, puis répond en quatre mots : « Nah, I’m straight ». Soit, en gros, « Non, ça va ».
La confession sous serment qui a verrouillé son sort

Cette réplique désinvolte n’est que la dernière pièce d’un puzzle. Pour mesurer la détermination de l’homme, il faut regarder ce qu’il a signé six ans avant. Car si certains condamnés passent des décennies à prouver leur innocence, Robertson a tout fait pour l’inverse.
Le 19 octobre 2012, il dépose une déclaration sous serment. Selon Unilad, il y affirme que le meurtre de Hart était entièrement prémédité. Pas un coup de sang, pas une bagarre qui dérape.
Il va plus loin. Il admet avoir déjà tenté d’agresser un surveillant pour lui prendre ses clés maîtresses, afin de tuer un autre détenu. Et il prévient les autorités : s’il n’est pas condamné à mort, il continuera de tuer en prison.
Sur le plan judiciaire, tout est ensuite verrouillé. Robertson plaide coupable de meurtre au premier degré. Il renonce à son droit à un jury pour la phase de détermination de la peine.
Il refuse aussi tous les recours après condamnation, ceux qui retardent d’ordinaire les exécutions pendant des années. Son mandat d’exécution peut donc avancer sans obstacle.
L’injection létale a été administrée peu après ses quatre mots. Il a été déclaré mort à 12 h 32, à 63 ans. Selon Unilad, il s’agit de la 17e exécution de 2026 en Floride, qui se place ainsi comme l’État américain à la chambre d’exécution la plus active.
Ce que cette exécution dit de la Floride
Devant les grilles de la prison, des militants opposés à la peine de mort se sont rassemblés pour dénoncer le rythme jugé agressif de l’État. Leur argument est connu : la machine tourne vite, trop vite pour eux.
Le cas Robertson complique pourtant le débat. Ici, le condamné ne contestait rien, ne demandait aucune clémence et réclamait sa peine. Pour les opposants comme pour les partisans, l’affaire pose une question dérangeante : que vaut une sanction que le coupable désire ?
À l’intérieur, la famille de la victime se tenait parmi les témoins. Selon Unilad, elle a vu s’achever un calvaire commencé près de vingt ans plus tôt. Le deuil de Frank Hart, lui, n’a jamais eu d’issue simple : il a perdu la vie à huit jours de sa sortie.
Cette histoire en rappelle d’autres où la peine capitale a pris des tournures inattendues. Certains ont même survécu à leur exécution, et leur sort ensuite laisse perplexe.
D’autres pays posent aussi des questions sur la peine de mort, y compris pour des Français. Le cas de cet homme resté 21 ans dans le couloir de la mort en Chine, dont l’exécution a fait réagir en France, montre à quel point le sujet reste vif. Les informations ci-dessus proviennent d’un seul média, Unilad, et les faits sont rapportés tels qu’il les présente.
Il avait voulu la mort, il l’a obtenue, et ses quatre derniers mots resteront comme un haussement d’épaules face à celle qu’il avait infligée. Reste à savoir ce que les autres ont dit, eux, avant de partir.
Et si ce sont les derniers instants qui vous fascinent, ce qu’une femme dit avoir vu pendant six minutes de mort clinique va vous laisser sans voix. Pour une autre histoire hors norme, on vous raconte aussi comment un homme s’est déguisé en sa mère morte pendant des années.