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« Je n’ai pas réfléchi » : ce judoka de Cergy médaillé après avoir stoppé un homme qui poignardait des passantes

Publié par Cassandre le 30 Sep 2026 à 11:05
Jeune homme déterminé dans une rue parisienne au crépuscule

Il y a deux mois, une scène de terreur éclatait en pleine rue parisienne. Un homme armé s’en prenait à des femmes au couteau, sous les yeux de passants tétanisés.

Parmi eux, un jeune homme de 26 ans n’a pas hésité une seconde. Ce que la suite lui a coûté, et ce qu’elle vient de lui rapporter, personne ne l’aurait imaginé ce jour-là.

Il y a deux mois, une scène de terreur en plein Paris

Mohamed-Ali, jeune judoka originaire de Cergy, se retrouve au mauvais endroit au bon moment. Un homme s’en prend violemment à trois femmes dans la rue, à coups de couteau.

La scène, digne d’un fait divers glaçant, aurait pu tourner au drame absolu. Ce type d’agression à l’arme blanche, en pleine rue et en plein jour, n’est malheureusement plus une exception dans les grandes villes françaises, comme le rappellent régulièrement d’autres interventions de passants héroïques à Paris.

Mais ce jour-là, Mohamed-Ali ne va pas se contenter de regarder. Avec l’aide d’autres passants, il se jette sur l’agresseur pour le maîtriser, au péril de sa propre sécurité.

Ce geste, filmé et commenté des milliers de fois sur les réseaux sociaux, va bouleverser sa vie bien plus qu’il ne l’imagine. Et pas seulement dans le bon sens.

De simple passant à héros malgré lui

Formé au judo, Mohamed-Ali a l’habitude du combat encadré, avec des règles et un tatami. Rien à voir avec une rue parisienne et un homme armé qui s’en prend à des inconnues.

Pourtant, ses années de pratique semblent avoir fait la différence ce jour-là. Le sang-froid, la maîtrise du corps, la capacité à neutraliser sans céder à la panique : autant de réflexes qui, selon Le Parisien, ont permis d’immobiliser l’assaillant avant l’arrivée des forces de l’ordre.

Ce type d’intervention citoyenne rappelle d’autres épisodes récents, comme ce policier hors service agressé après avoir désarmé un homme au couteau dans la capitale.

Mais tous les héros du quotidien ne reçoivent pas les mêmes applaudissements. Sur les réseaux sociaux, Mohamed-Ali a dû essuyer des commentaires dubitatifs, voire ouvertement haineux, malgré son geste.

Deux mois plus tard, la mairie de Cergy a décidé de trancher : le jeune homme vient officiellement de recevoir une médaille de la ville, remise en personne par le maire.

Médaille officielle sur ruban rouge dans une mairie

« C’était automatique » : le détail qui change tout

Dans un contexte marqué par la multiplication des attaques au couteau en France, à l’image de celle qui avait semé la terreur à Mulhouse, le geste de Mohamed-Ali prend une résonance particulière.

Face à ceux qui doutent encore de son intervention, le jeune homme choisit la sobriété. « Je n’ai pas réfléchi, c’était automatique », confie-t-il, loin de toute posture héroïque.

Pas de fierté exagérée, pas de récit grandiloquent. Juste un réflexe, celui d’un citoyen qui refuse de détourner le regard quand des vies sont en danger sous ses yeux.

C’est précisément ce contraste qui a marqué le maire (PS) de Cergy, Jean-Paul Jeandon. En lui remettant la médaille de la ville, l’élu a tenu à saluer publiquement ce sang-froid.

« Je suis fier de notre jeunesse cergyssoise », a-t-il résumé, dans une allocution où transparaît une volonté claire : rappeler que les jeunes ne font pas toujours la une pour de mauvaises raisons.

Ce que cette reconnaissance change pour lui

Pour Mohamed-Ali, cette médaille n’est pas qu’un symbole. C’est aussi une revanche discrète sur les commentaires haineux essuyés après la diffusion des images de son intervention.

À 26 ans, il assume désormais un rôle qu’il n’avait pas choisi : celui de porte-voix d’une génération trop souvent résumée à ses dérapages. « On ne parle pas assez des bonnes actions des jeunes, ils sont trop souvent évoqués du côté négatif », estime-t-il.

Ce discours prend un relief particulier dans un climat national où les faits divers liés à la violence urbaine occupent régulièrement l’actualité, à l’image du projet d’attentat visant le Louvre déjoué récemment.

Des affaires qui, ailleurs dans le monde, se terminent parfois de façon bien plus tragique, comme cette attaque au couteau à Times Square qui a tourné au drame face à la police.

Face à ce paysage anxiogène, l’histoire de Mohamed-Ali agit presque comme un contrepoint. Un rappel que le sang-froid d’un simple passant peut parfois éviter le pire, quand tant d’autres scènes finissent en tragédie.

Deux mois après les faits, la médaille de Cergy referme, en partie seulement, ce chapitre difficile pour le jeune homme, entre reconnaissance officielle et cicatrices laissées par la haine en ligne.

Ce geste automatique, presque involontaire, aura suffi à changer le regard d’une ville entière sur sa jeunesse. Mais toutes les histoires d’intervention en pleine rue ne connaissent pas une issue aussi apaisée : ce médecin poignardé à Courbevoie en plein cabinet a lui aussi frôlé le pire, dans des circonstances bien plus sombres.

Et à des milliers de kilomètres de là, cet homme en fauteuil roulant immolé en pleine rue aux Pays-Bas rappelle, à sa manière glaçante, à quel point le geste d’un inconnu peut parfois tout changer.

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