Larissa Brito tuée à 25 ans : le message glaçant échangé avec son ex quelques heures avant la découverte de son corps

Ce lundi 21 septembre, des douaniers contrôlent une voiture sur une aire de l’A8, près de Brignoles, dans le Var. Dans le coffre, ils découvrent le corps sans vie de Larissa Brito, une jeune Brésilienne de 25 ans installée à Nice. Au volant, son ex-compagnon, un homme de 29 ans, est aussitôt interpellé.
Mais quelques heures plus tôt, à des milliers de kilomètres de là, sa mère échangeait déjà avec lui des messages qui allaient prendre un tout autre sens.
Une mère qui sent que quelque chose ne va pas
Arrivée en France il y a trois ans pour travailler comme mannequin, Larissa Brito vivait à Cannes avec son nouveau compagnon. Selon sa mère, Liliane, jointe depuis le Brésil, la relation était « normale ». Mais l’ombre du passé n’avait jamais totalement disparu.
Avant lui, la jeune femme avait été en couple cinq mois avec l’homme aujourd’hui interpellé. Une relation que Liliane décrit comme violente. « Il était violent avec elle et elle n’a plus voulu continuer.
Mais lui n’acceptait pas la fin de leur relation », affirme-t-elle, selon les propos rapportés par Nice-Matin. Il l’aurait ensuite harcelée « quotidiennement sur les réseaux sociaux, mais aussi en personne », allant jusqu’à la menacer de mort.
La semaine précédant sa mort, il aurait retrouvé son adresse et lui aurait « tout volé », avant de revenir en disant vouloir « faire la paix ». Un contexte qui rappelle d’autres affaires de violences conjugales jugées ces derniers mois en France.
Les messages WhatsApp qui retracent l’heure par heure
Le 21 septembre au matin, Liliane ne parvient plus à joindre sa fille. À 7h30, elle écrit : « Elle ne reste jamais sans me parler ». Deux minutes plus tard, elle demande directement à l’ex-compagnon de Larissa : « Qu’est-ce qui est arrivé à ma fille ? ».
À 8h18, sa mère insiste : « Je tremble ici. Je ne suis jamais restée aussi longtemps sans lui parler ». L’homme lui répond alors qu’il va simplement acheter un nouveau chargeur à Larissa, le sien étant « tombé dans l’eau ».
Quand Liliane annonce qu’elle va prévenir les autorités, il la bloque aussitôt sur l’application. Elle sollicite alors le nouveau compagnon de sa fille, originaire de Cannes, pour qu’il se rende sur place. À 8h56, elle lui écrit : « Pourquoi elle n’ouvre pas la porte ? ».
Selon ses déclarations à la police brésilienne, l’homme aurait trouvé l’appartement « tout mouillé », sans les affaires personnelles de la jeune femme. Un scénario aussi troublant que certaines disparitions qui ont marqué l’actualité ces dernières années.

Un signalement déposé à 15 heures, un corps découvert au même moment
À 15 heures précises, Liliane se présente au 74e commissariat de Parada de Taipas, à São Paulo, pour signaler officiellement la disparition de sa fille. Au même instant, à des milliers de kilomètres, les douaniers contrôlent la voiture sur l’A8 et découvrent le corps de Larissa Brito, dissimulé sous des vêtements.
Selon les éléments communiqués par le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, la jeune femme présentait plusieurs lésions traumatiques et des blessures par arme blanche. Les enquêteurs ont également relevé que son domicile niçois semblait avoir été nettoyé récemment.
Ce mercredi 23 septembre, le parquet de Nice a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour « meurtre par ex-conjoint » et a demandé le placement en détention provisoire du suspect, qui n’a pour l’instant pas été jugé et bénéficie de la présomption d’innocence.
Une affaire qui, une fois encore, met en lumière la difficulté à agir à temps face à un signal d’alerte venu de loin.
Un chargeur « tombé dans l’eau », un appartement « nettoyé », un homme qui bloque une mère en pleine panique : chaque détail de cette journée du 21 septembre prend, a posteriori, une tournure glaçante. L’enquête, désormais confiée à la justice, devra établir les responsabilités exactes dans cette affaire qui a bouleversé la communauté brésilienne de la Côte d’Azur.