Mathilde Favier et Nicolas Altmayer : ce que les secours ont découvert en arrivant sur place à Airvault

Un accident de la route peut basculer une vie en une fraction de seconde, on le sait tous. Mais quand les victimes s’appellent Mathilde Favier, figure incontournable de Dior, et Nicolas Altmayer, producteur derrière Brice de Nice ou OSS 117, le choc dépasse le cercle familial.
Ce lundi 17 août, sur une départementale des Deux-Sèvres, leur voiture a percuté un poids lourd. Ce que les secours ont trouvé en arrivant sur les lieux glace encore ceux qui les ont connus.
Un accident sur une route à trois voies, en pleine journée
Tout s’est joué lundi 17 août sur la D938, une départementale qui relie Thouars à Parthenay, à hauteur de la commune d’Airvault. À bord d’une Mini Austin, Mathilde Favier et Nicolas Altmayer circulaient tranquillement quand leur véhicule est entré en collision frontale avec un poids lourd. Le choc a été d’une violence telle que les deux occupants n’ont eu, semble-t-il, aucune chance de s’en sortir.
La portion de route où le drame s’est produit comporte trois voies, un aménagement classique pensé pour faciliter les dépassements sur cet axe fréquenté. C’est justement cette configuration qui complique aujourd’hui le travail des enquêteurs.
Se trouvaient-ils sur la voie centrale au moment de l’impact ? Qui, du poids lourd ou de la Mini Austin, s’est déporté vers l’autre sens de circulation ? Ces questions restent en suspens, et la reconstitution précise de la trajectoire des deux véhicules va s’avérer déterminante pour comprendre ce qui a réellement basculé ce jour-là sur cette route qu’empruntent chaque jour des dizaines d’automobilistes.
Des victimes découvertes incarcérées dans l’habitacle
Lorsque les secours sont arrivés sur place, le tableau qu’ils ont découvert était particulièrement éprouvant. Mathilde Favier, 57 ans, et Nicolas Altmayer, 61 ans, ont été retrouvés « incarcérés dans l’habitacle de la voiture », selon les premiers éléments communiqués. Cette expression, utilisée par les services de secours, désigne une situation où les victimes sont littéralement piégées par la structure du véhicule déformée par le choc.
Aucune manœuvre de réanimation n’a pu changer l’issue. Les deux occupants de la Mini Austin sont décédés sur les lieux mêmes de l’accident, sans avoir pu être extraits vivants du véhicule. La violence de la collision, décrite comme frontale, explique en grande partie l’ampleur des dégâts constatés sur la carrosserie et l’impossibilité d’intervenir à temps.
Cette découverte a immédiatement déclenché une enquête pour déterminer les responsabilités exactes. Le conducteur du poids lourd, lui, s’en est sorti et a été placé en garde à vue dans la foulée, une procédure classique après un accident mortel de ce type, le temps de recueillir sa version des faits et celle d’éventuels témoins.

Aucune trace d’alcool ni de stupéfiants chez le chauffeur
Point important révélé par les enquêteurs : le conducteur du poids lourd n’aurait consommé ni alcool ni stupéfiants avant l’accident. Cette précision, loin d’être anodine, oriente les investigations vers d’autres pistes : une erreur de trajectoire, un moment d’inattention, ou un enchaînement de circonstances encore flou sur cette portion à trois voies.
Des analyses toxicologiques complémentaires et des examens médico-légaux doivent encore être menés pour clore le dossier. Les enquêteurs veulent comprendre avec précision comment deux véhicules ont pu se retrouver sur une trajectoire de collision alors que la route était conçue pour éviter justement ce type de scénario.
Pendant ce temps, les hommages continuent d’affluer. Chez Dior, où Mathilde Favier occupait depuis douze ans le poste de directrice des relations publiques de Dior Couture, Delphine Arnault a salué « sa joie communicative, son optimisme, son courage ». Du côté du cinéma, Franck Gastambide, bouleversé par la perte de son producteur et mentor depuis quinze ans, a confié l’avoir eu au téléphone la veille encore de l’accident, comme si de rien n’était.
L’enquête devra désormais trancher une question centrale : qui, du poids lourd ou de la Mini Austin, s’est réellement déporté. En attendant, deux carrières marquantes — celle d’une femme discrète mais essentielle chez Dior, celle d’un producteur qui a porté au grand écran des générations de comédiens français — se sont arrêtées net sur une route de campagne des Deux-Sèvres.
Un accident, deux vies, et une industrie du luxe comme celle du cinéma orphelines du même coup. Reste une certitude glaçante : la violence du choc n’a laissé aucune place au hasard heureux, et les enquêteurs devront désormais reconstituer, mètre par mètre, les derniers instants de ce trajet entre Thouars et Parthenay.