Mort de Nahel : le policier jugé pour violence ayant entraîné la mort et non pour meurtre
La justice a tranché dans l’affaire de la mort de Nahel Merzouk. Jeudi 5 mars 2026, la cour d’appel de Versailles a décidé que le policier auteur du tir mortel sera jugé pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, et non pour meurtre.
Une requalification qui garantit un procès mais qui suscite déjà de vives réactions, notamment du côté de la famille de l’adolescent.
Un mort qui avait divisé le pays
Jeudi 5 mars 2026, la cour d’appel de Versailles a rendu sa décision dans l’affaire de la mort de Nahel Merzouk, tué le 27 juin 2023 à Nanterre lors d’un contrôle routier.
Comme l’ont rapporté BFM et l’AFP, le policier auteur du tir sera renvoyé devant la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine pour « violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner », et non pour meurtre.
La juridiction n’a donc pas suivi la qualification initiale retenue par les juges d’instruction. Dans son communiqué, la cour explique que « la cour d’appel de Versailles n’a pas suivi les juges d’instruction quant à l’intention d’homicide, estimant qu’il n’était pas établi que Florian M. était animé, au moment du tir, de la volonté d’ôter la vie au conducteur ».
Elle ajoute que le policier « avait pu avoir la conviction, qu’en redémarrant, la Mercedes (…) était susceptible de porter atteinte à l’intégrité physique de tiers ou à la sienne ».
En revanche, la cour précise aussi « que n’avait pas été établie l’absolue nécessité qui se serait imposée à Florian M. de tirer dans l’habitacle du véhicule« .
Un tournant dans l’affaire
Cette décision marque un tournant par rapport à celle rendue le 3 juin 2025. A cette date, rappellent BFM et l’AFP, deux juges d’instruction avaient ordonné le renvoi du policier devant la cour d’assises pour meurtre, suivant les réquisitions du parquet de Nanterre.
Le fonctionnaire avait fait appel de cette ordonnance. Son avocat, Me Laurent-Franck Liénard, estimait alors que « le tireur n’a rien à faire devant une cour d’assises parce qu’il a exercé un tir qui était légitime, qui était prévu par la loi ».
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La cour d’appel a également confirmé le non-lieu pour le second policier présent lors du contrôle. Comme l’a indiqué Me Pauline Ragot, avocate de ce dernier, « on se réjouit de cette décision », ajoutant qu’elle « rétablit une partie de la vérité de cette affaire » et « marque l’épilogue judiciaire pour mon client et entérine son innocence », selon les déclarations relayées par BFM et l’AFP le 5 mars.
Du côté de la famille de l’adolescent, la décision passe beaucoup moins bien. D’après 20 Minutes et l’AFP, également le 5 mars 2026, les avocats de la mère de Nahel dénoncent une décision difficile à comprendre.
Me Frank Berton a notamment qualifié cette requalification de « scandaleuse et honteuse ». L’avocat assure que « la mère de Nahel est scandalisée, tous ses comités de soutien le sont aussi » et estime que la chambre de l’instruction « confisque le débat qui devait se tenir devant une cour d’assises ».
La mort du jeune homme, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, avait provoqué plusieurs nuits d’émeutes à travers la France.
Selon le bilan de la mission d’information parlementaire publié en avril 2024 et rappelé par BFM, ces violences avaient fait plus d’un millier de blessés, dont 782 membres des forces de l’ordre, et entraîné 16 400 déclarations de sinistre pour un coût total estimé à 793 millions d’euros.