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En Moselle, ce couple de familles d’accueil visait un profil précis : 26 enfants concernés en 20 ans

Publié par Cassandre le 06 Sep 2026 à 2:10

En Moselle, un couple d’assistants familiaux a hébergé une cinquantaine d’enfants entre le début des années 1990 et 2016. Une simple plainte, déposée en 2022 par une jeune femme tout juste majeure, a suffi à faire remonter des décennies de silence. Aujourd’hui, les enquêteurs parlent d’une vingtaine de victimes présumées parmi les anciens mineurs accueillis. Reste à comprendre comment une telle affaire a pu échapper aux radars pendant si longtemps.

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Une plainte isolée qui ouvre une enquête tentaculaire

Tout est parti d’une plainte, déposée en 2022 par une ancienne mineure accueillie chez ce couple installé à Rohrbach-lès-Bitche, en Moselle. Elle accuse l’homme et son épouse de violences habituelles et de corruption de mineurs. De quoi alerter le parquet de Sarreguemines, qui décide alors d’élargir le champ de l’enquête bien au-delà de ce seul témoignage.

Les enquêteurs se lancent dans une véritable traque administrative : retrouver tous les anciens enfants passés par cette famille d’accueil depuis le début des années 1990. Une cinquantaine d’entre eux, aujourd’hui dispersés partout en France, sont finalement retrouvés et auditionnés.

Sur ce total, 26 anciens mineurs disent avoir subi des violences, des agressions sexuelles, des tentatives de viols ou des viols. Un chiffre qui a fait basculer une plainte isolée en dossier d’ampleur, confié depuis à un juge d’instruction. Ce genre de procédure suit une logique bien connue : plus l’enquête avance, plus le cercle des témoins s’élargit, quitte à faire ressurgir des souvenirs enfouis depuis des années.

Vingt ans de faits, une génération entière concernée

Les faits reprochés s’étalent sur près de vingt ans, entre 1997 et 2016. Ils concernent 14 garçons et 12 filles, qui pour la plupart ne se sont jamais croisés au sein de cette famille d’accueil. Chacun est arrivé, reparti, sans savoir que d’autres enfants viendraient après lui vivre la même chose.

« C’est toute une génération de mineurs qui est concernée », résume le procureur de la République de Sarreguemines, Olivier Glady. La formule résume à elle seule l’ampleur du dossier : ce ne sont pas quelques cas isolés, mais un système présumé, installé sur la durée, dans un cadre censé protéger les enfants les plus vulnérables.

Le 21 août dernier, une information judiciaire est ouverte. L’homme, âgé de 71 ans, est mis en examen pour viols, agressions sexuelles, tentatives de viols et corruption de mineurs. Son épouse, 69 ans, l’est pour non-dénonciation de mauvais traitements.

Une distinction juridique qui interroge sur le rôle exact de chacun dans ce système d’accueil familial censé garantir la sécurité des enfants placés, un dispositif encadré par la loi mais qui repose largement sur la confiance accordée aux familles agréées.

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Détention provisoire, puis remise en liberté sous contrôle

Après leur mise en examen, le couple a d’abord été placé en détention provisoire. Une décision qu’ils ont immédiatement contestée en faisant appel. Ce recours a payé : la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Metz leur a donné raison ce jeudi, ordonnant leur remise en liberté.

Les deux mis en examen sont désormais placés sous contrôle judiciaire. Ils contestent l’intégralité des faits qui leur sont reprochés, un point que rappelle systématiquement le parquet dans ce type de dossier encore en instruction. Aucune décision sur le fond n’a été rendue à ce stade.

L’affaire reste entre les mains du juge d’instruction de Sarreguemines, qui devra désormais confronter les 26 témoignages recueillis aux dénégations du couple. Un travail long, qui s’annonce d’autant plus complexe que les faits présumés remontent parfois à près de trente ans pour les plus anciens.

Une vingtaine de voix, dispersées aux quatre coins du pays, qui racontent aujourd’hui la même histoire d’enfance placée sous un même toit. L’instruction devra désormais dire ce qu’il en est vraiment. Que cette affaire fera-t-elle bouger dans le contrôle des familles d’accueil en France ?

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