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« Il ment pour cacher son erreur » : ce neurochirurgien aurait mutilé 200 patients en 18 ans

Publié par Cassandre le 10 Sep 2026 à 10:44
Patient assis seul dans un couloir d'hôpital sombre

Un chirurgien qui opère le cerveau, les nerfs, la moelle épinière, pendant dix-huit ans, sans que personne ne l’arrête. C’est le scénario glaçant qui se déroule en ce moment en Écosse. Une commission d’enquête parlementaire examine le parcours d’un neurochirurgien accusé d’avoir mutilé des centaines de patients.

Les témoignages qui remontent aujourd’hui donnent le vertige. L’un d’eux, en particulier, illustre l’ampleur du désastre.

Un chef de service resté en poste malgré les alertes

Sam Eljamel a exercé comme neurochirurgien à l’hôpital Ninewells de Dundee, en Écosse, de 1995 jusqu’à sa suspension en décembre 2013. Il y occupait le poste de chef du service de neurochirurgie, l’un des quatre centres spécialisés du pays.

Selon le Daily Record, relayé par La Dépêche du Midi, il aurait causé un préjudice à près de 200 patients durant ses dix-huit années d’exercice. Une commission d’enquête parlementaire, présidée par Lord Weir, a été ouverte pour faire la lumière sur ces accusations.

Le chiffre est confirmé de façon indépendante par la presse écossaise, qui évoque elle aussi jusqu’à 200 victimes potentielles. Ce climat de crise sanitaire rappelle à quel point la confiance envers une institution peut se fissurer d’un coup.

Un phénomène qu’on observe aussi ailleurs, comme lors des fissures aggravées qui minent des maisons entières sans qu’aucun signal d’alarme n’ait été pris au sérieux à temps. Le point commun : des victimes qui réclament aujourd’hui des réponses.

Un enjeu que l’on retrouve aussi dans des dossiers de victimes découvrant trop tard une vérité qui aurait pu tout changer plus tôt.

Des opérations ratées aux conséquences irréversibles

Le Daily Record décrit le cas d’une patiente au visage enflé et à l’œil boursouflé. Elle affirme que Sam Eljamel lui aurait retiré le canal lacrymal par erreur, alors qu’elle devait initialement être opérée d’une tumeur cérébrale.

Elle assure également que le chirurgien aurait ensuite menti pour dissimuler cette erreur, un détail qui donne toute sa gravité au dossier.

D’autres patients, cités par l’ancienne parlementaire écossaise Liz Smith, auraient perdu l’usage de leurs jambes à la suite d’interventions ratées. Ces victimes réclament aujourd’hui justice.

Leur nombre pose une question simple : comment un seul praticien a-t-il pu accumuler autant d’erreurs sans être stoppé plus tôt ?

La presse écossaise apporte un élément que la source française ne mentionne pas : une enquête policière baptisée Operation Stringent a été ouverte en 2018 après une investigation de la BBC. Celle-ci révélait que le chirurgien avait continué à opérer, et à blesser des patients, même après qu’une expertise externe eut alerté sur ses pratiques.

Un signal d’alarme ignoré pendant des années, à l’image de ces victimes dont les séquelles persistent longtemps après les faits. Ce type de silence institutionnel évoque aussi d’autres affaires où des alertes tardives n’ont pas suffi à protéger les personnes concernées à temps.

Registres médicaux entassés dans une archive poussiéreuse

Des dossiers médicaux détruits, une enquête qui s’annonce longue

Comme dans d’autres affaires où des preuves matérielles disparaissent au pire moment, l’ancienne parlementaire Liz Smith souligne un manque criant de rigueur dans la tenue des dossiers médicaux de Sam Eljamel.

Un détail confirmé outre-Manche : selon la presse écossaise, le NHS Tayside aurait détruit une quarantaine de registres du bloc opératoire potentiellement liés au chirurgien, malgré une consigne explicite de conservation.

Cette destruction de pièces, si elle est confirmée par la commission, complique considérablement le travail des enquêteurs et des victimes. Elles tentent de reconstituer, opération par opération, l’ampleur exacte des dégâts.

L’enquête parlementaire durera plusieurs mois. Un temps spécifique est prévu pour recueillir les témoignages des nombreuses victimes de l’ex-chirurgien, avant une phase consacrée aux professionnels de santé et aux organismes qui auraient dû exercer un contrôle.

Ce dossier illustre une réalité dérangeante : même dans un système de santé réputé rigoureux, un praticien peut opérer pendant près de deux décennies avant que l’accumulation de plaintes ne débouche enfin sur une enquête officielle.

Comme le rappellent d’autres affaires médicales retentissantes, y compris des scandales impliquant des questions de santé cérébrale restées trop longtemps sous silence, la lenteur institutionnelle a un coût humain immense.

Deux cents vies potentiellement abîmées, un poste de confiance conservé pendant dix-huit ans, et une enquête qui ne fait que commencer. L’affaire Sam Eljamel rappelle une chose simple mais essentielle : derrière chaque scandale médical, il y a des visages, des familles, et une attente de justice qui se compte parfois en décennies.

L’enquête parlementaire écossaise promet encore de nombreuses révélations dans les prochains mois.

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