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« Il y avait toujours un passage obligé : son lit » — le récit glaçant d’une accusatrice de Patrick Bruel

Publié par Cassandre le 13 Juin 2026 à 15:43
« Il y avait toujours un passage obligé : son lit » — le récit glaçant d'une accusatrice de Patrick Bruel
Femme assise seule dans un couloir d'hôtel sombre

L’affaire Patrick Bruel ne cesse de s’alourdir. Ce vendredi 12 juin 2026, deux nouvelles plaintes ont été déposées auprès du procureur de la République de Nanterre. L’une pour tentative de viol, l’autre pour viol. Une des plaignantes a livré un témoignage détaillé à Mediapart, retraçant des années de rencontres où l’admiration s’est muée en emprise silencieuse.

Amandine, 20 ans, fan au premier rang : comment tout a commencé

Dossiers juridiques posés sur un bureau en bois

C’est en octobre 2000, au Palais des spectacles de Saint-Étienne, que la rencontre a eu lieu. Amandine avait 20 ans. Avec trois amies, toutes fans du chanteur, elle avait décroché des places au premier rang.

Selon son récit, elles ont été « remarquées rapidement » par l’artiste et ses musiciens pendant le concert. L’après-spectacle a basculé quand Patrick Bruel et son entourage les ont invitées dans un bar prisé de la ville.

Le chanteur, dont la vie privée est scrutée depuis des semaines, lui aurait alors proposé de le rejoindre à l’hôtel Mercure. Amandine hésite, mais finit par accepter. Elle décrit « l’impression d’être choisie ».

De cette première nuit, elle ne garde presque rien : le peignoir du chanteur, « puis plus rien ». Seul le départ au petit matin persiste dans sa mémoire. Un trou noir inaugural qui marque le début d’une relation trouble, étalée sur plusieurs années.

Entre 2001 et 2003, les rencontres se multiplient. Spectacles des Enfoirés à Lyon, Clermont-Ferrand, Paris, Vienne. Des accès privilégiés, des restaurants, des pièces de théâtre. Mais un schéma se répète selon elle : « Il y avait toujours un passage obligé : son lit. »

« Ne le dis à personne, personne ne te croira » : l’emprise décrite par la plaignante

Amandine est aujourd’hui psychothérapeute. Avec le recul, elle pose des mots cliniques sur ce qu’elle a vécu. À l’époque, elle affirme n’avoir « pas de désir pour lui ». L’admiration pour la star suffisait à la maintenir dans cette orbite.

La phrase qui l’a marquée, Patrick Bruel l’aurait prononcée dans un hôtel à Vienne : « Ne le dis à personne, de toute façon personne ne te croira. » Une injonction au silence que d’autres accusatrices ont également rapportée dans des termes similaires.

L’emprise a pris fin en 2005, quand Amandine a déménagé sur l’île de La Réunion. Elle y a rencontré son futur mari. La distance géographique a fonctionné comme une rupture nette. Mais le chanteur, déjà visé par de nombreux témoignages, n’avait pas oublié.

En 2007, il se trouvait à La Réunion pour un festival du film. Amandine, alors âgée de 27 ans, a accepté de le retrouver pour un simple café à l’hôtel Villas du Lagon. Ce qui s’est passé ensuite constitue le cœur de sa plainte pour tentative de viol.

« Quand j’arrive, il me dit de monter dans sa chambre, en prétextant qu’il est en retard. J’ouvre la porte, il est tout nu, il me pousse contre le mur et essaye de m’embrasser. Je le repousse, je pars. » C’est cette scène de 2007 qui fonde la première des deux nouvelles plaintes révélées ce vendredi.

26 accusatrices et ce n’est que le début selon l’avocate Jade Dousselin

La liste des accusatrices continue de s’allonger. Avec ces deux nouvelles plaignantes, Amandine rejoint les 25 femmes ayant déjà témoigné dans l’enquête de Mediapart. La seconde plainte, pour viol, concerne des faits datant de 2012. Les détails n’ont pas encore été rendus publics.

L’avocate Jade Dousselin, qui représente plusieurs plaignantes, a lâché une phrase lourde de sens : « Nous ne sommes qu’aux prémices. » Des mots qui laissent entrevoir d’autres dépositions à venir dans les semaines qui suivent.

Patrick Bruel, aujourd’hui âgé de 67 ans et récemment mis en examen, n’a pas réagi publiquement à ces deux nouvelles plaintes. Les faits allégués couvrent désormais une période de plus de douze ans, de 2000 à 2012.

Le mécanisme décrit par Amandine — concerts, backstage, hôtels, silence imposé — dessine un mode opératoire que d’autres témoignages avaient déjà esquissé. Chaque nouveau récit vient renforcer un faisceau qui, selon les enquêteurs, n’a pas fini de s’épaissir.

Vingt-six voix et une avocate qui promet que d’autres suivront. Dans cette affaire, le mot « prémices » résonne comme un avertissement. La question n’est plus de savoir si de nouveaux témoignages vont émerger, mais combien.

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