Trappes et La Verrière : le combattant amateur de MMA Pengo Bossio Wangi 26 ans victime de l’attentat raciste
Vendredi matin, la fusillade de Trappes et La Verrière a fait un mort et cinq blessés. Derrière ce bilan, il y a un visage, un nom, une salle de sport en deuil. Celle d’un jeune combattant que tout le monde décrivait de la même façon. Et ce qu’ils ont écrit à son sujet dit beaucoup de l’homme qu’il était.

Un sourire sur les tapis d’Aubervilliers, un vendredi matin à Trappes
La Atch Academy, salle d’arts martiaux située à Aubervilliers, a annoncé la nouvelle sur ses réseaux sociaux. Le combattant amateur de MMA Pengo Bossio Wangi, qui avait fréquenté la salle, figure parmi les victimes de l’attentat de Trappes et La Verrière.
Selon Le Dauphiné Libéré, l’auteur des tirs aurait visé des passants en tirant en rafale depuis sa voiture, avant d’être interpellé. Le bilan évoqué est d’un mort et de cinq blessés, dont une fillette de 12 ans. Le drame a été qualifié d’attentat raciste.
Pour comprendre l’ampleur de l’événement, on peut relire les premières heures des tirs en rafale à Trappes et La Verrière. Mais ici, l’histoire est celle de celui qui n’est pas rentré.
Que disent exactement ceux qui l’ont côtoyé chaque semaine sur les tapis ?
« Il était de ceux qui donnent l’exemple » : l’hommage de sa salle
Le message de la Atch Academy est court, sobre, et frappe par sa douceur. « Pengo faisait partie des nôtres », écrit la salle à propos de cet homme de 26 ans.
Elle poursuit : « Sur les tapis comme en dehors, il était de ceux qui donnent l’exemple : présent, respectueux, toujours prêt à pousser les autres vers le haut. » Un portrait de coéquipier, loin de toute image de violence.
Puis vient la phrase qui résume la sidération : « Son sourire, son énergie et sa générosité resteront gravés dans nos murs et dans nos coeurs. Aujourd’hui, les mots manquent. » Ces mots viennent d’un lieu où l’on apprend à encaisser les coups.
L’affaire a aussi fait remonter la question de l’identité du suspect de Trappes et La Verrière, déjà évoquée par notre rédaction. Mais la salle, elle, a choisi de ne parler que de lui.
Et sur le plan sportif, que sait-on de son parcours ?

Trois victoires, quatre défaites : le parcours d’un combattant amateur
Les débats sur le racisme qui agitent la société française rendent ce drame encore plus lourd à porter. Pour la salle, il s’agit d’abord de perdre l’un des siens.
Pengo Bossio Wangi avait combattu en poids welters (moins de 77 kg) puis en poids moyens (moins de 84 kg). Son bilan : trois victoires et quatre défaites.
Des chiffres modestes, ceux d’un amateur qui s’entraînait par passion. Et c’est bien ce que raconte la salle : l’important n’était pas le palmarès, mais la manière d’être sur les tapis.
Un site d’hommage, Libra Memoria, permet de déposer un message de condoléances ou de partager un souvenir. Selon Le Dauphiné Libéré, 10 hommages y avaient déjà été publiés. Dans un autre registre,
Un homme de 26 ans, un sourire, une salle qui refuse l’oubli : voilà ce qu’il reste d’un vendredi matin. Les mots manquent, disait sa salle, et ils manquent partout. Quand le racisme frappe, la réponse cash de Mbappé à une sénatrice montre comment le sport réagit. Et pour mesurer jusqu’où la violence peut aller, ce qui s’est passé à Rouen pose une autre question brûlante.