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Il rentrait déjeuner, il a entendu des coups de feu : le père qui a stoppé la tuerie de l’école en Oregon

Publié par Cassandre Jolivet le 17 Oct 2026 à 4:48
Homme au visage grave devant une école au crépuscule

Jeudi, un charpentier de 36 ans rentre chez lui pour déjeuner. Sur sa route, l’école de ses deux filles. Il entend des détonations. Ce qu’il a fait dans les minutes qui ont suivi a poussé le président américain et la gouverneure de l’Oregon à s’exprimer. Mais le plus troublant n’est pas son geste : c’est ce qu’il ressent depuis.

Un déjeuner ordinaire, une école sur le trajet : les minutes qui ont tout fait basculer

Jeudi, dans une école élémentaire de l’Oregon, une fusillade a coûté la vie à trois enfants de 5, 8 et 11 ans et à une enseignante, selon les autorités. Une autre enseignante et un élève de 7 ans ont été blessés.

Le tireur présumé est un adolescent de 16 ans, ancien élève de l’établissement. Il aurait utilisé un fusil à pompe, qui aurait été acheté par sa mère, pour faire sauter les verrous du « sas de sécurité » censé protéger l’école. Il serait ensuite entré dans la section d’éducation spécialisée pour ouvrir le feu.

C’est à ce moment-là qu’un homme passe, par hasard. Kaylub Giamanco, 36 ans, charpentier, roulait vers chez lui pour déjeuner. Il longeait l’école où sont scolarisées ses filles, âgées de 5 et 10 ans, quand il a entendu les tirs, a raconté son frère à NBC News.

Les fusillades dans des lieux de fête ou de rassemblement d’adolescents rappellent à quel point tout se joue en quelques secondes, comme en Géorgie où 12 adolescents ont été blessés par balles lors d’un anniversaire. Ici, aucune équipe de secours n’était encore sur place.

Alors, qu’a décidé de faire cet homme, seul, devant une porte d’école déjà forcée ?

Il suit le tireur à l’intérieur : la décision prise en quelques secondes

Face au bâtiment, Kaylub Giamanco n’a pas fait demi-tour. Selon son frère Kyle, il s’est engagé derrière le jeune tireur et est entré dans l’école à sa suite. Aucune hésitation n’est rapportée, mais on imagine ce que représente ce choix quand on sait que deux de ses enfants se trouvaient potentiellement à l’intérieur.

Autre détail qui compte : toujours d’après Kyle, le charpentier possède une arme de poing dissimulée sur lui. Il l’avait donc avec lui ce jour-là, sans que rien ne laisse penser qu’il s’attendait à devoir s’en servir.

À l’intérieur, la scène s’est déplacée vers la zone d’éducation spécialisée, là où le tireur avait déjà commencé à tirer. C’est un espace destiné à des élèves parmi les plus vulnérables de l’établissement. Le père de famille avance, l’oreille tendue vers les détonations.

L’intérêt d’un tel récit ne tient pas qu’à l’acte, mais à ce qu’il rappelle sur la sécurité des écoles. Des images de caméra-piéton, comme celles d’un autre drame scolaire où des policiers affrontent un enfant armé, montrent à quel point ces secondes décident de tout.

Et voici ce qui s’est passé dans cette salle. Kaylub Giamanco a suivi le tireur dans la classe d’éducation spécialisée et lui a tiré dessus, mettant fin à l’attaque, selon les autorités. L’adolescent avait alors déjà tué les trois élèves et l’enseignante.

Mais ce qui arrive après cet instant est peut-être le plus lourd.

Sac à dos d'enfant abandonné dans un couloir vide

« Je ne suis pas un héros » : ce que ce père porte seul depuis

La reconstruction des enfants passera par des gestes simples, comme ces chiens de lecture qui aident les petits à retrouver confiance. Mais pour l’homme qui est entré, la blessure est d’une autre nature.

Selon son frère, Kaylub Giamanco ne se sent pas un héros. Il est hanté par ce qu’il a vu dans la classe et rongé par la culpabilité de ne pas avoir pu sauver davantage de personnes. Un sentiment que beaucoup de survivants décrivent, mais qui prend ici une dimension particulière : il est arrivé trop tard pour certains, et il le sait.

Sa famille est aussi liée de près au drame. Les Giamanco sont amis avec la famille de l’élève de 7 ans blessé. L’enfant, qui se déplace en fauteuil roulant, a reçu un tir au visage ; son état s’améliore après une intervention chirurgicale, selon Kyle.

Une cagnotte GoFundMe a été lancée pour lui. Elle doit financer son suivi psychologique, d’éventuels frais juridiques et son temps d’arrêt de travail. Ses organisateurs écrivent que lui, sa femme Kelsey et leurs deux filles ont « une route incroyablement difficile devant eux ».

C’est là le payoff de cette histoire : le geste qui a arrêté le massacre n’efface rien pour lui, et il n’est pas certain qu’il n’ait pas à répondre de ses actes devant la justice, comme le suggère la mention de frais juridiques. Mais d’autres voix se sont déjà exprimées.

Les mots de Trump, les mots d’une mère : ce qui divise déjà l’Amérique

Vendredi, devant la Maison-Blanche, Donald Trump a salué « un grand héros » qui « a fait le boulot ». Selon lui, sans cet homme, « ça aurait été bien pire », et il a remercié un homme « qui avait une arme et savait s’en servir ». Le président avait fait l’objet d’un autre épisode médiatique remarqué : un discours truffé de fausses informations médicales.

Jeudi, lors d’une conférence de presse, la gouverneure de l’Oregon, Tina Kotek, avait elle aussi salué l’intervention d’un habitant. Elle a évoqué le « lourd fardeau émotionnel » de son geste et lui a adressé ses pensées.

Les récits des enfants rescapés sont tout aussi marquants. Selon The New York Times, les élèves étaient habillés pour la journée photo. Une mère, Hannah Ferrie, explique que sa fille de 7 ans a dû rester silencieuse près de son enseignante en entendant des coups de feu et du verre se briser. Depuis, l’enfant ne la quitte plus et refuse de dormir seule.

« C’est un soulagement immense, mais aussi un profond sentiment de culpabilité que d’autres parents n’aient pas eu cela », a-t-elle confié. Elle a ajouté que ce problème est « systémique » aux États-Unis et qu’elle ne supporterait plus d’entendre des « pensées et prières ».

Le père d’un des enfants tués a écrit sur Facebook que c’était « le pire jour de sa vie ». Pour le reste, la violence ne s’arrête pas aux salles de classe, et les récits ne manquent pas, comme celui de cette journaliste agressée dans un tramway. L’enquête sur la fusillade de l’Oregon se poursuit.

Un père a franchi la porte quand tout le monde fuyait : voilà ce que retient cette journée, et ce qu’il ne parvient pas à oublier. Si vous aimez les histoires où une simple coïncidence change tout, cet attentat manqué qui a inventé la voiture piégée moderne vous glacera. Et pour quelque chose de plus léger, voyez cette marche de 14 cm accusée d’empêcher de rentrer dans un garage.

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