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Plutonium de Russie livré par la poste à 67 clients américains : l’étrange boutique d’un ex-détenu

Publié par Cassandre le 06 Oct 2026 à 16:45
Colis et fiole métallique sur une boîte aux lettres

Une boutique en ligne qui vend les éléments du tableau périodique, on dirait le passe-temps d’un passionné de chimie. Sauf que, dans le Massachusetts, l’un de ces vendeurs aurait expédié du plutonium et du thallium à des dizaines de clients, par simple courrier postal. Son passé judiciaire, ce que les enquêteurs ont trouvé chez lui et la date de son verdict rendent l’affaire encore plus troublante.

Collect The Periodic Table : la boutique d’éléments chimiques qui cachait un lourd passé

Jacob D. Miller, 44 ans, a plaidé coupable, a annoncé lundi le bureau du procureur fédéral du district du Massachusetts. Il reconnaît avoir importé du plutonium depuis la Russie et l’avoir fait livrer à son domicile de South Hadley, pour son entreprise baptisée « Collect The Periodic Table ».

Le concept : vendre des échantillons d’éléments chimiques, un peu comme on vend des minéraux ou des cartes de collection. Au catalogue, selon les autorités, figuraient du plutonium radioactif et du thallium, un métal lourd extrêmement toxique.

Les ventes passaient par sa propre structure, mais aussi par une plateforme tierce, Bonanza. Un débouché grand public, donc, très loin des circuits spécialisés que l’on imagine pour ce genre de produits.

Le profil du vendeur, lui, détonne. Selon les procureurs fédéraux, il avait été condamné en février 2004 pour détention d’images pédopornographiques et possession d’un engin explosif. Il avait écopé de deux ans et demi de prison et de dix ans de mise à l’épreuve.

C’est après sa libération qu’il aurait lancé son commerce d’éléments chimiques. Ce n’est pas la première fois qu’une substance radioactive surgit là où personne ne l’attend : des fioles de polonium découvertes pendant une chasse aux œufs de Pâques en Allemagne en sont un autre exemple saisissant.

Mais combien de colis sont réellement partis de South Hadley ? Les chiffres donnent un peu le vertige.

Des colis de plutonium dans la boîte aux lettres : ce que les chiffres des procureurs révèlent

D’après les procureurs, l’homme aurait vendu du plutonium à environ 67 clients entre le 30 décembre 2020 et le 31 mars 2025. Plus de quatre ans d’activité, donc, avant que la justice ne s’en mêle.

Le plus surprenant tient au mode de livraison. Les autorités affirment que l’élément radioactif était expédié par le courrier postal américain, comme n’importe quel colis ordinaire.

Le thallium, lui, aurait trouvé encore plus d’acheteurs : 71 clients répartis dans tout le pays, toujours selon les fédéraux. Autrement dit, des dizaines de foyers américains auraient reçu l’une de ces deux substances dans leur boîte aux lettres.

Reste à comprendre pourquoi ces deux éléments inquiètent autant. Le plutonium est un métal argenté radioactif, qui peut servir à fabriquer des armes nucléaires. C’est aussi un poison mortel s’il pénètre dans l’organisme par inhalation, par une plaie ouverte ou par ingestion.

Le thallium, lui, est un métal lourd extrêmement toxique, inodore, sans goût et lent à agir. Trois caractéristiques qui expliquent la gravité du dossier aux yeux des enquêteurs.

Le mot « nucléaire » fait vite frissonner, au point que certains se demandent déjà quels pays européens seraient les plus sûrs en cas de conflit nucléaire majeur. Ici, pas de missile ni de guerre : tout est parti d’une simple adresse dans le Massachusetts.

Tout a basculé en avril 2025, quand les enquêteurs ont frappé à la porte. Et ce qu’ils ont trouvé dans la maison n’avait plus rien d’un commerce de collectionneur.

Enquêteur en combinaison examinant des munitions et flacons

La perquisition d’avril 2025 : explosifs, six armes et cinq chefs d’accusation

Les armes nucléaires reviennent sans cesse dans l’actualité, mais cette affaire rappelle qu’une matière radioactive peut aussi circuler à bas bruit, par des canaux tout à fait ordinaires.

Lors de la perquisition d’avril 2025, les enquêteurs ont mis la main sur une boîte contenant des flacons de poudre explosive. Ils ont aussi découvert de nombreuses munitions et six armes à feu que l’homme n’avait pas le droit de détenir, selon le parquet.

Autre découverte, plus sombre : de nouveaux contenus pédopornographiques ont été retrouvés sur son ordinateur portable et son téléphone. Selon les procureurs, il y avait accédé la veille du mandat de perquisition.

Un grand jury l’a inculpé le 17 avril. Il est derrière les barreaux depuis son arrestation, ce même mois, d’après les documents judiciaires.

Le plaidoyer de culpabilité porte sur cinq chefs d’accusation. Il reconnaît la détention de munitions par une personne condamnée, la détention de matières explosives dans la même situation, l’importation de matière nucléaire sans autorisation légale, l’envoi de matières dangereuses par courrier et la détention de contenus pédopornographiques.

Voilà donc la réponse au titre : le plutonium venu de Russie, les ventes par la poste et le nombre de clients figurent bien au cœur du dossier. Reste une question : que risque-t-il, et qu’est-ce qui reste à éclaircir ?

Ce que la justice décidera le 21 janvier 2027

Le verdict n’est pas encore tombé. Le juge fédéral Mark Mastroianni doit prononcer la peine le 21 janvier 2027. D’ici là, l’intéressé reste en détention.

La source ne précise ni la peine encourue ni le sort des échantillons vendus. On ignore aussi ce que sont devenus les colis chez les acheteurs, et le parquet ne détaille pas ce point dans son communiqué.

Ce silence nourrit une question simple : comment des matières aussi sensibles ont-elles pu circuler pendant plus de quatre ans ? Le communiqué ne répond pas, et mieux vaut rester prudent sur les suites que prendra l’enquête.

Le fait que le plutonium vienne de Russie ajoute une dimension sensible, dans un contexte où les menaces nucléaires sont déjà très présentes dans l’actualité. Comme le montre la menace d’un choc « catastrophique » brandie par Moscou, le sujet est brûlant, même si aucun lien n’est établi ici entre cette affaire et la politique russe.

À l’inverse, c’est parfois la surveillance des frontières qui fait parler. La Chine affirme ainsi avoir intercepté des tortues équipées de capteurs espions dans ses eaux, preuve qu’un objet venu d’ailleurs peut vite devenir une affaire d’État.

Pour l’instant, une seule date compte : janvier 2027, et la peine qui sera prononcée.

Du plutonium dans une boîte aux lettres, cela ressemble à un scénario de film, et c’est pourtant ce que décrit un dossier fédéral. Un commerce de « collection » aurait ainsi livré des substances mortelles à des dizaines de foyers.

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