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Policier accusé de noyer un lycéen à Belfort : ce que la vidéo virale ne montre pas, selon le procureur

Publié par Cassandre le 04 Oct 2026 à 8:11
Policier accusé de noyer un lycéen à Belfort : ce que la vidéo virale ne montre pas, selon le procureur

Une vidéo tourne en boucle sur X : on y voit un policier et un jeune aux prises dans une rivière de Belfort. Beaucoup y lisent une tentative de noyade. Le procureur de la République, Paul-Édouard Lallois, dément formellement et affirme détenir d’autres images, prises sous plusieurs angles. Que montrent-elles des instants qui précèdent ? Et pourquoi parle-t-il d’une séquence tronquée ?

Une rivière, un policier, un lycéen : la vidéo qui a mis X en ébullition

Tout part d’une séquence courte, filmée dans la Savoureuse, la rivière de Belfort. On y voit un commandant de police aux prises avec un jeune dans le cours d’eau. Quelques instants plus tard, le même policier est passé à tabac.

Sur X, la vidéo s’est répandue à toute vitesse. Certains médias et de nombreux internautes y ont vu une tentative de noyade de la part du fonctionnaire. L’accusation est lourde, et elle a immédiatement coupé les commentaires en deux camps.

Les réactions en disent long sur l’état des esprits. Un internaute parle d’une bavure évidente, un autre dénonce ceux qui chercheraient à salir les forces de l’ordre, un troisième redoute une guerre civile. Le ton est monté d’un cran en quelques heures.

Le scénario d’une vidéo virale contestée n’a rien d’inédit. À Lille, la vidéo d’un chien lâché sur des lycéens en colère avait déjà valu un démenti de la préfecture. Ici, c’est le parquet qui prend la parole.

Le procureur de la République de Belfort, Paul-Édouard Lallois, rejette formellement la version d’une noyade volontaire. Son argument : la séquence diffusée serait tronquée. Presque aucun commentaire ne s’interroge sur ce qui précède la scène, alors que tout se joue là.

Des jets de projectiles à la berge : ce que le parquet dit avoir vu sur plusieurs vidéos

Selon le parquet, la vidéo virale ne permet pas de comprendre pourquoi les deux hommes se retrouvent dans l’eau. Le procureur affirme en effet disposer de plusieurs vidéos, tournées sous différents angles, qui couvrent aussi les instants précédents.

Reste à savoir qui était ce jeune et pourquoi un commandant de police s’en est occupé en personne. D’après le parquet, le lycéen était soupçonné d’avoir participé à des jets de projectiles contre les forces de l’ordre. Il l’était aussi d’avoir tenté de provoquer un départ de feu.

Le commandant du renseignement territorial aurait alors décidé de procéder lui-même à l’interpellation. Le détail compte : il ne s’agit pas, dans cette version, d’un équipage anti-émeute lancé à la poursuite d’un groupe, mais d’un officier qui choisit d’intervenir.

Les rumeurs virales suivent toujours le même schéma : un extrait, une émotion, puis un récit qui s’écrit tout seul. On l’a vu quand de fausses alertes météo ont affolé les réseaux. Le contexte manquant fait presque toujours la différence.

Alors, que s’est-il passé juste avant le plongeon ? Selon le parquet, le suspect aurait tenté de prendre la fuite, avant de chuter dans un talus. Dans sa chute, il aurait entraîné le policier avec lui jusqu’à la rivière. D’après cette version, le fonctionnaire n’aurait donc jamais conduit volontairement le jeune dans l’eau pour lui maintenir la tête immergée.

Reste à comprendre ce qui s’est passé ensuite, dans le cours d’eau, puis sur la berge.

Rivière calme et talus herbeux en milieu urbain

Menotté, debout, puis encerclé : la suite que la vidéo virale ne montre pas

https://x.com/jean_bexon/status/2106082071227564367

Comme le maire d’Orléans face à une fake news, le procureur dit s’appuyer sur l’ensemble des images pour remettre la séquence dans l’ordre. Voici la chronologie qu’il livre.

Une fois dans la rivière, le commandant aurait tenté de maîtriser le jeune et de le menotter. Il l’aurait ensuite ramené rapidement vers la berge. Le procureur juge ce déroulement cohérent avec toutes les images dont disposent les enquêteurs.

Des vidéos tournées juste après montreraient le jeune debout, marchant aux côtés du policier, sans problème de santé apparent. C’est un point central : il irait à l’encontre de l’idée d’une victime à moitié noyée.

Puis la scène bascule. Alors que le commandant remontait vers ses collègues, plusieurs individus auraient encerclé le policier. Il a reçu un violent coup dans le dos qui l’a projeté au sol, avant que plusieurs jeunes ne le frappent à coups de poing et de pied, notamment à la tête.

Le jeune interpellé, encore menotté à un poignet, aurait lui aussi porté deux coups au policier à terre. Âgé de 59 ans, le commandant a momentanément perdu connaissance avant d’être évacué à l’hôpital.

Dernier détail avancé par le procureur : le policier disposait de son arme de service, mais aurait choisi de se défendre uniquement avec sa bombe lacrymogène. Voilà donc la réponse du parquet : pour lui, les images ne permettent pas d’étayer l’accusation de tentative de noyade.

Ce que l’enquête doit encore établir

Une enquête a été ouverte pour tentative d’homicide volontaire, qualification ensuite rapportée comme « tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Son objectif est d’identifier tous les auteurs des violences commises contre le policier et de préciser le rôle de chacun.

L’état de santé du commandant n’inspirait plus d’inquiétude majeure après son évacuation. Mais l’affaire est loin d’être close sur le plan judiciaire : personne n’est jugé à ce stade, et la présomption d’innocence s’applique à chacun.

Il faut aussi garder en tête que ce récit repose, pour l’essentiel, sur la version du parquet. Le procureur affirme que les images concordent, mais ce sont ses mots qui nous les décrivent. Les vidéos complètes, elles, font partie du dossier d’enquête.

Le piège de ce type d’affaire, c’est la rapidité. Une fausse annonce peut faire le tour du web avant qu’on ait vérifié quoi que ce soit, comme cette présentatrice qui annonce en direct la mort du père de Messi, sauf que c’était faux.

Même mécanique, autre registre, avec la mort de Philippe Etchebest annoncée sur les réseaux. À chaque fois, le conseil reste le même : attendre les faits avant de choisir son camp.

À Belfort, la suite viendra de l’enquête, pas des commentaires.

Une vidéo n’est jamais toute l’histoire, surtout quand elle commence au milieu. Et si une phrase prononcée dans un couloir d’hôpital pouvait, elle aussi, faire le tour du monde, la rumeur « Schumacher est mort » née au CHU raconte une drôle de mécanique. Quant aux rumeurs qui s’invitent dans les cours de récré, ce que les petits-enfants de Brigitte Macron endurent depuis 5 ans a de quoi glacer.

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