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Accusé d’avoir volé l’identité d’un mort, un policier s’installe dans sa maison après l’avoir trouvé lors d’un contrôle

Publié par Cassandre Jolivet le 23 Oct 2026 à 16:49
Il trouve un mort lors d'un contrôle, s'installe chez lui et dépense 210 000 $ : un policier de Floride démasqué

Un voisin inquiet appelle la police. Un agent se déplace pour vérifier qu’un homme de 71 ans va bien. Banal, jusque-là.

Sauf que, selon les autorités de Floride, cette intervention de routine aurait été le début d’un scénario digne d’un film. Pendant des années, ce policier aurait vécu dans une maison qui n’était pas la sienne. Et la façon dont tout s’est écroulé vaut le détour.

Un contrôle de routine en juillet 2022, un homme de 71 ans retrouvé mort

Tout commence en juillet 2022. Brian Sguros, officier de la police de Lauderhill, en Floride, est envoyé pour un contrôle de bien-être chez Dennis West, 71 ans. C’est un voisin préoccupé qui a donné l’alerte, selon le bureau du shérif du comté de Broward (BSO).

L’agent trouve l’homme décédé. Il aurait pu s’arrêter là, faire son rapport et laisser la suite aux services compétents.

Mais d’après le BSO, il aurait fait tout autre chose. Les enquêteurs affirment que le policier aurait « créé un stratagème complexe pour prendre le contrôle de la maison » du défunt.

Pour comprendre l’ampleur du dossier, il faut regarder ce qui s’est passé juste après la découverte du corps. L’affaire rappelle, dans un autre genre, ce « geek » de 25 ans qui usurpait des procureurs et des policiers pour arnaquer des notaires.

Ici, pourtant, la cible n’était ni un notaire ni une entreprise. C’était une maison, et un mort qui ne pouvait plus rien dire. Reste à savoir comment on s’y prend pour s’approprier un logement dans ces conditions.

Faux ami, faux propriétaire : le scénario que décrivent les enquêteurs

Selon le communiqué du BSO, Sguros se serait impliqué dans les affaires post-mortem de West. Il se serait rendu au bureau du médecin légiste du comté de Broward en se faisant passer pour un ami du défunt, sans qu’aucun élément ne prouve que les deux hommes se soient jamais rencontrés.

Il aurait aussi affirmé que West n’avait aucune famille. Ce qui était faux.

Les accusations ne s’arrêtent pas là. Le policier aurait payé les taxes et les factures de la maison au nom de West, et utilisé l’identité du mort pour faire croire qu’il était toujours en vie. Objectif présumé : obtenir de la ville de Lauderhill un permis de travaux.

Autre point lourd : il aurait exploité son accès aux bases de données des forces de l’ordre pour récupérer des informations sur le défunt. Un autre dossier, celui d’une voiture confisquée et d’amendes liées à des infractions de policiers, montre combien l’accès aux fichiers peut peser.

L’affidavit de 21 pages va plus loin. Il évoque des signatures de West falsifiées sur plusieurs documents. Entre août 2022 et février 2025, Sguros aurait dépensé plus de 210 000 dollars de sa poche pour rénover les lieux, dont le remplacement des portes et des fenêtres en 2024.

Alors, comment un tel montage a-t-il fini par se fissurer ? La réponse tient à une simple vente immobilière.

Main tendant un trousseau de clés devant une porte neuve

La vente qui a tout fait basculer : un employé, une porte, un policier

La famille de Dennis West existait bel et bien. Ses proches ont légalement hérité de la maison, puis l’ont vendue à une société immobilière. C’est là, selon l’affidavit, que l’histoire a déraillé, en août de l’année dernière.

Après l’achat, la société entre légalement en possession du bien. Elle envoie un employé sur place. Et là, surprise : il tombe sur Sguros.

Le policier aurait fini par remettre les clés. Mais pas sans réclamer un remboursement pour les réparations et améliorations qu’il disait avoir faites. Il aurait ensuite déposé une plainte contre la société immobilière.

Voilà le détail qui change la lecture de l’affaire. Plutôt que de disparaître, l’agent aurait tenté de se faire rembourser par ceux à qui la maison appartenait légitimement.

Dans des déclarations sous serment, produites lors de procédures civiles, il aurait expliqué avoir pris le contrôle du bien parce qu’il était dangereux, et qu’il voulait éviter les activités criminelles et les squatteurs. Un argument que les enquêteurs ne semblent pas avoir retenu.

Une voisine, interrogée par WSVN, raconte l’avoir vu sur place. Selon elle, il lui aurait dit être un ami de West, et que le défunt lui avait « donné la maison avant de mourir ». Il aurait aussi parlé d’en faire une location de courte durée.

Cinq chefs d’accusation et une suspension avec solde

Brian Sguros a été arrêté. Il est visé par cinq chefs : faute professionnelle dans l’exercice de ses fonctions, usage criminel de l’identification d’une personne décédée, usage criminel d’informations d’identification personnelles, infraction contre les utilisateurs informatiques et usage illicite d’un appareil de communication bidirectionnelle.

Tout cela reste, à ce stade, des accusations. Le policier n’a pas commenté, et on ignore s’il a un avocat. La présomption d’innocence s’applique donc pleinement.

Selon la BBC, il a été placé en congé administratif avec solde par le département de police de Lauderhill. Autrement dit, il est écarté du terrain mais continue d’être payé en attendant la suite.

Les enquêteurs retiennent un point qui frappe : il aurait vécu des années dans cette maison sans que personne ne s’en inquiète vraiment. L’identité d’un mort, utilisée comme un passe-partout administratif.

Et ce type de dossier n’est pas si rare dans le fond. Une femme des Vosges soupçonne sa propre mère d’avoir pris son identité, avec 50 000 € de dettes à la clé.

Ce qu’il faut surveiller dans les semaines qui viennent

La suite se jouera devant la justice. Les chefs d’accusation sont lourds, notamment parce qu’ils touchent à l’usage de fichiers réservés aux forces de l’ordre. Le dossier du BSO est détaillé, mais c’est un tribunal qui tranchera.

Il faudra aussi voir ce qu’il advient de la plainte déposée contre la société immobilière et de la demande de remboursement des travaux. Les deux procédures se croisent.

Autre question : le statut du policier à Lauderhill. Pour l’instant, il est suspendu avec solde, sans que l’on sache ce que décidera sa hiérarchie.

Cette histoire n’est pas isolée dans le genre. Un homme a été accusé d’avoir détourné 239 000 € en usurpant dix identités, preuve qu’une identité volée peut rapporter gros, au moins sur le papier.

Reste enfin la leçon, plus discrète : une simple vente immobilière a suffi à tout faire exploser. Quand une maison change légalement de mains, la vérité finit souvent par frapper à la porte.

Un contrôle de routine, une maison vide, et trois ans de vie empruntée : l’affaire Sguros montre qu’un uniforme ne protège pas des soupçons. Et si vous pensiez que les histoires d’identité volée se limitaient aux écrans, ce fils arrêté avec l’identité d’une disparue à Philadelphie va vous glacer. Et si la maison vous fait rêver, les 3 papiers qui évitent le squat quand on prête son logement méritent un coup d’œil.

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