À Philadelphie, ce tueur en série présumé filmait ses crimes : son fils arrêté avec l’identité d’une disparue

Une maison ordinaire, un homme de 82 ans mort l’an dernier, et un dossier qui donne froid dans le dos. À Philadelphie, la police vient de révéler l’ampleur d’une affaire qui dépasse l’entendement. Sept femmes disparues ou présumées mortes, des centaines de milliers d’images, et une vidéo si effroyable qu’elle a fait basculer toute l’enquête.
Une perquisition qui ouvre une boîte de Pandore
Tout commence en juin, quand des policiers fouillent le domicile de Raymond Horsch, surnommé RC, un homme mort à 82 ans l’année précédente. Selon le commissaire adjoint Frank Vanore, ils tombent sur des produits chimiques, des munitions, des drogues. Un inventaire qui aurait déjà mérité une enquête approfondie, comme dans ce dossier glaçant d’un neurochirurgien écossais mis en cause après des années de silence.
Mais ce que les enquêteurs découvrent ensuite change tout. Une vidéo montrant Horsch en train d’étrangler une femme, filmée avec deux caméras différentes. L’une fixée dans la pièce, l’autre tenue par lui-même. Un procédé glaçant, presque méthodique, qui évoque les violences documentées dans certaines agressions filmées ou relayées publiquement.
La victime a été identifiée par sa famille comme Nicole Fusaro, disparue en 2018 à l’âge de 27 ans. Selon son cousin Jonathan Halloran-Koren, interrogé par WPVI, la famille rencontre régulièrement les enquêteurs depuis la découverte des images.
Sept femmes liées à la maison des horreurs
Au total, cinq femmes liées à ce domicile sont présumées mortes, et deux autres restent portées disparues. Aucun corps n’a été retrouvé à ce jour, ce qui complique considérablement le travail des enquêteurs sur le terrain.
Parmi les victimes présumées figurent aussi Gabrielle Amarando et Maribel Fresses, apparues inconscientes ou sans vie dans les vidéos saisies, selon des sources proches de l’enquête citées par CBS News. L’ex-épouse même de Raymond Horsch, Amy McHale, figure sur la liste des disparues, aux côtés d’une autre femme, Blair Tonzelli.
Le pire vient peut-être du volume de preuves numériques : plus d’un million d’images et de vidéos ont été retrouvées dans la maison, avec 58 victimes présumées déjà identifiées. Quatre d’entre elles apparaissent inertes ou inconscientes dans les images, dix autres semblent avoir fait une overdose devant la caméra.
Seize autres femmes retrouvées vivantes ont refusé de coopérer avec les enquêteurs, trois ayant même décliné tout entretien. Un silence qui rappelle des situations d’emprise déjà documentées, comme ces échanges troublants entre logement et intimité qui se multiplient ailleurs.

Le fils arrêté avec les papiers d’une disparue
C’est un contrôle presque anodin qui a précipité toute l’affaire. Le 19 juin, un garde forestier fédéral repère une BMW noire garée dans une zone interdite du parc historique national d’Independence, à Philadelphie. À l’intérieur, Eugene Horsch, 44 ans, fils du suspect, accompagné d’une femme.
Selon la plainte consultée par le Daily Mail, le garde entend la passagère lâcher une phrase inquiétante en voyant la vitre s’ouvrir : elle craint qu’on lui fasse du mal. Les deux occupants présentent des plaies sur les bras, typiques d’une consommation de stupéfiants, et la femme bouge de façon saccadée.
Quand le garde demande une pièce d’identité, la carte présentée par la passagère correspond à une personne portée disparue à Philadelphie : Blair Tonzelli, introuvable depuis 2023, selon NBC. Eugene tente alors de récupérer quelque chose sous le siège avant d’être menotté.
Les agents découvrent une pipe à drogue, un couteau, et deux armes à feu, avant de trouver aussi un faux badge de la DEA à son nom d’emprunt, alors qu’il est interdit de détention d’armes après ses précédentes condamnations pour agression aggravée.
Eugene Horsch reste aujourd’hui en détention fédérale pour détention illégale d’armes, sans avoir été inculpé dans le dossier des femmes disparues. Il n’a pas plaidé coupable. Le FBI et la police continuent d’identifier 25 autres victimes présumées à partir des vidéos saisies.
Un vieil homme mort, un fils sous les verrous, sept femmes toujours introuvables : cette affaire de Philadelphie n’a probablement pas fini de révéler ses secrets. Combien d’autres visages dorment encore dans ce million de fichiers saisis ?