Ce prêtre droguait ses paroissiennes à l’ecstasy pour les filmer : le parquet réclame 72 ans de prison

Un homme d’Église, des victimes réduites au silence, un disque dur rempli de preuves accablantes. Pendant quatre ans, un prêtre du sud de l’Espagne aurait drogué, agressé sexuellement et filmé ses propres paroissiennes. Son procès s’est ouvert fin mai devant la Cour provinciale de Malaga — et ce que révèle l’acte d’accusation donne la nausée.
Un disque dur découvert par hasard en décembre 2022
Tout bascule pendant les vacances de Noël. Francisco C.V., dit le père Fran, est alors affecté à Melilla et revient sur le continent pour passer les fêtes en famille. Sa compagne — qui n’a appris que tardivement sa qualité de prêtre — tombe sur un disque dur externe dans le salon de la maison paroissiale. Par curiosité, elle branche l’appareil sur la télévision.
Ce qu’elle découvre la glace d’effroi. Sur l’écran apparaît une jeune femme qu’elle connaît, visiblement sous l’emprise de substances. Elle reconnaît les mains du prêtre, ses grains de beauté caractéristiques. Sans hésiter, elle copie l’intégralité du contenu et le remet à la police. Cette ancienne compagne a ensuite alerté les autorités ecclésiastiques, mais personne ne l’a écoutée. « Je me suis sentie abandonnée par l’Église », a-t-elle confié en larmes à la barre.
Ecstasy liquide, agressions filmées : 4 victimes identifiées entre 2014 et 2018
Selon l’acte d’accusation consulté par El Mundo, le père Fran administrait de l’ecstasy liquide à ses victimes pour les rendre inconscientes. Une paroissienne qu’il fréquentait depuis 2012 aurait subi des pénétrations digitales vaginales et anales. Une autre, agressée dans un logement appartenant à l’évêché de Malaga en 2017, aurait été filmée dans différentes poses après avoir été sédatée.
Le disque dur contenait aussi des vidéos de femmes filmées à leur insu à la plage ou dans des situations quotidiennes. Une troisième victime, liée au prêtre par un lien de confiance après le décès de son père, aurait elle aussi été photographiée et agressée. Au total, le parquet retient quatre crimes d’agression sexuelle avec pénétration, quatre crimes de blessures et quatre crimes continus de violation de secrets.
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72 ans de prison requis et un diocèse qui promet de payer
Devant la justice espagnole, le procureur a frappé fort : 72 ans de prison réclamés contre le père Fran. Il demande aussi que chacune des quatre victimes soit indemnisée à hauteur de 300 000 euros. Le prêtre, qui exerçait encore au moment de son arrestation, est en détention provisoire depuis septembre 2023.
Fait notable : le diocèse de Malaga a fait savoir la semaine du procès qu’il prendrait en charge financièrement la réparation du préjudice si une condamnation est prononcée. Un geste rare de la part d’une institution souvent accusée de protéger les siens plutôt que les victimes. Le procès, ouvert le 28 mai devant la Cour provinciale de Malaga, doit encore livrer son verdict.
Quatre femmes, quatre ans de silence, un disque dur qui a tout fait exploser. Cette affaire rappelle brutalement que l’habit ne protège personne — surtout pas ceux qui s’en servent comme d’un bouclier. Et vous, pensez-vous que l’Église en fait assez pour briser l’omerta ?