Elle accuse son mari de pédophilie sur TikTok, il la tue deux semaines plus tard

Le 11 juillet dernier, Sara Gilson filme une vidéo face caméra. Le ton se veut léger, presque parodique, dans un format popularisé sur TikTok.
Mais ce qu’elle annonce n’a rien d’une blague. « Je me prépare pour le moment où Netflix sortira un documentaire sur mon futur ex-mari, dont je viens de découvrir qu’il est pédophile », lance-t-elle. « J’aimerais tellement que ce soit une blague. »
Deux semaines plus tard, elle est retrouvée morte à son domicile. Son mari aussi.
Une adolescente de 15 ans porte plainte
Tout commence le 9 juin. Une jeune fille de 15 ans se présente à la police, accompagnée d’un de ses parents.
Elle accuse Jeremiah Duffey, son entraîneur de basket, d’avoir eu des gestes inappropriés à son égard. Les faits se seraient produits lors d’un événement organisé dans une école primaire.
Duffey est aussi créateur de contenus. Il est l’époux de Sara Gilson, une influenceuse suivie par plus de 30 000 abonnés. Le couple était séparé, en instance de divorce.
Un schéma qui remonte à plusieurs années

Ce signalement n’est pas un cas isolé. Les enquêteurs évoquent des agissements similaires, étalés sur une longue période et dans plusieurs États américains.
L’adolescente affirme que son entraîneur lui envoyait des messages et l’avait invitée dans sa chambre d’hôtel lors d’un tournoi. Il lui aurait aussi proposé de l’argent pour qu’elle garde le silence.
Dès qu’elle apprend ces accusations, Sara Gilson agit vite. Le 10 juin, elle obtient une ordonnance de protection d’urgence contre son mari.
L’ordonnance de protection qui n’a pas suffi
Duffey reçoit l’ordre de quitter le domicile et de rester à au moins 90 mètres de son épouse. Cette mesure est prolongée jusqu’au 24 août.
Sara Gilson précise alors qu’il est armé, qu’il a menacé de se suicider, et qu’il « avait pris la fuite ». Ce n’était pas la première fois qu’elle demandait une telle protection.
En 2021 déjà, elle avait sollicité deux mesures similaires. Elles avaient été classées sans suite après son absence aux audiences.
Une mère de deux enfants, une cagnotte pour les protéger
Mère de deux enfants, Sara Gilson devient rapidement le centre d’un élan de solidarité. Une cagnotte GoFundMe est lancée pour venir en aide à ses enfants.
Elle atteint plus de 30 000 dollars, soit environ 26 000 euros, sur un objectif fixé à 35 000 dollars. Une somme qui témoigne de l’ampleur de l’émotion suscitée par son histoire.
Mais la solidarité en ligne ne pouvait rien contre ce qui se préparait dans l’ombre. Deux semaines après sa vidéo TikTok, le pire est arrivé.
Le drame à Owasso, dans l’Oklahoma
Le 23 juillet, Sara Gilson et Jeremiah Duffey sont retrouvés morts, criblés de balles, à leur domicile d’Owasso. Un enfant qui vivait dans la maison a appelé les secours.
Les forces de l’ordre sont arrivées sur place en fin de soirée. Les enregistrements de cet appel sont glaçants.
Selon les autorités, l’homme a tiré sur sa femme avant de se donner la mort. Une ordonnance de protection, aussi ferme soit-elle sur le papier, n’a pas empêché le pire.

Une affaire qui rappelle d’autres drames similaires
Ce n’est malheureusement pas un cas isolé. D’autres influenceuses ont récemment payé de leur vie une dénonciation ou une rupture, comme cette créatrice de contenu assassinée devant chez elle par un homme déguisé en livreur.
Le phénomène des violences conjugales touche aussi des personnalités bien plus médiatisées, à l’image des accusations portées par l’ex-mari d’Adriana Karembeu contre son nouveau compagnon.
L’histoire de Sara Gilson interroge une nouvelle fois sur l’efficacité réelle des ordonnances de protection face à un conjoint déterminé et armé.